Marc-Étienne Lansade, maire de Cogolin (Var) et conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, vient d’annoncer qu’il quittait le Front national dans lequel il ne se retrouve pas. Il s’explique au micro de Boulevard Voltaire.

Je reprends ma liberté, car la stratégie et le programme soutenus actuellement par le Front national ne me correspondent plus.
Ce n’est en aucun cas un divorce haineux ou quoi que ce soit de la sorte.
Je reprends simplement ma liberté, car je ne me retrouve pas dans le Front national actuel. Ses orientations économiques et sociales, pour ne pas dire plus, ne sont plus compatibles avec mes attentes.
Je ne renie pas du tout les valeurs patriotiques, identitaires et sécuritaires défendues par le Front national. Simplement, tout le reste me semble incompatible avec des alliances possibles au sein des droites et, donc, avec l’accession au pouvoir. Or, pour défendre ces valeurs, ce doit être la priorité d’un parti politique.
C’est la raison pour laquelle je reprends ma liberté.
Je le fais sans haine ni violence.

Vous vous déclariez très proche de Marion Maréchal-Le Pen, en tout cas de la ligne qu’elle incarnait au Front national. Est-ce que son départ de la vie politique a contribué à votre éloignement ?

Oui, très probablement.

Qu’est-ce que vous retrouviez chez Marion, que vous ne retrouvez pas dans la ligne actuelle ?

Je retrouvais une ligne historique du Front national sans ses outrances et sans ses excès.
Elle était représentée pas une personne dans laquelle je retrouvais la plupart, si ce n’est l’intégralité des convictions que je porte, avec un talent qui n’est malheureusement pas le mien.
Son départ m’a effectivement permis de comprendre mon incapacité en interne à faire changer le mouvement.
Je laisse donc ceux qui espèrent le faire évoluer mener à bien, ou pas, leur mission.

Est-ce qu’être maire en portant l’étiquette Front national est une source de problèmes dont vous avez voulu vous défaire ?

C’est un chemin de croix.
Il faut subir un harcèlement médiatique, administratif et judiciaire.
Cela peut se justifier quand vous êtes en adéquation avec l’étiquette que vous portez. Dans ce cas, vous pouvez sacrifier beaucoup de choses sur l’autel de la patrie.
Le jour où vous ne subissez que les aspects négatifs de l’étiquette que vous portez et que vous vous sentez quelque peu isolé, esseulé et pas forcément à votre place, vous en tirez les conséquences et vous reprenez votre liberté.

En d’autres termes, pour vous, le jeu n’en valait plus la chandelle ?

C’est exactement cela !

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