[REACTION] Jeunes « plantés » aux Sables-d’Olonne : réaction du maire, Y. Moreau

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Après l'agression au couteau de deux jeunes Sablais de 20 ans, Antonin et Lucas, au petit matin de ce samedi 29 juin, le maire des Sables-d'Olonne, Yannick Moreau, réagit auprès de BV.

 

Sabine de Villeroché. Antonin et Lucas ont été plantés au couteau et sérieusement blessés, l'un d'eux serait dans un état grave. Avez-vous des nouvelles de leur état de santé ?

Yannick Moreau. Les dernières nouvelles que j'ai datent d'hier. L'un d'entre eux était tiré d'affaire, mais le deuxième était toujours placé sous coma artificiel, encore dans un état critique. La situation a pu évoluer, je n'ai pas de nouvelles récentes ce matin.

 

S. d. V. Avez-vous des détails sur ce qui s'est passé : « Qui a fait le coup » ? Le JDD évoquait, de source policière, « un groupe de cinq jeunes de type maghrébin et africain ». Confirmez-vous cette information ?

Y. M. Je suis, en tant que maire, responsable du système de vidéoprotection de la ville et donc, à ce titre, tenu au secret professionnel sur les images qui ont été prises par notre système de vidéoprotection et qui ont été transmises à la Justice pour que l'enquête puisse se passer dans les meilleures conditions et, donc, je ne peux pas confirmer ou infirmer des informations qui seraient de source policière. Ce qui est sûr, c'est que les protagonistes ont bien été repérés par les caméras qui jalonnent l'espace public du centre-ville des Sables-d'Olonne et, donc, il y a des matériaux vidéo importants qui sont à la disposition des enquêteurs.

 

S. d. V. On pourrait croire que Les Sables-d'Olonne est une petite cité balnéaire calme, au cœur de la Vendée. Vous confirmez ?

Y. M. C'est le cas, mais Les Sables-d'Olonne n'est malheureusement pas une île isolée au milieu d'une société tendue et violente et, parfois, il arrive qu'il y ait des excès de fièvre qui conduisent à la commission d'infractions, de délits ou des crimes, mais c'est plutôt, en général, des événements qui viennent de personnes extérieures à la ville. Les Sables-d'Olonne est une ville sûre qui a d'ailleurs engagé beaucoup de moyens, ces dernières années, pour avoir un haut niveau de sécurité et pour garantir la tranquillité et la sécurité, non pas seulement des habitants, mais des touristes, puisque la population est multipliée par 5 ou 6 pendant la période estivale et passe de 50.000 à 250.000 ou 300.000 habitants. Mais simplement, malgré le triplement de la police municipale, malgré la démultiplication des caméras de vidéoprotection, malgré l'installation de bornes d'appel d'urgence de la police municipale, le risque zéro n'existe pas et lorsqu'il y a des fous, des tarés ou des barbares qui décident de vouloir tuer, on ne peut pas parer à toutes les éventualités.

 

S. d. V. Faut-il en conclure que, désormais, l'insécurité est partout sur le territoire français ? Qu'elle menace surtout nos jeunes qui veulent s'amuser, sortir en boîte de nuit, avoir une vie normale ?

Y. M. Malheureusement, mais ce n'est pas propre aux Sables-d'Olonne, notre société est assez largement déstructurée. Nous avons, globalement, un besoin d'autorité et de sécurité et d'un réarmement pénal qui fasse que les peines soient plus sévères, plus dissuasives, et que les criminels soient placés en prison et non pas excusés d'avoir commis des délits et des crimes. Il y a besoin d'un tour de vis pénal, dans notre pays, c'est l'élu local que je suis qui vous le dit. Un constat que, malheureusement, mes compatriotes partagent : on a besoin de réaffirmer l'autorité de la loi, l'autorité de l'État sur tous les territoires de la République, que ce soit les territoires qui sont pour l'instant perdus et laissés à des communautés ou à des minorités, que ce soit les territoires ou la loi règne déjà mais qui n'échappent pas aux excès, aux abcès de violence qui peuvent survenir.

Notre pays est malade de l'angélisme et du laxisme. Nous avons besoin de rétablir l'autorité, l'ordre et la sécurité, et c'est une constante, malheureusement, des dernières décennies. La situation a tendance à se dégrader partout en France et Les Sables-d'Olonne, paradoxalement, étaient un peu le contre-exemple, car là où la situation se dégradait ailleurs, jusqu'à cet cet événement grave et barbare de samedi matin, c'était plutôt une ville tranquille où la sécurité progressait, un endroit où on vit beaucoup plus sereinement que dans beaucoup de territoires français. Mais malheureusement, la ville n'échappe pas à tout, manifestement, puisque même chez nous, deux jeunes de 20 ans se sont fait planter par des gens qui n'ont aucune considération pour la vie, pour la loi, pour autrui. Ce sont purement et simplement des barbares qui viennent en ville, non pas pour s'amuser et danser mais pour tuer.

