La « double dynamique contraire » derrière les menaces de mort à l’Éducation nationale

La réponse forte des institutions se heurte à la désinhibition de certains parents.
école fermée
Unsplash

Deux semaines se sont écoulées depuis la rentrée scolaire et, déjà, plusieurs enseignants de l’Éducation nationale ont été confrontés à ce qui semble désormais faire partie des risques du métier. Visés par des menaces de mort proférées par des parents d’élèves, ils rejoignent la liste, toujours plus longue, des professeurs qui ont vu peser sur eux, dans le cadre de leur activité, le risque de « décapitation » ou « d’égorgement ».

Quatre menaces de mort en deux semaines

Le 4 septembre, près de Toulouse, c’est au sein du groupe scolaire Clément-Ader qu’une institutrice a été menacée de décapitation par le père d’un élève des classes élémentaires, comme le rapporte La Dépêche. L’homme s’en était pris à l’enseignante après que son fils, qui s’était comporté comme « un caïd » selon des témoignages, avait été envoyé dans sa classe par une autre institutrice afin de se calmer. L’individu, qui avait déclaré vouloir « couper la tête » du professeur, a été condamné, le 10 septembre, à six mois d’emprisonnement ferme, qu’il effectuera derrière les barreaux.

Cinq jours après cette condamnation, le 15 septembre, une mère de famille était renvoyée devant le tribunal correctionnel de Sens où elle comparaîtra en décembre pour « menaces de mort ». La veille, elle avait insulté la directrice d’une petite école de l’Yonne et mimé un geste d’égorgement.

Le même jour, deux autres incidents étaient signalés. À Eysines, en Gironde, un père de famille, présenté ce jeudi devant le tribunal de Bordeaux en comparution immédiate, avait violenté et menacé de mort un surveillant ainsi que le directeur de l’établissement, rapportait France 3 Nouvelle-Aquitaine, tandis que La Provence révélait qu'à Marseille, un père alcoolisé s’en était pris à deux personnels de l’école maternelle de son enfant qui avaient refusé de le lui restituer en raison de son état d’ébriété manifeste. L'homme les avait alors menacés de mort.

Une « double dynamique contraire »

Des événements qui, au lendemain de cette rentrée scolaire, mettent en lumière ce que le président du Syndicat national des écoles (SNE), Philippe Ratinet, qualifie auprès de BV de « double dynamique contraire ».

D’un côté, « la réaction institutionnelle, forte et rapide, tant de la part de l’Éducation nationale que des juges, qui ont une réponse à la hauteur de ce qui se passe », envoie un signal très positif au corps enseignant dont la parole se libère. « Ils osent dire ce qui leur arrive, constate le président du SNE, d’autant plus qu’ils ont le sentiment qu’ils commencent à être entendus. »

Ce sentiment de ne plus avoir à « se cacher » et d’être pris au sérieux, qui n’était pas encore partout à l’œuvre il y a deux ou trois ans, pourrait s’expliquer par l’évolution des équipes ministérielles dont « les collaborateurs sont de plus en plus issus des rangs de l'Éducation nationale », analyse Philippe Ratinet, qui constate que ces derniers « ont donc pratiqué et vu ce qui existait ». Aujourd’hui, l’institution semble avoir appris des erreurs qui lui ont été reprochées après l’attentat contre Samuel Paty.

L’autre côté plus sombre du tableau qui transparaît au fur et à mesure que sont signalées ces menaces très spécifiques serait la désinhibition constatée chez certains parents d’élèves, depuis les attentats qui ont coûté la vie à deux enseignants. « L’inacceptable ayant été commis et ayant été réitéré quelque part, il peut devenir plus accessible ou faisable pour des personnes qui auraient des envies particulièrement mal placées », analyse le président du syndicat du premier degré.

En mars 2024, le rapport d’information du Sénat sur « le signalement et le traitement des pressions, menaces et agressions dont les enseignants sont victimes » faisait déjà état d’un « constat d’une violence endémique dans les établissements scolaires, qui touche désormais le primaire comme le secondaire, les territoires aussi bien ruraux qu’urbains, favorisés ou populaires ». Le document relevait, notamment, des « contestations d’enseignement en forte augmentation », une « méconnaissance » voire un « rejet » de la laïcité ainsi qu’une « remise en cause de l’autorité de l’institution ». Les violences et menaces envers le personnel de l’Éducation nationale étaient déjà perçues en « augmentation », tandis que les parents occupaient une place majoritaire parmi leurs auteurs.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/09/2026 à 20:51.

