Ce 31 décembre 2020 sera donc très spécial, couvre-feu oblige. À partir de 20 heures, plus personne dehors. « Tolérance zéro » pour ceux qui ne respecteront pas le couvre-feu, lit-on ici et là. C’est, notamment, ce que vient de déclarer la patronne de la nationale des Alpes-Maritimes dans Nice-Matin.

La préfète de Nouvelle-Aquitaine, de son côté, déclarait, le 14 décembre dernier, sur le plateau d’une télévision locale, que « le couvre-feu sera[it] appliqué fermement », qu’« il y aura[it] des contrôles de police et de gendarmerie » et qu’« il [fallait] marquer les esprits dès le début ». « Marquer les esprits », un truc vieux comme l’État. Qui marche bien avec les honnêtes gens, un peu moins avec les voyous. Lorsqu’on pendait les bandits de grand chemin par paquets de dix au gibet de Montfaucon, c’était déjà pour marquer les esprits.

En cela, ces hauts fonctionnaires ne font que reprendre – et c’est normal – les déclarations gouvernementales. n’a-t-il pas affirmé qu’« il n’y aura[it] pas de consignes d’indulgence », durant cette période de couvre-feu ?

Et nous voici à la veille de la Saint-Sylvestre. Comme qui dirait au pied du mur. La fameuse nuit de la Saint-Sylvestre. Avec son lot de voitures cramées. En quelque sorte, une coutume installée depuis des décennies dans notre pays festif. À la veille de la Saint-Sylvestre 2018, , plus matamore que jamais, déclarait que « l’ordre républicain sera[it] assuré sans complaisance ». Cette absence totale de complaisance avait payé puisqu’on n’avait compté que 1.290 voitures brûlées, soit que 259 voitures de plus par rapport à 2017. Pour la Saint-Sylvestre 2019, 1.457 véhicules avaient flambé. Une augmentation en valeur absolue mais un ralentissement de la progression : +25 % entre 2017 et 2018, + 13 % entre 2018 et 2019. Donc, quand c’est moins pire, c’est mieux.

Et 2020 ? Comme nous sommes passés d’un ordre républicain sans complaisance à une ère de tolérance zéro, nous ne pouvons qu’espérer un effondrement historique du nombre de voitures incendiées. Personne dans la rue, donc pas de voitures vandalisées. Logique. Espérons. Car un responsable du syndicat policier Alliance en Nouvelle-Aquitaine déclarait récemment, à Sud-Ouest, que cette nuit de la Saint-Sylvestre est devenue une véritable « fête nationale » durant laquelle il est de coutume de « défier la police ». Il ajoutait : « On sait que dans certains quartiers, des gens vont sortir et commettre des exactions. » On ne parle pas, évidemment, du petit monsieur qui va sortir de chez lui sans son masque et en robe de chambre pour prendre l’air cinq minutes, en attendant les douze coups de minuit, et qui en sera pour ses 135 euros.

30 décembre 2020

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