[POINT DE VUE] Rejet de l’aide à mourir par le sénat : lueur d’espoir ?
La Macronie agonisante en a fait l'un de ses derniers étendards : après avoir inscrit l'avortement dans la Constitution, il est question de faire voter l'aide active à mourir, c'est-à-dire l'euthanasie. Les plus cyniques y verront une tentative grossière de régler le problème des retraites par répartition. Les plus philosophes, qui cherchent toujours dans ce qui arrive un sens métaphysique, considéreront cette réforme comme un nouveau coup de boutoir contre les notions d'humanité et de dignité. Quoi qu'il en soit, le Sénat a mis un petit coup d'arrêt à cette soif de mort en rejetant, par 151 voix contre 118, la proposition de loi relative au droit à l'aide active à mourir. Faut-il y voir un début de prise de conscience ?
Sous ce vocable pudibond, qui évoque la Gnadentod, la « mort miséricordieuse » sous le régime nazi, il s'agit de considérer la mort comme un droit. Francis Szpiner, sénateur LR de Paris, a eu des mots très justes pour prévenir du danger ontologique que fait courir cette proposition de loi : « Cet enjeu de civilisation mérite un débat plus approfondi et doit faire l’objet d’une consultation des Français. » Desproges, dans son premier spectacle, disait : « La mort devrait être un service public gratuit pour tout le monde, comme la naissance. » Il ne savait pas que son humour deviendrait tristement premier degré. Une société qui considère que, sur simple demande, n'importe quel citoyen peut en finir est une société qui a envie de se suicider.
Il faut croire que tout va bien, en France
Maintenant, selon le bon vieux principe de la navette parlementaire, si la commission mixte paritaire ne dégage pas de consensus (ce qui est probable), le texte finira par revenir à l'Assemblée nationale, qui a toujours le dernier mot. Il y a, par ailleurs, fort à parier que le pouvoir exécutif et son groupe parlementaire croupion feront tout pour que ce projet aboutisse. À croire qu'il n'y a rien de plus pressé que d'offrir aux Français des moyens efficaces et pas chers de trépasser confortablement. L'exemple international devrait pourtant nous servir d'avertissement : tous les pays qui ont adopté une loi semblable ont subi un effet cliquet. L'extension du domaine de la mort (pardon : de l'aide active à mourir) est graduelle mais inexorable. Et dans beaucoup de pays, d'horribles jurisprudences interrogent nos consciences sur ce que nous risquons de devenir. En Belgique, une femme qui n'avait pas succombé à son injection létale a dû être étouffée avec un oreiller. La frontière avec l'assassinat est ténue.
Il faut croire que tout va bien, en France. Pas de problèmes d'insécurité ou d'immigration, pas d'émeutes sur les Champs, pas de dette abyssale, de prix qui flambent ou de pandémie qui menace. Le plus important, le plus urgent, c'est de rendre la mort accessible au plus grand nombre. Cette loi, soyons en sûrs, finira par passer. Et elle signera un renoncement majeur. On fera passer ça sur le compte de la liberté individuelle, comme on l'a fait pour l'avortement. On s'acharnera à tuer les innocents et à défendre les coupables.
Cette proposition de loi revient régulièrement sur le devant de la scène et c'est, à chaque fois, un peu plus grave. Nous risquons de finir par nous habituer, alors que philosophiquement, c'est d'un retour à ce que le paganisme avait de plus barbare qu'il s'agit. Préparons-nous à défendre notre conception de la dignité de la vie, car le gouvernement n'a certainement pas l'intention de s'arrêter en si mauvais chemin…
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40 commentaires
D’où de nombreuses voix appelant à la suppression du Sénat ( en se référant à CDG, un comble !). Le Sénat peuplé de vieux déconnectés de la vie réelle se gobergeant à nos frais etc. etc. Un dernier rempart contre les foucades en fait…
Sujet très difficile. Il faudrait déjà commencer par interdire l’euthanasie pour toute personne qui n’est
PAS en PHASE TERMINALE d’une MALADIE devenue INCURABLE et revoir les « SOINS PALLIATIFS ».
Mais c’est déjà le cas, ne vous inquiétez pas ! les dérives ne sont que dans l’imagination des
adversaires de la loi.
Ah bon! Merci pour le renseignement. Mais je suis un peu bête.
J’adore tous ces doctes penseurs qui ne savent rien de ce que peut-être la douleur lorsqu’elle devient si intense que même les drogues les plus puissantes deviennent inopérantes…
Se retrouver balloté sur son lit de souffrance entre l’hôpital et la maison avec le toit de l’ambulance comme horizon et pour seul espoir… que tout se termine au plus vite !
j’en suis témoin impuissant en ce moment pour un ami très proche.
Aucun geste de la moindre humanité à attendre de ces doctes théoriciens qui pérorent sur les forums, à la chambre des députés pour refuser le geste libérateur de celui qui arrachera le patient à l’acharnement thérapeutique de ses tortionnaires à la bonne conscience !
