[ÉDITO] Le RN, assurance-vie du gouvernement : le fil d’équilibriste de Marine Le Pen
En ce début de campagne présidentielle, désormais, chaque décision politique a un poids tout particulier pour les candidats, et en particulier pour Marine Le Pen. Loin devant les sondages, celle-ci doit assumer ce statut de favorite. Tenter de gagner du terrain, ou à tout le moins ne pas en perdre. À ce titre, l’exercice budgétaire qui s’annonce est un numéro de haut vol pour les formations politiques, en cette période de forte instabilité, alors que la Chambre des députés est sclérosée, divisée en trois blocs qui se neutralisent.
En annonçant au Touquet préférer le vote d’un budget « imparfait », qu’elle pourra plus aisément modifier une fois aux commandes, pour « gouverner au plus vite », Marine Le Pen se pose en arbitre. La France insoumise n’a « rien à négocier » avec le gouvernement, a expliqué, ce 15 septembre, en conférence de presse, la députée mélenchoniste Mathilde Panot. Les socialistes annoncent, eux aussi, vouloir rejeter la copie que présentera bientôt le Premier ministre. Le sort du prochain budget est donc entre les mains du RN.
Des lignes rouges
Si le parti de Marine Le Pen apparaît en faiseur de rois, la quadruple candidate prend le risque de désarçonner un électorat viscéralement opposé à ce qui, de près ou de loin, touche au macronisme. Sans majorité, Sébastien Lecornu doit délivrer le même numéro d’équilibriste que le précédent budget, adopté dans la douleur. Sa porte de salut, le Parti socialiste qui avait obtenu la très symbolique suspension de la réforme des retraites. Désormais, Marine Le Pen joue la carte de la responsabilité politique et prend de court ses adversaires. La députée du Pas-de-Calais a toutefois annoncé ses garde-fous : « Nous n'accepterons aucune hausse d'impôt et aucune injustice sociale contre la France du travail. » Pas de « blanc-seing », donc, d’autant que la candidate indique « ne rien s’interdire », y compris un vote « contre », rappelle-t-elle, le 16 septembre, sur LCI. « Le Premier ministre a indiqué qu’il fallait que le Parlement adopte un budget sans engager de choix ou de non-choix, qui limite la liberté des Français de choisir pleinement leur destin aux élections de 2027, a souligné, devant ses parlementaires, Marine Le Pen, je souscris pleinement à cet objectif démocratique et républicain. »
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Le RN est-il en mesure de faire flancher le gouvernement afin que le Premier ministre intègre à son budget des mesures qu’il réclame ? Sébastien Lecornu peut jouer la partition du budget minimaliste, « sans engager de choix ou de non-choix », comme le souhaite Marine Le Pen, et obtenir ainsi une abstention salvatrice du RN. Mais le parti à la flamme fera alors face à un défi de taille. Justifier auprès de son électorat de ne pas s’être opposé à un budget porté par un gouvernement macroniste.
« Je ne comprends pas bien cette stratégie »
À l’occasion du dernier exercice budgétaire, la formation de Jordan Bardella n’avait fait qu’une bouchée des députés LR qui, en votant le budget 2026, au nom de la « stabilité », devenaient définitivement « la béquille du macronisme ». Il faudra faire œuvre de pédagogie pour justifier d’endosser le même costume sans que le même numéro ne soit interprété. Lorsqu’elle évoque une « situation évidente que tous les Français comprendront quand elle leur sera exposée », Marine Le Pen anticipe le trouble qui pourrait agiter son électorat, particulièrement intransigeant vis-à-vis de la politique macroniste. « Je ne comprends pas bien cette stratégie », confiait, d’ailleurs, un député patriote à BV, frileux à l’idée de devoir justifier en circonscription de ne pas s’être opposé au budget d’un gouvernement d’Emmanuel Macron.
Et ce, d’autant que tous les ingrédients sont réunis pour que refasse surface un mouvement social de grande ampleur dont certains signes annonciateurs, dont les blocages des pêcheurs, ne laissent présager rien qui vaille. Dans le contexte de flambée du prix des carburants, les appels au retour des gilets jaunes, et notamment à une mobilisation le 17 octobre, se multiplient sur les réseaux sociaux. Dans un contexte international qui se tend,- Emmanuel Macron recevra les chefs de partis politiques ce 18 septembre -, Marine Le Pen est sur une ligne de crête : jouer la carte de la stabilité et favoriser l’adoption d’un budget « imparfait » lui permettant de gouverner plus vite une fois aux commandes, sans que cela soit interprété par son électorat comme une reculade.







































67 commentaires
Les » serfs », en non les « gueux », car ce terme est impropre, considèrent que la politique macronniènne est désastreuse pour le pays. Cependant , je ne crois pas à une reprise des manifestation des gilets jaunes ; pas les gauchistes non, les premiers manifestants de cœur, ces familles entières qui occupaient les ronds-points et qui se sont fait » matraquer ». Ils sont ne reviendront pas. En revanche, il y aura à coup sûr des manifestations catégorielles soutenues par MLP. La difficulté sera de ne pas effrayer l’électorat de centre-droit (Retailleau-Lisnard) et de ne pas froisser la susceptibilité de « Jupiter ». Il pourrait nous faire une nouvelle » crise » et dissoudre à nouveau l’Assemblée, histoire de mettre en difficulté la future présidente.
Racontez nous des manifestations categorielles soutenues par mlp?.. bardella et cootti sont allés hier faire allégeance a freluquet 1er..si c’est ça manifester.. on est pas sortis du bain !
Que de magouilles …