Beaucoup d’entre nous espèrent une candidature d’Éric Zemmour, d’autant plus qu’un sondage de l’IFOP l’a donné à 13 % d’intentions de vote à un an de la présidentielle, comme le candidat Macron en 2016. Cependant, si Macron a pu séduire au-delà de sa base initiale pour pouvoir gagner l’élection, c’est parce qu’il avait un programme relativement flou et consensuel. À l’inverse, Zemmour est beaucoup plus tranché et aura du mal à élargir au-delà de ses soutiens conservateurs.
Plus encore : si jamais il gagne, sa victoire risque de ne servir à rien. À l’instar de Macron qui a provoqué une révolte sporadique des gilets jaunes, il est probable que la France soit tout autant bloquée avec Éric Zemmour : une partie des fonctionnaires refuseront d’exécuter ses décisions du fait de leur appartenance à la gauche pendant que les Black Blocs saccageront continuellement les rues des grandes agglomérations.
Ce n’est pas Éric Zemmour ou un quelconque « Grand Homme » qui sauvera la France. La Ve République, avec son État omnipotent, sa verticalité et sa concentration des pouvoirs dans les mains d’un « monarque républicain », a été conçue par et pour le général de Gaulle mais n’est plus adaptée à la société actuelle, émiettée et anxieuse de subir un nœud de défis où se côtoient la pression migratoire, la montée en puissance de la Chine, les problèmes écologiques, la paupérisation des classes moyennes, le séparatisme islamique, la radicalisation de la gauche, la révolution numérique, la conquête spatiale, etc.
La démocratie directe et décentralisée suisse est bien mieux adaptée pour affronter une mondialisation devenue chaotique. La démocratie helvétique est composée d’une démocratie représentative décentralisée entre la commune, le canton et la nation, couplée parallèlement à une démocratie directe s’incarnant à travers trois types de référendum : le référendum obligatoire (notamment pour la ratification des traités internationaux), le référendum abrogatif (toute décision émanant des élus pouvant être annulée dans les six mois par un référendum d’initiative citoyenne) et le référendum d’initiative populaire portant sur tous les sujets. Les Suisses votent au minimum quatre fois par an pour des décisions allant de la construction d’une piscine municipale à la politique migratoire…
La différence entre la France et la Suisse est béante : la première ne gère pas ses flux migratoires, subit des attaques terroristes, a une dette abyssale, un chômage de masse, les pires résultats scolaires de l’OCDE, une inflation fiscale et réglementaire, une administration pléthorique et inefficiente, alors que la seconde connaît le plein-emploi malgré des aides sociales généreuses et un SMIC à près de 4.000 euros, un système éducatif performant, une immigration mieux maîtrisée et des conditions sévères à la naturalisation, détient la dette la plus faible d’Europe et, surtout, une société plus apaisée puisque les individus, grâce au référendum, ne sentent pas le besoin de tout casser pour se faire entendre.

24 avril 2021

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