Ce n’est pas comme si tu étais échaudé.

Au début, Français, le cynisme, l’inconscience ou la sottise éprouvée de ceux qui vantent les mérites de cette initiative gouvernementale s’emploient à vous faire croire que confier la responsabilité des embarqués à des entreprises du secteur privé ne vise en aucun cas à apporter quelque supplément de rentrées d’argent dans les caisses de l’État.

Au début, on vous fait croire que l’initiative ne part que d’un bon sentiment.

Au début, on vous fait croire que ces sociétés privées, missionnées par l’État pour pulvériser les amendes sur la tête des automobilistes français, ne seront pas intéressées à leur activité, leur zèle ou leur sévérité, autrement dit qu’elles ne gagneront pas d’argent proportionnellement au nombre de PV distribués.

Au début, on vous fait croire que ces PV ne concerneront que les dépassements de vitesse importants.

Au début, on vous fait croire que l’on n’a pas pensé — mais alors pas du tout, promis-juré-craché ! — que le rôle de pourvoyeur d’argent confié bien inconsidérément par l’État impécunieux à ces sociétés privées les dote, d’emblée, d’un moyen de pression souverain. Face à une administration étranglée par la nécessité leur est ainsi ouverte la possibilité de renégocier très avantageusement pour elles les conditions de leur délégation, l’ensemble des dispositions contractuelles encadrant l’exercice de leur profession, et tout particulièrement (comment en douter) les modalités de calcul de leur rémunération.

Au début, on vous fait croire, Français, qu’on ne vous prend pas pour des cons.

Et l’on ne vous ment pas, du moins pas complètement ; cette initiative représente effectivement une bonne opération. Français, croyez-moi, faites comme ceux qui vantent les mérites de cette initiative gouvernementale, du moins vous qui le pouvez : achetez dès maintenant des actions de ces sociétés privées.

6 septembre 2017

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