En Argentine, la Coupe du monde ne change pas la donne pour Milei

« Milei ne voulait pas en faire quelque chose de partisan, sachant très bien que cela ne changerait rien ».
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Battue 1-0 par l'Espagne en finale de la Coupe du monde, l'Argentine quitte les États-Unis sans conserver son titre mondial. Une immense déception pour un pays où le football relève presque de la religion. Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer vu d'Europe, cette épopée sportive n'a pas bouleversé le paysage politique argentin.

« S'il y a une unité en Argentine, c'est autour du football », résume Michel de Saizieu, ancien conseiller du commerce extérieur de la France à Buenos Aires, interrogé par Boulevard Voltaire. Selon lui, des élites jusqu'aux quartiers les plus populaires, toute la société partage cette même passion. Mais cette communion reste cantonnée au terrain sportif. « La cote de Milei ne dépend pas, heureusement, d'un match de football », insiste-t-il.

La presse argentine confirme cette lecture. Les journaux saluent le parcours de l'Albiceleste et reconnaissent sans polémique la supériorité de l'Espagne. Les analyses portent sur Lionel Scaloni, Lionel Messi ou les choix tactiques, beaucoup plus que sur les conséquences politiques de cette finale perdue.

Milei soigne sa communication sans récupérer l'équipe

Javier Milei, lui, a soigneusement évité de donner l'impression d'instrumentaliser la sélection. Fidèle à sa célèbre cábala, il a regardé la finale depuis la résidence présidentielle d'Olivos et a répété qu'il ne voulait pas « voler la gloire » des joueurs.

Une attitude qui n'est pas le fruit du hasard. Michel de Saizieu rappelle qu'après le sacre mondial de 2022, Lionel Messi avait refusé de se rendre à la Casa Rosada pour rencontrer le président péroniste Alberto Fernández. « Milei voulait justement ne pas en faire quelque chose de partisan, en sachant très bien que cela ne changeait rien de toute façon », analyse-t-il.

Cette retenue n'a pourtant pas empêché le quotidien de gauche Página/12 d'accuser le président d'avoir cherché à associer son gouvernement à l'épopée de l'Albiceleste. Une critique qui reste relativement isolée dans le paysage médiatique argentin.

Un « feu de paille » plus qu'un tournant politique

Le seul scénario susceptible d'avoir un effet politique aurait été une victoire en finale. Encore aurait-il été limité. « Si l'Argentine avait gagné, cela aurait certainement favorisé Milei. Enfin... cela aurait été un feu de paille. Ça ne va pas changer l'histoire de l'Argentine », estime Michel de Saizieu. Autrement dit, une euphorie passagère, mais certainement pas un bouleversement durable de l'opinion publique.

Car les préoccupations des Argentins sont ailleurs : l'inflation, le pouvoir d'achat, les investissements dans le gigantesque gisement de gaz de schiste de Vaca Muerta ou encore la prochaine élection présidentielle. « Ce qui se joue aujourd'hui, c'est la réélection de Milei. C'est le fait politique majeur en Argentine », affirme l'ancien conseiller du commerce extérieur.

Le regard européen parfois trompeur

Cette analyse tranche avec certaines lectures européennes qui cherchent spontanément un effet politique à chaque grand événement sportif. En Argentine, le football reste un formidable ciment national, mais il ne remplace ni les débats économiques ni les choix électoraux.

La défaite face à l'Espagne laissera un souvenir douloureux aux supporters sans modifier l'équilibre politique du pays. « Les Argentins seraient simplement plus heureux aujourd'hui », résume Michel de Saizieu. Le reste appartient aux réformes de Javier Milei soumis au verdict des urnes beaucoup plus qu'au tableau d'affichage de la finale de la Coupe du monde.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

12 commentaires

  1. Moi je retient « gisement de gaz de schiste »….des beaux paysages vont salement morfler, c’est la patte de Trump, surement une compagnie US. Toutes les Amériques du Nord au Sud appartiennent a Trump, même la Colombie vient d’y passer et elle aussi aura ses gisement de gaz de schiste US.

  2. Si la France avait été en finale nous aurions vu Macron partout, déjà dans les tribunes avec Trump puis Macron sur la pelouse à tâter les joueurs après ou avant la remise de la coupe en train de suivre le président Américain, puis encore Macron recevant l’équipe à l’Elysée pour payer l’apéro à tout ses copains, bref nous devrions remercier l’équipe de France d’avoir perdu ce qui nous a permis d’échapper à la présence de notre narcisse, ouf !!!

  3. Voilà au moins un article qui intéressera nos politiciens « libéraux- socialistes », déguisés en Milei de bacs à sable pour la prochaine présidentielle.

  4. Les footeux Argentins ont clamé leur hymne avec ferveur, cela faisait plaisir à voir…. alors que
    les footeux Français … chantonnaient du bout des lèvres, sans ferveur aucune ! Honte à eux !

  5. Ouf, on est bien content de savoir que le football n’influence pas les élections et que les Argentins cherchent toujours de l’argent.

  6. Certaines lectures européennes cherchent spontanément un effet politique à chaque grand événement sportif. D’ailleurs, certains à gauche et au centre se demandent si la défaite de l’équipe de France ne serait pas due à l’extrême droite (RN) et même mieux aux deux ou trois seuls blancs de l’équipe, comme ce pauvre Lucas Digne. Nous vivons une époque loufoque.

    • Lors de cette édition de la Coupe du Monde 2026, deux frères ont joué dans deux équipes qui se sont affrontées ! …
      En septembre quel sera le comportement d’un père « sélectionneur » de l’équipe de France avec son fils qui joue « en face » ? ! …

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