Vos commentaires

14 commentaires

  1. L’Éducation nationale institutionnalise un incessant scandale : des musulmans y sont sous l’autorité de non-musulmans. Les musulmans doivent laver ce continuel affront en inversant le rapport de domination, c’est-à-dire en se constituant en une continuelle menace, en multipliant les incidents sanctionnant le manque de respect, c’est-à-dire le manque d’obéissance, à l’islam.

  2. A pondérer quand même par la sévérité relative des condamnations qui font l’objet d’appel et de réduction de peine.
    La grande majorité de ces agressions et de menaces sont le fait de gens immigrés maghrébin qui ont compris qu’ils avait le pouvoir et le soutien inconditionnel de l’ultra gauche et pire de certains syndicats qui refuse t les sanctions.

  3. Il n’y a plus d’Etat quand des parents osent se conduire comme cela. La « désinhibition » dont on parle est une maladie grave à laquelle on ne connait qu’un remède – d’ailleurs souverain, la peur du gendarme. On n’a pas d’information sur ces malades mais si par hasard, ils n’avaient pas eu l’occasion de se familiariser avec nos usages, nos députés pourraient se penchez sur des dispositions leur permettant de vivre dans des pays convenant davantage à leurs us et coutumes.

  4. Pas contents du sort de leurs petits chéris, les parents?
    Phase 1 : suspension provisoire des allocs familiales.
    Récidive?
    Phase 2 : suspension DEFINITIVE des allocs plus toutes les aides portées par l’Etat.
    Soit ils mettront leur égo dans leur poche, soit
    Phase 3 : mise à l’ombre pour préserver la sécurité publique.

  5. quand tu as sous tes yeux , ce qui nous sert de gouvernement depuis des dizaines d’années ,tu veux t’attendre a quoi ? Bayrou avait mis une claque pourtant à aurait du servir d’exemple !

  6. Mais qui sont ces « parents » qui veulent se substituer aux maitres ? il serai intéressant de les connaitre . Et que fait l’E.N. ? Rien , sinon ,peut -être , » dialoguer ».

  7. Pauvres gosses ,avec des parents comme cela ,il faut ne plus prôner la valeur de l’exemple !!!
    L’exemple des parents ,c’était avant quand on avait encore un minimum d’éducation !!

  8. Pourquoi voulez vous que les parents violents se gênent, puisqu’ils ne sont jamais punis et que le rectorat préfère mettre la poussière sous le tapis « pour ne pas faire de vague »… Que croyez vous que vont devenir les enfants élevés par de tels parents ? On les retrouvera, à 15 ans, face aux juges qui les relâcheront malgré X mentions à leur casier judiciaire pour violences diverses et recidives multiples , et ils ne comprendront pas, « puisqu’ils ont été élevés comme ça ».

  9. madame, vous écrivez en sous titre « La réponse forte des institutions se heurte à la désinhibition de certains parents » …
    Soit vous n’avez JAMAIS été confronté au délire du « pas-de-vague » devenu tsunami systémique soit vous n’habitez pas en France ! …
    L’ Education Nationale est en putréfaction avancée depuis 1981 et même avant avec le slogan « il est interdit d’interdire » …
    La décapitation de Monsieur SAMUEL PATY n’a rien changé ! … ET « ça » n’est pas prêt de changer ! …

    – Les « zélites péda-goriques » se soucient d’avoir les « meilleurs intervenants » POUR asséner leurs délires woke et des « programmes » comme l’EVARS ! …
    – Il va bientôt y avoir plus « d’administratifs » que de « profs » en contact direct avec les « apprenants » ! …
    – Avec le « passif » de ceux qui squattent l’Elysée, il ne fallait pas s’attendre à autre chose ! …

    • Il y a dejà plus d’administratifs que d’actifs ça si toute la bande du mammouth se retrouvait devant une classe, elle serait de 14 élèves.

Les commentaires sont fermés.

Les fautes sur les pancartes résument tout l’échec de l’Éducation nationale