Editoriaux - Histoire - Santé - Société - Sport - 18 janvier 2018

Pour répondre à la violence, redevenir une puissance mondiale

Si, ces derniers temps, notre attention est captée par les violences subies par plusieurs surveillants pénitentiaires, et le blocage des prisons qui s’ensuit, il ne faut pas oublier que le phénomène est global et que la violence sévit aujourd’hui à tous les niveaux de notre société.

Année après année, les forces de l’ordre sont victimes d’agressions de plus en plus graves et fréquentes. Les chiffres concernant la police et la gendarmerie sont connus. Ils font l’objet, notamment de la part de l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales), de publications régulières. À titre d’exemple, en 2016, 3.019 gendarmes ont été agressés, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente. Quant aux policiers, ils ont eu à subir, lors de leurs interventions, un peu plus de 5.000 actes de violence. D’autres catégories d’agents, en revanche, sont ignorées des statistiques. Il en est ainsi des policiers municipaux qui, victimes de guets-apens, de caillassages, d’insultes et de menaces dans l’exercice quotidien de leurs missions, déclarent être parvenus à un ras-le-bol généralisé qui touche l’ensemble de la profession. Mieux connus, mais tout aussi édifiants, les chiffres qui rapportent les agressions dont sont victimes les sapeurs-pompiers au cours de leurs interventions. Entre 2014 et 2015 (rapport ONDRP 2016), le nombre d’agressions des soldats du feu est passé de 1.603 à 1.939, soit une augmentation de 21 %. Et la tendance ne se dément pas. Les douaniers, pour leur part, ont vu le nombre des violences les concernant augmenter de près de 20 % entre 2011 et 2015.

À tous ces chiffres, il serait édifiant d’ajouter ceux concernant les médecins et les infirmières, agressés et blessés lors de leurs consultations ou visites médicales. Ceux visant les agents des transports en commun ou les agents des ministères du Travail et de la Santé lors de leurs opérations de contrôle. Enfin, les militaires de l’opération Sentinelle qui ont également payé un lourd tribut à la sécurité des Français au cours de ces dernières années.

Mais ces chiffres, pour aussi inquiétants qu’ils soient, ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Car, au cours de cette dernière décennie, c’est le monde entier qui a été plongé dans un désordre où s’imposent peu à peu la violence, le fanatisme et les dérèglements de toute nature, faisant courir des risques sans cesse grandissants aux populations de la planète. La France est, bien entendu, exposée. Elle a déjà pu mesurer, avec les attaques terroristes dont elle a fait l’objet, combien notre sécurité, tant intérieure qu’extérieure, est menacée. C’est, d’ailleurs, ce que le général de Villiers expliquait, il y a peu de temps, dans les colonnes de l’hebdomadaire Valeurs actuelles.

Mais, au-delà du constat, la question qui se pose désormais est celle de la réponse qu’il faut apporter avant qu’il ne soit trop tard. Et gageons que, dans ce domaine, les rodomontades d’Emmanuel Macron face à des forces de l’ordre toujours plus exposées à Calais ne suffiront pas à résoudre cette difficile question.

La réponse se trouve, en effet, plus certainement dans un réarmement matériel de l’ensemble de nos forces de sécurité, qu’elles soient civiles ou militaires. Leur niveau d’indigence en étant arrivé à un tel point qu’elles ne sont plus opérationnelles et risquent leur vie à chaque instant. Dans un réarmement moral, ensuite, en cessant de se repentir perpétuellement et en assumant ce que l’Histoire à fait de notre pays : une éminente nation chrétienne et démocratique. En se réarmant économiquement, enfin, pour redevenir au plus vite, par le travail, une grande puissance mondiale. Tout le reste n’est que balivernes.

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