[POINT DE VUE] Statut de la première dame : cette surprenante obsession de la Macronie
Il y a toujours eu une première dame, ou presque, aux côtés des présidents de la Ve République. Yvonne de Gaulle marqua plutôt par sa discrétion, dans l’ombre du grand homme. Claude Pompidou, élégante et à la mode, fut une femme des sixties, qui dynamisa l’image de son mari, plus terrien, plus littéraire – quoique, lui aussi, grand amateur d’art contemporain, comme on sait. Anne-Aymone Giscard d’Estaing, peu à l’aise devant les caméras, fut obligée de subir l’histrionisme de VGE devant les caméras. Danielle Mitterrand, libre, assez détachée, ne laissa pas un souvenir impérissable. Bernadette Chirac, elle, fut la première à donner à son rôle une ampleur inédite : les pièces jaunes, entre autres, servirent à humaniser cette femme que l’on disait froide et que les Français finirent par aimer. Sous Hollande… passons. Et puis, il y a les Macron.
Brigitte Macron est, comme son mari, attachée à une sorte d’en même temps. Elle sent probablement mieux que lui le côté traditionnel des Français, qui n’ont jamais fait le deuil du régicide qu’ils avaient commis en 1793. La première dame doit avoir un statut comme, chez Kantorowicz, le roi a deux corps. Les gens y sont attachés. Cependant, la première dame n’avait jamais eu jusqu’ici, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, de véritable fonction. Elle n’avait pas de collaborateurs non plus, ni de budget d’ailleurs. Voilà qui est désormais fait : une charte, publiée le 21 août 2017 par l’Élysée, donne un rôle officiel à l’épouse du président de la République. On y apprend que celle-ci a un rôle de représentation, de supervision des cérémonies et de dialogue avec les Français, en gros. Elle dispose de deux conseillers, d’un secrétariat et du budget de la présidence (elle n’a pas de budget propre). Un article de Capital cite la Cour des comptes pour qui, en 2021, les activités de Brigitte Macron avaient coûté un peu moins de 300.000 euros, hors voyages et frais esthétiques (prélevés sur les 5.200 euros mensuels alloués aux prestations esthétiques de la présidence), et mobilisé six agents à plein temps pour le traitement du courrier de la première dame.
À ce sujet — Brigitte Macron, fée Clochette de la République
Un bol « première dame »
Signe de ce rôle comparable à celui d’une monarchie constitutionnelle, le site de l’Élysée commercialise un bol « Première Dame », sur le modèle de ces bols à prénoms que l’on connaît bien. Il s’agit peut-être de provoquer une « brigittemania ». Il faut dire que l’épouse du chef de l’État - Georges Michel en a déjà parlé dans ces colonnes - s’improvise tour à tour DRH, psy, porte-parole non officielle… Elle semble vouloir - d’une manière, pour le coup, totalement inédite - exercer un rôle presque politique. C’est peut-être un problème, surtout dans les derniers mois crépusculaires d’un règne aux couleurs de l’apocalypse.
Un début de réponse sur le juste positionnement que l’on attend d’une première dame nous a été donné non pas par les deux corps du roi mais par les deux épouses de Sarkozy. Cécilia était investie dans la vie professionnelle de son mari. Elle décidait avec lui, disait un mot sur les nominations, les meetings, les idées. Carla, elle, suprêmement élégante, pas réservée pour deux sous, mais capable de poursuivre sa carrière musicale comme de faire le knix devant la reine d’Angleterre, représentait un point d’équilibre à peu près parfait. Bien qu’intelligente et cultivée, elle prétendait ne rien comprendre à la politique. Elle était accessible mais loin du rôle de « Dame Pièce Jaunes ». Brigitte Macron aura-t-elle été une exception ou aura-t-elle provoqué une inflexion dans l’histoire des épouses de Présidents français ? Selon que le conjoint présidentiel sera Sophia Chikirou, un chat ou une Bourbon, l’avenir nous le dira.
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129 commentaires
Statut, non, il n’y en a même pas eu pour Tante Yvonne, alors que son mari est le concepteur de la Vème ! Statue, oui, peut-être, dégoulinante d’imposture et de dépenses publiques coûteuses !
