Transfert de Ravier, meeting de Pécresse : le tournant de la campagne ?

stéphane ravier

Avec le ralliement de Stéphane Ravier à Éric Zemmour et la prestation plus que très médiocre de Valérie Pécresse, dimanche, au Zénith, la campagne présidentielle est peut-être arrivée à un tournant. Certes, des tournants, il y en a tous les jours, car une campagne présidentielle est tout sauf une longue ligne droite toute tracée. La candidature Balladur en 1995, devenue un cas d’école, est là pour nous le rappeler.

Jusqu’à maintenant, Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont dans le mouchoir de poche des sondages, dans la marge d’erreur. Autant dire que, comme dans tout concours – aux grandes écoles, de beauté ou de circonstance –, tout compte. Grappiller le moindre pouième de point ressemble à ces assauts de tranchées pour s’emparer de la cote 108 et peut faire pencher la balance, à un moment donné, d’un côté ou de l’autre.

Les ralliements de Collard, Rivière n’avaient pas fait bouger les lignes, encore moins celui de la députée européenne Maxette Pibakas. Le premier, ancien socialiste et soutien de Mitterrand en 1981, bien connu pour sa liberté de parole, n’est en rien un « historique » du parti à la flamme. Jérôme Rivière fut député UMP et reste relativement peu connu du grand public. Quant à la troisième, tête de liste aux régionales de 2021 pour la Guadeloupe (suffrage où elle avait obtenu 3,42 % des voix !) et que Marine Le Pen était allée pêcher pour les européennes en 2019 dans ce qu’il est convenu d’appeler « la société civile », elle reste une inconnue au bataillon. Du reste, ces prises de guerre sont, aujourd'hui, déjà anciennes au regard d’une campagne où hier est déjà loin.

Avec le départ de Stéphane Ravier, c’est peut-être une tout autre affaire. C’est en effet le départ d’un poids lourd qu’on peut qualifier d’historique : plus de trente ans de militantisme au FN puis au RN. Une première carte prise en 1991, à une époque où cela n’était pas forcément porteur. Sans chercher à connaître les vraies raisons de ce ralliement, si c’est l’œuf qui a fait la poule ou le contraire, le fait est là : un pilier du mouvement, populaire chez l’électorat RN provençal, est passé non pas dans le camp d’en face, mais dans celui d’à côté.

Au même moment, Valérie Pécresse, par sa prestation ratée, quoi qu’en dise un Christian Jacob venu faire, après le naufrage, le sauveteur en mer de service sur les plateaux télé, a sans doute semé le doute chez les militants et l’électorat LR. Certes, la candidate de la droite et du centre, sur le fond, a pu dire des choses fortes : « Pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au Grand Remplacement… » À tel point qu’Anne Hidalgo et Christiane Taubira, au plus haut dans les sondages, comme chacun sait, lui sont tombées dessus à bras raccourci, suivies par toute la gauche, championne du monde du jeu de tabou. Certes, Valérie Pécresse s’est faite son propre pompier à la matinale de RTL, ce lundi matin, en déclarant que « des beaux parleurs, il y en a eu beaucoup et il y en aura encore longtemps ». Pas faux ! Et d’ajouter : « Moi, je suis quelqu’un qui va faire… » Ce qui est une autre histoire. Certes... Mais si le fond est essentiel (reste, d'ailleurs, à prouver qu’il y en a...), la forme compte tout autant, surtout dans un concours où tout compte, répétons-le ! Il n’est donc pas à exclure que Pécresse connaisse des pertes sèches, d'une part au profit de Zemmour parmi l’électorat LR ayant encore la fibre tribunicienne, d'autre part au profit de Macron chez un électorat plus centriste aux pudeurs de gazelle face aux mots qui fâchent.

Ce concours de circonstances pourrait avoir des conséquences majeures dans cette primaire à droite qui ne dit pas son nom. Jusqu’à une inversion des courbes ? On le saura vite, au prochain tournant…

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Le grand effet levier serait le ralliement de Ciotti.
    Le bla-bla-bla de Pécresse apparaîtrait totalement vide et informe puisque déjà vécu depuis 2007 avec le résultat évident de la décadence française que l’on ne peut que constater.
    Sauf à préférer être le bobo soumis mais profiteur individualiste de base.
    Éric Ciotti, vous ne pourrez qu’être fier du résultat de votre ralliement à Eric Zemmour.
    SVP aidez nous a sauver la France.

  2. Pourquoi voter pour Mme Pecresse puisque M.Macron est déjà dans la place . Elle ferait l’économie d’une campagne et sa famille y gagnerait tout autant , comme hier.

  3. Quand Stéphane Ravier retrouvera chez le « Grand Z » tous les petits camarades qu’il a lui même exclus ou fait exclure du Front puis du Rassemblement national depuis trente ans, ils pourront au moins se faire des risettes.

  4. Bravo à Stéphane RAVIER pour cette prise de position, quant à voter ma femme et moi voterons pour Eric ou Marine selon les qualifs mais au second tour si ces deux la sont éliminés ce sera ABSTENTION.

  5. Il reste au moins deux choses à faire pour le camp Z: Continuer à aspirer le RN jusqu’à que celui-ci le rejoigne et s’adresser aux électeurs de Macron sur l’extrême responsabilité qu’ils auraient si, par malheur, il était réélu: En effet, la « libanisation » de notre pays qui existe déjà va s’accentuer jusqu’au point fatal où personne ne sera épargné, pas même la bourgeoisie qui aura élu et réélu un anti-France ! Ceci n’est pas une menace mais une simple déduction logique !…

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