On cherche, mais visiblement, on a du mal à trouver. Jusqu’à maintenant, glissante comme une savonnette, la cause du mal reste inconnue. On se bat, un milliard de gens sont priés de rester chez eux, mais on ne sait pas. Alors, on fantasme.

Le châtiment divin, mode « dix plaies d’Égypte » ? Peut-être, mais cela ne fait que déplacer le problème : pourquoi cette punition ? De plus, cette « cause » a des chances de ne pas convaincre le monde non biblique. Mais, si c’est vrai, alors Brassens a raison : « Dieu, s’il existe, il exagère ! »

De la nourriture coupable ? Sur les marchés chinois, la civette avait répandu le SRAS, en 2002. Aujourd’hui, on accuse un poisson exotique, vendu au marché de Wuhan. Peut-être, peut-être pas. Ou alors des crottes de chauves-souris croquées par des pangolins, eux-mêmes boulottés par des hommes. Peut-être, peut-être pas.

Une manipulation hasardeuse ? On évoque, ici ou là, une fuite de virus provenant d’un laboratoire local, spécialisé dans la culture virale. Peut-être, peut-être pas.

Un attentat, comme il est décrit dans un roman de 1981 qui aurait tout prévu, jusqu’à l’origine géographique précise du lieu de départ de la contamination ? Trop beau pour être vrai et de nombreux sites hurlent au bobard. Mais, peut-être, peut-être pas.

Cette incertitude porte sur les nerfs. Savoir ! Tout faire pour savoir !

Alors entre en scène un personnage qui sait. Enfin, nos doutes vont être définitivement levés. Nous approchons de l’arbre de la connaissance et nous apprêtons à en saisir les fruits, les paumes moites, le front luisant et le souffle court.

« Ici, roulement de tambour, Coco. Faut du lourd, du définitif ! Ça, c’est de l’info. Sérieuse, mondiale, comme cette foutue épidémie. Alors tu me mets des tambours à tout va ! »

Et les tambours de tambourer tapageusement, annonçant l’entrée en piste du gars qui sait, le Deus ex corona. Suspense ! Pas d’applaudissements ! Un grand silence, sépulcral et lugubre. Enfin, il paraît dans un halo de lumière, et, de sa voix de velours, lâche : « Le fait que les hommes se livrent ouvertement à la turpitude, comme la fornication et l’adultère, déclenche des maladies et des épidémies nouvelles. »

Abasourdi, je rembobine pour m’assurer que j’ai bien entendu. Oui ! Il a bien dit cela ! Au diable les chauves-souris, les poissons et toutes ces fariboles : l’origine du mal est dans la braguette : le stupre active le « couillonavirus » et projette ses méfaits sur l’ensemble de la planète.

Qui est cet oracle, ce scrutateur de testicules animaux, ce divin prophète ? Un nommé . Oui, le frère de Tariq. Comme quoi « un Ramadan peut en cacher un autre ». Hani, petit-fils du fondateur des Frères musulmans et prosélyte acharné de cette doctrine, expulsé de France en 2017, poursuit à l’attention des seuls musulmans : « Pour vous protéger, soyez assidu aux invocations. » C’est tout chaud, ça vient de sortir.

Eh bien, voilà. Maintenant, vous savez. Restez chez vous et reprenez une vie normale.

Ah oui, j’oubliais ! « Coco, laisse tomber la commande de masques. À la place, demande des capotes anglaises. »

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