Le microcosme parisien s'ébaubit facilement des performances médiatiques des politiciens et perd de vue encore plus facilement le fond. On a pu le vérifier, dimanche, lorsque la critique, même de droite, a cruellement comparé les rhétoriques de Pécresse et de Mélenchon qui s'exprimaient, dimanche, à deux heures d'intervalle dans leurs grands meetings électoraux. Et il devient, aussi, chic car inattendu, de vanter la campagne du candidat rétro, le communiste Roussel.

Or, une fois de plus, Mélenchon n'a pu s'empêcher, au cours de son meeting, de faire référence à Robespierre qui, décidément, est un des saints de son panthéon privé. Son complice, Alexis Corbière, avait rédigé un manifeste Robespierre, reviens ! Et Mélenchon qualifia Robespierre de « libérateur » avant de se mesurer ensuite, dans sa coutumière forfanterie arrogante, au philosophe Michel Onfray pour son travail Les Girondines, une contre-histoire de la Révolution française.


Par delà son évidente éloquence de tribun, Mélenchon s'est vu reprocher par Michel Onfray, dans une tribune (Le Nouvel Observateur du 12 avril 2012), d'être « l'homme qui […] pratique [de la Révolution française] une lecture strictement jacobine […] Robespierre et Saint-Just, plus célèbres dans l'exercice de la Terreur et de la guillotine que dans celui de l'extension des libertés ». Faut-il rappeler à ce pseudo-historien (en ce sens qu'il occulte la partie embarrassante de l'Histoire) que 500.000 personnes furent emprisonnées et plusieurs dizaines de milliers (35.000 à 40.000) furent exécutées par guillotine, fusillades, noyades, sans compter les règlements de comptes dans les zones rurales. Tout cela en douze mois, de juillet 1793 à juillet 1794...

Aussi, et même s'ils sont ambigus, les « appels à l'insurrection citoyenne contre la monarchie présidentielle » de Mélenchon sont à prendre au sérieux. Cet homme est dangereux. Car même s'il n'accède pas au pouvoir, il banalise des références qui légitiment une violence dont la France n'a pas besoin : les antifas tolérés par ce pouvoir nous suffisent.

Quant à Fabien Roussel - qui vante la bonne viande et le bon vin –, il se revendique d'une idéologie qui a fait infiniment mieux que Robespierre, tuant 80 à 100 millions de personnes. Fallait-il légaliser le Parti communiste allié d'Hitler, celui de Maurice Thorez qui déserta de l'armée française le 3 octobre 1939 ? Celui de Georges Marchais, ajusteur à la Société nationale de construction aéronautique du Centre, embauché à l'Aktiengesellschaft Otto, une société travaillant pour le ministère de l'Aviation du IIIe Reich ? Dès 1942, il rejoignit les usines Messerschmitt à Augsbourg, en Bavière où il travailla à la construction du chasseur Focke-Wulf.

Il faut dénoncer ces gens dangereux sous leur apparente bonhomie. Et pour cela, dire simplement l'Histoire. Vous avez dit « heures-sombres-de-notre-Histoire » ? D'accord, parlons en.

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14 février 2022

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33 commentaires

  1. Il faut revoir l’Histoire telle qu’elle ne nous a pas été contée à l’école pour comprendre ce que dit Mélenchon! Mais tant d’autres époques ont été caviardées dans nos manuels! Saint Louis par exemple! Mélenchon connaît bien la Révolution, mais il n’en a pas approfondi sa connaissance dans les livres scolaires! Aussi, n’est-il pas dangereux.

  2. Je ne peux accepter que l’on dise que le communisme a tué 100 millions de personnes – et encore faudrait-il citer des sources fiables – sans dire un seul mot sur les crimes du capitalisme.
    Quant à Georges Marchais, employé chez Messerschmitt en France, il n’a pas eu le choix de s’opposer au transfert de la production en Allemagne.
    Et les conducteurs de trains pour les camps de concentration, tous coupables aussi ?
    Je honnis les donneurs de leçons.

  3. Les Antifa ne sont pas tolérés mais utilisés par le Château comme supplétifs pour économiser les forces de l’ordre .

  4. Bien sur que Mélenchon est un dangereux dictateur de type Stalinien, de même que ses excès de colère, en ressemblance, avec un certain personnage d’outre Rhin …

  5. Mélenchon met la République avant la France. Robespierre avait une idée bien particulière de Liberté Egalité Fraternité. Liberté ? en tous les cas pas trop de culte (massacre des prêtres et des religieuses) Egalité (sauf pour les « ci-devant ») Fraternité (sauf avec les religieux et les nobles). Ca ne lui a pas porté bonheur pendant longtemps.

  6. Pauvre Méluche ! Du temps de Robespierre, il aurait eu, dans doute, droit à la guillotine ! Que m »importe qu’il soit un tribun si c’est pour nous trahir. Au contraire, c’est plutôt circonstance aggravante !

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