Nous savions sauveur de l’Amérique, du monde et des environs. Nous le connaissions vainqueur émérite de la bête immonde, héros en charentaises ronronnant de bonnes valeurs, mais voilà que divers médias viennent parfaire ce portrait idyllique : Joe Biden va permettre le retour de la gent canine au sein de la Maison-Blanche. Non content d’être repoussant, avait rompu la tradition du chien-chien à son pépère lové dans un coin du bureau ovale. Plutôt que voir dans ce détail la preuve d’un président intègre qui ne sacrifie pas sa personnalité au racolage électoral, ses opposants ne manquèrent pas d’exploiter le filon d’un homme d’État dépourvu d’humanité. Et en plus, il n’aimait pas les bêtes !

Dans une vidéo postée début octobre, le candidat démocrate montrait une collection de chiens portant un foulard « Dogs for Biden ». Même les toutous allaient voter pour lui !  Les morts, les absents, les chats, les perroquets, tous allaient glisser le bon bulletin dans l’urne. Seul le rat de marée hésitait encore. Fin octobre, sur Twitter le candidat lançait ce message : « Certains Américains célèbrent la Journée nationale du chat, d’autres la Journée nationale du chien, le président Trump ne fête ni l’une ni l’autre. Cela en dit long. Il est temps de remettre un animal domestique à la Maison-Blanche. »

Les Américains attendaient un chien à la Maison-Blanche, en voilà deux pour le même prix. Deux magnifiques bergers allemands que le presque futur président présentera au labrador d’. Une rencontre internationale. Des aboiements traduits en simultané par BFM. Des jappements sous-titrés. Une COP21 devenue « Copulation 21 » avec petits chiots à la clé. Madame Michu subjuguée.

Avec un score de 2,2 % aux européennes, le Parti animaliste montrait la voie. Joe Biden la confirme. Sans un nuage de niaiserie, point de victoire possible. Le Président français retiendra la leçon. La présence de nombreux caniches dans un gouvernement ne suffit plus. Le peuple exige du sonnant et trébuchant. Du vrai animal qui bouge le tête et remue la queue.

Pour rattraper son retard, en 2022, Emmanuel Macron devra innover, montrer qu’il est le moderniste qui sait aller plus loin en se présentant sur les affiches avec un panda sur les genoux. « Trop mignon ! » s’exclameront les Français qui, des deux mains, voteront pour le maître de cette peluche vivante. L’inflation d’images amène l’électeur à confondre enjeux politique et divertissement people. Et ainsi le citoyen de s’attacher… aux à-côtés.

9 novembre 2020

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