Roland-Garros : en marge du tournoi, un dîner privé pour les racisé.e.s

L'organisatrice, Naomi Osaka, doit sa renommée à son talent de tenniswoman... et à son soutien au Black Lives Matter.
Photo Sergio Arteaga / Pexels
Photo Sergio Arteaga / Pexels

À l’heure où l’on s’agite, ici et là, pour tenter de faire interdire les banquets du Canon français, à l’heure où Mathilde Panot nie qu’il y ait jamais eu une identité française autour d’une population à majorité blanche et chrétienne, le tournoi de Roland-Garros a été l'occasion d'un dîner privé réservé au joueurs et joueuses noirs. Donc, interdit aux Blancs.

Le racisme chimiquement pur

Le dîner était organisé par les joueuses Naomi Osaka et Taylor Townsend. L’Amérique championne du wokisme tous azimuts est à la manœuvre. « Ce rassemblement, qui a réuni plusieurs figures du circuit comme Coco Gauff et Gaël Monfils, avait pour critère exclusif d'invitation le fait d'être un joueur ou une joueuse de couleur », dit la page Facebook. Les réactions ayant été vives, Naomi Osaka a publié une longue mise au point. Il ne s’agissait pas là « d'une démarche d'exclusion, mais d'une célébration du chemin parcouru par les athlètes de couleur dans un sport où ils ont longtemps été sous-représentés », dit-elle. Les légendes des photos de la soirée sont explicites : « Je ne m’excuserai jamais de célébrer le fait d’être noir et d’apprécier qui nous sommes », « J’ai grandi en voyant mon père subir des discriminations, allant jusqu’à appeler la police à plusieurs reprises sur les courts de tennis », « Qu’est-ce qui vous dérange tant dans le fait que des personnes de couleur se réunissent ? », etc.

On ne sache pas que quiconque lui ait demandé des excuses, à Roland-Garros ou ailleurs. Quant aux pères-entraîneurs des athlètes de haut niveau, ou des mères, d’ailleurs (celle de M’Bappé, par exemple), il n’est pas rare qu’ils aient des démêlés avec l’entourage sportif.

Tout le monde ne s’intéresse pas au tennis, alors nous avons voulu en savoir plus sur les organisatrices de ce raout mondain. Née de mère japonaise et de père haïtien, Naomi Osaka vit aux États-Unis depuis sa petite enfance. Elle bénéficiait de la double nationalité japonaise et américaine jusqu’à ses 19 ans, date à laquelle elle a dû abandonner la seconde, comme l’y obligeait la loi japonaise. Une discrimination ? Depuis 2018, elle a remporté toutes ses finales du Grand Chelem. Sa renommée actuelle, elle la doit aussi à son soutien affiché au mouvement Black Lives Matter. Tête d’affiche, lors de l’US Open de 2020, elle arrivait sur les courts en portant des masques ornés des noms d'Américains noirs tués par la police. Américaine elle aussi, sa comparse Taylor Townsend est une grande joueuse de double, mais elle n’a jamais remporté un titre en simple. Une discrimination, peut-être ?

Ce qui nous dérange

Dans sa réponse aux critiques, Naomi Osaka demande ce qui nous dérange. C’est tout d’abord un récit fantasmé qui vise à répandre l’idée que les Noirs sont discriminés sur les courts de tennis. On lui fera alors remarquer que les Blancs sont, eux, extrêmement « discriminés » dans le football, le basket-ball et tout ce qui tourne autour de l’athlétisme et de la course à pied (marathon, vitesse, fond, etc.).

La mode étant aujourd’hui de pointer la couleur de chacun au nom de l’antiracisme, le site afroculture.net a recensé les grands joueurs de tennis noirs de l’Histoire, dont la célèbre Serena Williams, qui a remporté 39 titres en Grand Chelem et 4 médailles d’or aux Jeux olympiques, et sa sœur Venus, qui en totalise 23 et 5 médailles d’or olympiques. Elles ont tenu la tête du tennis mondial durant vingt ans. Et tant d'autres ! La suite est à venir et à écrire, sans doute avec notre nouveau petit prodige Moïse Kouamé.

Dans sa réponse aux critiques, Naomi Osaka écrit qu’il s’agissait de « célébrer les joueurs noirs dans un sport où ils restent encore largement sous-représentés ». À cela, on répondra que le tennis a longtemps été un marqueur social et pas racial. Comme le golf, encore aujourd’hui, c’était un sport réservé aux CSP+ et le père de Naomi Osaka n’était pas issu des bidonvilles de Port-au-Prince. Si l’on en croit la saga familiale, c’est au Japon qu’il aurait été confronté au « racisme », les parents de sa jeune femme n’acceptant pas leur union, d’où l'exil de la famille aux États-Unis quand Naomi avait trois ans. Devenue n° 1 de sa discipline et l’athlète la mieux payée au monde, celle-ci n’est sûrement pas la femme la plus discriminée.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

33 commentaires

  1. Imaginons 30 secondes que les 6 joueurs non racisés de l’équipe de France de foot organisent un tel dîner. Que ce passerait-il ?

