Retranscription des enfants nés de GPA à l’étranger : on ne peut rien contre le business

On jurerait un nom de code, un rébus. C’est pourtant très concret. Et très simple. Il est interdit de « commander » un enfant à une femme comme on commande un verre dans un troquet.

Jusqu’à hier encore, on ne marchandait pas les corps et l’idée de porter la vie était une chose sacrée. On avait longtemps refusé la « gestation pour autrui » (GPA) ou la « mise en gestation d’enfants » ; formule aussi laide et crue que le procédé. Interdite au nom du droit, des valeurs, des principes : tout un charabia qui ne vaut plus rien. Qu’on se le dise. Salmigondis de sentiments désuets. Soupe baragouinante. Entre un Premier ministre qui les évoque en permanence, ces valeurs, pour nous menacer, et des Cours suprêmes qui n’ont de suprême que le macaron qui clignote sur la première page de leurs sites Internet, croyez-moi, les valeurs n’ont plus qu’une vigueur formolée et approximative.

La Cour de cassation a donc autorisé les parents, qui avaient eu la bonne idée de se commander un petit bambin « via » une femme étrangère sélectionnée pour sa pauvreté, à exiger des administrations qu’elles retranscrivent cet enfant sur les registres.

Il y avait mille raisons de s’y opposer mais rien n’arrête le business. La GPA est un nouveau marché. Promesses infinies de chiffres d’affaires.

Et puis, ce qu’il faut reconnaître, c’est que la Cour de cassation n’y est pas pour grand-chose. Les hermines mises à part, nos hauts magistrats n’ont plus vraiment de pouvoir. Ils ne décident de rien. Bien sûr, ils conservent leurs conditions de travail, leurs palais. Ils commencent toujours à la même heure, le matin ; même nombre de congés et même pension. Mais pour le reste, ils sont invités à suspendre leurs vestes sur le bon portemanteau, si je puis dire.

Entendons-nous bien. La Cour de cassation n’est plus une cour suprême. Les véritables cours suprêmes sont à Luxembourg et à Strasbourg : la « Cour de justice de l’Union européenne » et la « Cour européenne des droits de l’homme ». Véritables maîtres du business européen. Les tâches sont bien réparties : la première s’occupe du commerce des choses, des marchandises, des capitaux, des services ; la seconde garantit le commerce des personnes.

Que vouliez-vous qu’elle fasse, notre bonne Cour de cassation ? Si elle mouftait, elle se faisait retoquer illico par la CEDH. Ni une, ni deux. Alors, nos magistrats ont commencé par écrire des bêtises, telles que la GPA est un « progrès » scientifique. Le « progrès », évidemment. Toujours le « progrès ». Quand on le voit venir, ce « progrès », il faut se mettre aux abris ! Et vite ! Garde à vous ! Rompez !

La GPA devrait bientôt être inaugurée en grandes pompes. Je n’attends pas moins que mademoiselle Taubira et un discours sur l’amour du prochain, tout mirobolant d’adverbes, un épais ruban rouge, et un bisou de notre président de la République sur le front de ce premier Brandon de la République, fils indien de Brad et de Kevin (facture à l’appui), fraîchement mariés par l’exquise mairesse de Paris.