« La haine rend non seulement aveugle et sourd mais incroyablement bête » (Konrad Lorenz).

Comment ne pas voir les désastres économiques qui se profilent en poussant la Russie à se tourner vers l’est ? La Russie aurait pu permettre de tisser des liens avec les pays du BRICS[ref]Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.[/ref] et de l’OCS[ref]L'Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan.[/ref]. À la vitalité extérieure, nos dirigeants préfèrent s’enfermer dans le cercueil bruxellois.

Ils ont été sourds aux cris d’un peuple grec ravagé par une austérité venant principalement d’un endettement lié à des dépenses militaires ordonnées par l’OTAN pour faire prospérer le complexe militaro-industriel occidental. Combien de retraites ou d’emplois sacrifiés pour un F-16 américain financé par la dette ?

Nos dirigeants sont bêtes au point de laisser humilier la Russie à l’occasion de la dernière réunion de l’OSCE. Espérer, avec de telles postures, que les relations Europe-Russie vont s’améliorer relève du degré zéro de l’intelligence. Quelle finesse diplomatique 10 jours avant les sommets BRICS et OCS à Oufa[ref]Vladimir Poutine accueille, à partir du mercredi 8 juillet, le septième sommet des chefs d’État ou de gouvernement des BRICS et, dans la foulée, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.[/ref] !

Nos dirigeants ne sont plus que des boules de haine prêtes à fondre sur n’importe quel individu ou nation. Ne supportant plus le débat, ils cherchent à imposer les dogmes atlantistes par la contrainte ou la force. La Russie cristallise toute cette haine car elle assume une position indépendante, dictée par les intérêts du peuple russe. Le racket mondial est organisé depuis des décennies par Washington pour que les dirigeants des nations, contre protection, s’acquittent de la dîme réclamée par la finance.

Vladimir Poutine, par l’envie qu’il suscite, cristallise cette haine. À tous nos politiques qui se rêvaient, adolescents, en tribuns adulés des foules, le président de la Russie les renvoie à leur médiocrité, à leur servilité atlantiste, à la trahison de leur mandat d’élus du peuple.

Pour être adulé, il faut d’abord donner au peuple des gages concernant l’appartenance à ce peuple, incarner un espoir, montrer de l’empathie. L’ambition personnelle doit être de s’élever dans l’échelle sociale au sein du peuple. La caste au pouvoir ne peut plus comprendre le peuple car elle s’en est délibérément extraite et elle le toise avec mépris. S’élever n’est pas s’extraire.

Ils affichent le même mépris que les anciens sénateurs romains lorsqu’ils parlaient de la plèbe et non du peuple. Avec la mondialisation, ils s’extraient désormais de l’humanité.

Alors je comprends leur envie lorsqu’ils voient Vladimir entouré de son peuple comme lors des cérémonies du 9 mai ou qu’ils consultent les sondages sur la popularité du président russe. Henry Wallace, dans son discours contre la doctrine Truman du 27 mars 1947, prédisait que l’ allait devenir la nation la plus haïe du monde.

Le suivisme de nos dirigeants vis-à-vis de la américaine va non seulement faire de la France un pays haï par les autres nations mais de plus, par leur mépris, ils vont se faire haïr du peuple français, prélude à tous les excès.

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7 juillet 2015

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