  2. Certes cela devient un poncif mais imaginons une soirée réservée aux joueurs blancs…. Mais ceci est un fantasme : elle aurait été interdite.
    Il existe néanmoins une discrimination dans le tennis, en tous cas à Roland Garros. En effet hommes et femmes perçoivent des salaires identiques. Or les femmes jouent leurs matches en deux sets gagnants, les hommes en trois. Ils passent donc beaucoup plus de temps sur les courts que les femmes, pour des revenus identiques. Est-ce bien normal ? C’est pourtant une belle entorse à l’égalité hommes-femmes !

  3. Honte absolue, hier, lors du match de tennis opposant la pépite à un joueur paraguayen.
    Le « public parisien » s’est mis à applaudir les premiers services fautes du paraguayen… !
    Du jamais vu !… sauf à Paris.
    Comportement plus anti-sportif, on ne peut pas.
    Eh bien, on l’a eu avec le « public parisien ».
    Le jouer paraguayen a été très classe, n’a rien dit.
    En plus, cerise sur le gâteau, on a eu droit à ce que l’arbitre descende de sa chaise et vienne apporter sa serviette à la pépite qui était tombé et qui restait assis sur le sol.

    La pépite doit rencontrer à présent Tabilo,
    Qu’est-ce que Tabilo doit penser ? S’agissant de ses premiers services fautes ? …

    Et si la pépite rencontre ensuite un joueur français, qui le « public parisien » va-t-il soutenir ?

  4. Du racisme et de la discrimination, mais qui ne dérange pas nos bonnes âmes de gauche, comment f ait monfils dans ce diner, sa femme, non racisée reste à la porte?

  5.  » Naomi Osaka demande ce qui nous dérange  »
    ben moi, oui, que Gael Monfils se range aux côtés de ces gens là me dérange, il me déçoit…
    Comme Thuram avant lui, c’est déroutant…

  6. Quel est le but de ces gens, noirs ou blancs, qui cherchent une sorte d’affrontement au lieu de proner l’entente.
    Bien sur il y a des problèmes mais peut-être est on assez grands de part et d’autre pour les applanir sans haine.
    J’ai été en paroisse dans un quartier populaire de Paris avec des gens de toutes origines, je prends aussi le bus RATP rare et bondé, je vais à l’hôpital. Même chose des gens de toutes origines, même de toutes religions et ça n’empêche pas souvent de parler, de rire ensemble.
    Alors je ne défends pas la submersion migratoire au contraire, mais je réprouve ces gens qui pratiquent un appartheid dont ils se disent eux même victimes.

  7. Si cette réunion s’est tenue en Frace,elle edt simplement illégale.. donc poursuites du parquet de Paris..Allo ? Le parquet ??

    • Sans suite…La justice a peur de déplaire à ses médiacourstisans boboparigos.
      J’espère seulement que les urnes ne seront pas truquées en 2027, si la France n’est pas devenue une dictature wokiste et indigente, avec une Assemblée Nationale inoccupée qui vote des abrogations du passé contre l’esclavage(code noir) devenues sans importance 400 ans après.
      L’AN c’est Netflix!

    • le « parquet de Paris » ? … Ils sont « occupés » avec le scandale XXXXL qui se dévoile de plus en plus au sujet des « encadrants » ET en même temps des « dirigeants » du périscolaire de Paris ! …
      Depuis 2015 que « ça » dure ! … Imaginer le nombre de victimes non évitées donne froid dans le dos ! …

    • Non, elle n’est pas illégale, ces deux femmes ont invité qui elles voulaient. S vous organisez une soirée avec vos collègues de travail, on ne peut pas vous reprocher de ne pas avoir invité votre voisin de palier.

      • Si vous invitez chez vous en envoyant des cartons ou en téléphonant pas de soucis,si vous lancez cette invitation sir
        facebook visible par tous avec un critère racial de sélection assume et pour un repas dans un lieu public restaurant ou salle louée,c’est bien illiegal..

  8. La caste sera dans les tribunes de Rolland Garros, le mougeon sera devant sa télé…Et ainsi en toute beauté la France célèbre jour après jour son acquiescement au totalitarisme, au nom du Bien. Le français ne résiste pas. Boycotter Roland Garros est un sacrifice que l’occidental du 21ème siècle ne pourrait soutenir comme au temps récent de la privation de restau… On se gausse quand je parle d’un futur à la Hunger Games sans les jeux (encore que) et pourtant tout nous montre qu’on y va gaiement et même qu’on y est déjà. Le crédit social à la chinoise n’a même pas besoin d’être imposé ; les mougeons y courent comme ils ont couru en 2021…Ils trouvent ça juste, égalitaire, social, inclusif, bienpensant.. La liberté est devenue suspecte alors bientôt il n’y en aura plus. Lujipeka (Pas à ma place) « Te crois pas libre parce qu’il y a assez de place pour courir dans ta cage ».

  9. C’est vrai cette discrimination systématique est insupportable !
    Pourquoi ne pas décider (décréter) que la moitié des titres, tous sports confondus, devront être attribués à des « racisés » ?

  10. Si c’est un dîner privé, cela ne me dérange pas. Après tout, un organisateur privé est libre d’inviter qui il veut. A condition qu’un organisateur blanc le puisse, lui aussi.

Commentaires fermés.

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