Comme l’écrivait l’autre jour Gabrielle Cluzel : « Les cadres, signataires de la première pétition, n’ont sans doute pas assez faim et trop de hauteur de vue pour s’inquiéter réellement des questions fiscales. Pour le moment ».

C’est juste, mais, pour essayer d’enfoncer un peu le clou, je pense que la question fiscale sera quand même l’un des éléments qui devrait nous conduire, en 2014, à botter les jean f… qui pensent que gouverner c’est imaginer de nouveaux pour cacher leur impéritie. Dans ce droit fil, je vous propose de nous livrer ensemble à une soustraction qui donne à réfléchir.

Posons un salaire (très) moyen de 1.500 euros par mois, dit « net », que devient-il dans la moulinette fiscale ? D’abord il faut savoir que ce salaire a déjà été amputé des 60 ou 65 % de charges diverses et variées. Ce salaire de Monsieur X est donc pour son employeur de : 1.500 + 20 %, soit 1.800 euros, auxquels s’ajoute la fameuse part patronale, disons 60 %. Total : 2.400 euros. Monsieur X pense être mal payé, son employeur qui verse pour lui ces 2.400 euros estime que c’est le maximum de ce qu’il peut consentir sans boire le bouillon.

Continuons. Monsieur X est imposable, il abandonne donc 10 % de son revenu net au Fisc, soit 150 euros. Il ne lui reste plus que 1.350 euros. Pour vivre ? Non, car la soustraction continue. Il paye sur tous ses achats une TVA , évaluons-la en moyenne (basse) à 10 %. Il n’a plus que 1.215 euros. De pouvoir d’achat ? Non car il doit encore payer sa CSG, sa taxe locative et de menus prélèvements comme les amendes et divers timbres fiscaux, par exemple pour se faire refaire un passeport pour aller dans un camp de vacances « low cost » ou immatriculer la modeste voiture qu’il vient d’acheter pour remplacer la caisse complètement pourrie, et toujours en panne, qui lui sert pour aller à son travail. Ne chipotons pas et évaluons tout cela à un petit 5 %, soit un nouveau net de 1.154 euros.

En a-t-il fini et peut-il enfin calculer son vrai salaire net, celui qui lui sert pour payer son loyer et se nourrir ? Non car il a oublié de penser aux revenus de son tout petit placement précautionneux de pauvre, un PEL maigrichon ou une petite assurance vie qui sont ponctionnés au passage ou à la sortie. Soyons raisonnables et chiffrons cela à 2 %, et ne soyons pas mesquins en oubliant des bagatelles comme la TVA sur la TVA de l’EDF ou le Carburant taxé à 65 %. On arrive alors, en douce, à un maigre 1.131 euros.

Sachant que la masse salariale mensuelle de Monsieur X est de 2.400 euros et qu’il ne lui reste que ces 1.131 euros pour vivre, on en déduit facilement que les divers prélèvements qui le frappent sont, au minimum, à hauteur de 53 % du fruit de son travail et qu’il s’échine au moins jusqu’au 14 juillet pour les régler. C’est confiscatoire et même les cadres le savent pertinemment, eux qui gagnent plus et qui sont encore plus ponctionnés. Sachant aussi que les pseudo timoniers Hollande, Ayrault et consorts adorent jouer avec le feu en créant à jet continu des nouveaux, on peut conjecturer que, tôt ou tard, le peuple les jettera par dessus bord.

22 décembre 2013

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