 

S. d. V. Avec l'arrivée de l'été et l'afflux de touristes, prévoyez-vous un renforcement des mesures de sécurité ? Quelle marge de manœuvre pour un maire ?

Y. M. C'est un été particulier. Généralement, tous les ans, la ville bénéficie de renforts d'une demi-compagnie de CRS et de 60 ou 70 policiers qui viennent, tous les étés, pour nous aider à tenir le terrain et garantir la sécurité. Mais parce que c'est une année olympique, nous avons été prévenus que nous n'aurions pas, cette fois-ci, de renforts de CRS et qu'il fallait ne compter que sur nos propres moyens et sur notre propre partenariat local entre la police nationale et le commissariat local et la police municipale.

Nous avons multiplié la police municipale par trois, en cinq ans : 60 agents de police municipale sont au service de sécurité des Sablais et des touristes, cet été, ainsi que les caméras de vidéoprotection, passées de 20 à 250, toujours cet été, avec un centre de supervision urbain qui permet non seulement d'identifier des situations à risque, mais aussi de dépêcher sur place, là où on sent une tension ou un risque, un équipage de police municipale directement pour prévenir des situations délicates. On a rajouté - c'est une expérimentation que nous venons de lancer et qui a débuté le 1er juillet - la mise en place de bornes d'appel d'urgence de la police municipale. Huit bornes sont ainsi positionnées sur les sites les plus fréquentés des Sables, et notamment la nuit, de manière à ce qu'une personne qui constate ou appréhende une situation d'insécurité puisse, en actionnant un bouton, être directement mise en connexion avec un policier au bout du fil, braquer les caméras de vidéoprotection sur le site et, donc, avoir un effet dissuasif pour d'éventuelles personnes malveillantes. Du 1er juillet au 31 août, le poste de police municipale fonctionne 24 heures sur 24 avec une brigade cynophile, la nuit, qui peut intervenir à tout point du territoire de la commune

Nous n'avons pas de baguette magique pour garantir la sécurité dans toutes les circonstances parce que, malheureusement, il y a des gens qui sont des criminels et des délinquants et se déplacent avec les touristes et viennent, eux aussi, passer des vacances en bord de mer. Cette année, Les Sables-d'Olonne vont pâtir de l'absence de renfort CRS, mais nous restons déterminés pour que les mêmes renforts reviennent en 2025 et que l'État ne nous explique pas que ce n'est plus nécessaire puisque nous avons réussi à nous en passer en 2024.

 

S. d. V. Sur un tout autre sujet, lors de l'annonce de l'installation de la statue d'Ulysse, vous avez déclaré : « Aux Sables-d’Olonne, on aime les statues. » Avec celle de saint Michel, peut-on dire que Les Sables-d'Olonne, c'est la ville des statues « non déboulonnables » ?

Y. M. Contrairement à ceux qui aiment se couper de nos racines, de nos références philosophiques, culturelles, civilisationnelles, notre ville aime les références et l'art figuratif. Ulysse n'est pas simplement un héros légendaire et mythologique de la civilisation grecque qui a fait naître la nôtre, il est aussi le symbole du marin intemporel, universel qui, à l'instar du skipper du Vendée Globe, fait un tour du monde, relève tous les défis, surmonte toutes les épreuves et finit par rentrer à bon port retrouver Pénélope, son chien et son foyer. Une parabole à la fois antique et complètement actuelle, complètement olympique et complètement vendéenne avec le Vendée Globe. Ulysse est installé sur la côte des Sables-d'Olonne depuis hier matin. Nous en sommes très heureux.

 

 

Sabine de Villeroché
Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

20 commentaires

  1. Force est de constater que cette situation d’insécurité, de transfert massif de population pour détruire notre esprit de peuple, responsable de l’avenir du pays de ses pères a complètement été voulu depuis Mitterrand. On place partout les copains et les coquins, on justifie toutes les violences faites sur le peuple initial, et sur ce chaos, on peut tout décider et vendre notre pays par appartement. Il ne s’agit pas d’incompétence, ou de bienveillance, il s’agit d’une volonté politique de type Anglo-saxone. Ils ont bien réussi chez eux!

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