Alors que les Français s’inquiètent de l’état sanitaire et économique du pays et, pour les plus chanceux d’entre eux, prennent quelques jours de vacances pour se changer les idées, les députés de la majorité ne trouvent rien de plus urgent à faire que d’ouvrir en grand la porte de Gattaca. En effet, l’Assemblée nationale a été sollicitée en session extraordinaire pour examiner, en seconde lecture, le projet de loi Bioéthique le 27 juillet prochain.

, les travaux de la commission spéciale augurent d’un texte proprement monstrueux. Non seulement elle est revenue sur les quelques corrections de bon sens votées par le Sénat mais, en plus, elle a inscrit dans le texte qui sera présenté en séance plénière des mesures auxquelles le gouvernement lui-même s’est opposé précédemment. Et pour cause : fabrication d’embryons chimères mélangeant des cellules humaines à des cellules animales, suppression de la condition thérapeutique pour l’accès à la , dispositif ROPA (réception de l’ovocyte du partenaire) permettant à deux femmes de se revendiquer mère d’un enfant en faisant disparaître toute trace d’un père biologique… Tout laisse à penser que si ce texte est voté en l’état, le « monde d’après » n’aura rien du monde plus humble et plus respectueux tant évoqué et espéré durant le confinement.

Au contraire, tout porte à croire que la France va céder, comme jamais elle ne l’avait fait auparavant, à la folie transhumaniste. Si ce texte est effectivement voté, quelle limite nous interdirons-nous de franchir à l’avenir ? Quelle valeur accorderons-nous encore à l’Homme ? Dans cette course folle à la marchandisation de la vie, que restera-t-il du respect de nos personnes auquel chacun d’entre nous a droit ?

Quelle priorité y avait-il à faire voter ce projet de loi en urgence alors que la crise économique frappe d’ores et déjà et que la précarité grandit ? Tandis qu’au même moment, quarante députés – majoritairement élus sous l’étiquette LREM – déposent une proposition de loi visant à prolonger le délai légal de recours à l’ et à supprimer la clause de conscience spécifique à l’avortement, comment ne pas y voir une forme d’acharnement idéologique ?

Depuis des années nous suivons avec inquiétude les évolutions des lois touchant à la bioéthique, mais il nous semble qu’avec ce texte, un cap dont on peine à mesurer pleinement la portée risque d’être franchi, un cap dont les effets de courant pourraient nous porter bien loin des prétentions françaises à être la patrie des droits de l’homme.

Le projet de ceux qui courent après le progrès sans regarder où il les mène est une fable destructrice. Ils méprisent la question sociale et surfent sur les revendications sociétales d’une petite portion de la population française. Plus longtemps le gouvernement de la France sera entre leurs mains, plus difficile en sera le redressement. C’est pourquoi, dès les prochaines élections présidentielles, il nous faut faire le choix d’un projet politique conservateur et social, le seul à la hauteur des enjeux qui attendent les Français. C’est ce projet que je me propose de porter.

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