« des Français, qui n’ont jamais fait le deuil du régicide qu’ils avaient commis en 1793 ». Ne parlez pas au nom de tous les français. Je suis de ceux qui pense que ce fut nécessaire, même si Louis XVI n’était pas responsable de ce qu’ont fait ses ancêtres. Certains qui émettent des lettres de cachet de nos jours ont peut-être peur de voir ressortir la guillotine.
Si je comprends bien , madame Macron nous aura coûté en dix ans près de 3millions 600 mille euros hors voyages , et ils ont été très très nombreux . Une paille pour un homme qui n’aime pas l’argent. Au fait peut-être préfère -t-il l’Or ?
Quand on aime on ne compte pas.
Mme Macron est aussi professeure de combat corps à corps, adepte du MMA de couple?
Le couple Elyséen profite de moments qui leur seront gravés à vie. E. Macron, élu par deux fois, aurai tort de ne point apprécier son statut de Président de la République, lui donnant tous les avantages du rang. Comme le souligne Marcu ( 26/06/26, 11h19), Brigitte Macron porte dignement les tenues des créateurs.
J’en connait qui, comme Mélania, les portent avec une toute autre classe.
Ou carla bruni…
.
Entre apprécier et profiter outrageusement,il y a un gros écart…
Première dame?
De qui?
de qui ou de quoi ?
A cette énumération de rôles il en manque UN (indéniable) : celui de « mannequin national » car Brigitte porte avec succès et beaucoup de naturel, les tenues imaginées pour elle par d’excellents créateurs français !
Les excellents créateurs français auraient tout avantage à choisir « un » mannequin national , d’accord avec vous , mais sympathique , alors !
Et esthétiques..
Lui partir..Non rien qu’à voir sa tête, fier de lui, assuré d’être intouchable, adulé des médias, protégé en haut lieu, il fait le paon à Versailles, il voyage, se frotte aux potentats africains, fait le militaire, mais on a eu en Russie Nicolas II, il a mal finit dans des circonstances honteuses et abjectes qu’il n’imaginait pas quelques semaines avant son assassinat avec sa famille entière sur ordre du Camarade Lenine.
A l’international, il passe pour un guignol. Il est le seul à ne pas s’en rendre compte tellement il est imbu de sa personne.
Elle a bien choisi sa tenue. Blanc et noir. Tout un symbole.
A tout prendre elle serait peut être moins pire que son mari madame Macron .
Cet ersatz de président s’est octroyé un pouvoir discrétionnaire absolument incroyable, digne de la Royauté. L’on apprend aujourd’hui, du moins pour ma part, qu’une charte de la première dame a été établi sous son magistère, un précédent historique, et qui à l’évidence perdurera. Un détail évidemment à l’aune des décisions de cet individu qui tout seul, de son propre chef, a engagé le pays dans la guerre en Ukraine, qui s’active comme un diable dans un bénitier pour la faire rentrer dans l’Europe, ou qui n’a jamais consulté le peuple au plan de l’immigration, pire qu’il l’empêche de s’exprimer, et qui très certainement prépare encore quelques mauvais coups portant atteinte à la souveraineté du pays. On ne dira jamais assez combien ce triste sire aura nuit aux intérêts du pays, et l’aura précipité vers l’abîme !
Ken et Barbie ! ….. ça suffit ! les Français n’en peuvent plus de ce couple !
Ben, fallait pas élire Ken !
Non… il n’y a pas toujours eu une première dame en France, ce titre Première dame – avec une majuscule – étant seulement étasunien. Nous avons avons (avons eu et, probablement, aurons) la femme du chef. Point barre.
J’ai souvent la dent dure avec Macron mais pour une fois je lui dis Bravo et Brigitte ne dénotait pas dans ce beau décor. Bravo manu!
Si c’est pour une fois, alors c’est bon, plus serait éxagéré.
cette volontée permanente d’imiter les USA devient ridicule ! Il n’y a pas de première dame en France, il n’y en a jamais eu, il y a l’épouse du président c’est tout !