France 2 présentait, mercredi 18 décembre, une histoire en 3D, très didactique, de Notre-Dame : , l’épreuve des siècles. Tout a été dit – ou presque – sur notre « vaisseau amiral de Paris », cependant je ne peux résister à la tentation de faire entendre la voix de l’éditeur des œuvres complètes de Victor Hugo – le premier à éditer, en 1832, le roman de Notre-Dame de Paris dans son intégralité, la première édition ayant omis trois grands chapitres. Vous me pardonnerez quelques réflexions personnelles aisément reconnaissables…

À travers ce roman, l’un des buts de ce génie de notre littérature était de susciter parmi les lecteurs l’amour de la belle architecture du Moyen Âge, si mal connue à son époque. Quelques dizaines d’années plus tard, Eugène Viollet-le-Duc publiait le tome 1 du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle qui nous a tant aidés à découvrir cette merveilleuse architecture sublimée par notre cathédrale parisienne.

Ainsi, pour rebâtir Notre-Dame, il nous faut revenir à l’art des époques de sa construction, art né de l’intelligence, du savoir-faire et de la foi des bâtisseurs. Tout cela était impressionnant de beauté et de vérité toujours, plein d’histoire et d’héroïsme souvent. Nous sommes bien loin de cet « art contemporain » dont on nous rebat les oreilles et qui nous fait peur. Allons nous retrouver en lieu et place de la flèche une pyramide, à l’image de la cour du Louvre ? Ce qui ferait croire au monde que notre cathédrale est devenue « temple de la raison » ! Cet art – dit moderne -, nous le subissons depuis plus de deux siècles, depuis que notre époque est devenue sans idéal, sans discipline, prête à toutes les compromissions et abandons, dominée par la peur de l’effort physique et intellectuel, le gout du gain dans son refus de l’acte désintéressé, du relativisme en toute chose cachant la vérité absolue. C’est aussi la consécration des ignorances, des enfantillages, des supercheries et des audaces dans tous les domaines, dépassant parfois l’imagination. Notre époque s’est installée, ainsi, peu à peu, dans ce gâchis artistique qui nourrit les aspirations vers le laid, vers la pauvreté ou même le néant de l’esprit.

Alors, en 2020 qui se profile, profitons de ce chantier symbolique à bien des égards pour retrouver l’architecture véritable comme fondement de l’art.

Alors, je voudrais dire à mon ancien camarade du Prytanée militaire de La Flèche et ancien de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, désigné comme « nouveau grand architecte de la cathédrale de Paris », de résumer son vaste chantier en cinq mots : spiritualité, travail, tradition, conscience, patriotisme.

Ces cinq mots devraient nous aider à concevoir ce chantier, à lui donner une idée forte, un but à atteindre, à l’exemple de nos si nombreux édifices médiévaux, tout en sachant utiliser nos techniques de pointe en vue de faire aussi bien, plus vite et à moindre coût si possible ; ces moyens modernes étant au service de la conception du chantier.

Mais, au fait, qu’en est-il de l’origine de l’incendie et de la rapidité de la combustion d’une charpente aussi grande ? Cet automne, j’ai fait brûler dans une grande cheminée des morceaux de poutres de chêne plusieurs fois centenaires. Leur combustion a été longue et sans grandes flammes. Seul l’ajout d’un combustible chimique a accéléré le feu.

Je laisse à chacun le soin de conclure cette expérience…

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