Heureusement que ce geste se pratique déjà depuis longtemps en toute humanité et discrétion, la loi ne fera que les officialiser.
Continuez à pérorer en toute sérénité avec le sentiment de la bonne parole prononcée…
« Seul espoir… que tout se termine au plus vite ! » Votre ami sait-il qu’il existe des médicaments qui mettraient fin à sa souffrance très rapidement ? Ou préfère-t-il attendre le droit à mourir « dans la dignité » légalisé par le gouvernement ?
On doit respecter la volonté du malade!
« Tortionnaires à la bonne conscience » la formule est bien trouvée ! Ce que personne n’ose
dire, c’est que la « bonne conscience » a un nom : catholicisme.
Donc il n’y a pas de medecins juifs,musulmans ,taoistes..a bonne conscience?
Laissez les catholiques en paix. C est uniquement une histoire de valeurs. Nous n avons pas tous les mêmes.
Il faut développer les soins palliatifs à vitesse grand V, après nous verrons.
En tant » que docte penseur oppose a cette loi « ..en 4 ans 3 de mes proches ont fini en soins palliatifs..2 a la maison et 1 a l’hôpital.
Chacun des 3 48 heures avant de partir disaient » je veux vivre »..les souffrances étaient bien atténuées par les bolus..et ils sont oartis tous les trois en paix..je ne vois pas de quel droit et dans quel but la famille et les proches pourraient décider a leur place..Par contre dans la loi actuelle et dans les cas incurables rien n’empêche un patient de solliciter la sudation,voire de partir,sans contraindre qui que ce soit a faire le geste..les medecins pretent sèment de soigner,et je ne vois pas a quel titre on devrait leur enlever,le droit de refuser ce geste et encore moins a quel titre on devrait les poursuivre …
Vous voulez dire une sédation? Quant aux droits des médecins : ils peuvent « débrancher » ou installer une perfusion dans le but d’une sédation définitive si le malade a demandé par écrit de ne pas faire d’acharnement thérapeutique et demande cette sédation définitive qui sera installée mais que le médecin ne pourra pratiquer lui-même. Je ne suis pas la seule à avoir eu des soins palliatifs à la maison jusqu’à la phase terminale.
La consultation des français, comme suggéré par le sénateur Francis Szpiner serait la solution indispensable, vu l’importance du sujet. Toutefois, cela supposerait une indépendance et une pluralité sans faille des médias, or nous en sommes loin. A l’heure où le pouvoir, veut supprimer l’accès aux réseaux sociaux, nous nous devons tous de faire entendre des voix dissidentes aux discours par trop orientés. Merci à Boulevard-Voltaire et à tous ceux qui ont le soucis d’informer et non d’influencer.
Précisions: les soins palliatifs sont mis en place uniquement quand il n’y a plus rien faire pour éviter la souffrance des patients,et dans le cadre de maladies incurables,pas quand on est pas » bien dans sa tete ».. Une perf est posée des la mise en place du protocole,puis une pompe a morphine..ce sont les proches quand il y en qui se chargent » d’envoyer « les bollus du produit pour une sedation progressive( toutes les heures,voire demi heures )avec l’accord du
patient… aucun besoin d’une loi permettant a des tiers de décider pour le patient et encore moins sans son accord, ou obligeant ke personnel soignant a faire des gestes qu’ils ne veulent pas..ce qu’il faut c’est développer ces structures et les moyens necessaires,..mais évidemment ca a un coût..
Vous avez raison. Je connais bien le sujet.
Oui, chers amis, lueur d’espoir pour les ennemis de la liberté. Je suis content de constater que le système des lobbies continue à fonctionner : c’est rassurant pour la démocratie de voir qu’une réforme espérée par la majorité de la population peut être bloquée par une minorité de personnes qui connaissent les bons couloirs. Bravo.
Votre discours n’est pas fait pour apaiser ce débat qui nous concerne tous. Opposée à cette réforme, comme probablement beaucoup lus de personnes que ce que vous évoquez, je ne m’identifie en rien à une ennemie de la liberté ce terme disqualifiant post révolutionnaire issu de la terreur et donc d’une des époques la plus abjecte de notre société. La démocratie quand elle touche à ce point les fondements de la civilisation, se doit de proposer à tous de répondre à cette simple question: pour ou contre cette réforme sur « le droit à mourir ». La vie qui nous est offerte est précieuse et la mort ne nous appartient pas. Notre devoir d’humains est d’accompagner nos frères et sœurs (liberté, égalité, fraternité) vers cette fin, dans les meilleures conditions ; médicales avec les soins palliatifs, psychologiquement, religieusement, et avec tous les outils dont nous disposons actuellement. Si le suicide est envisagé, alors la personne qui le souhaite doit effectuer elle-même ce geste ultime, mais ne pas demander à quelqu’un de le faire à sa place. Le lobbying autour de cette réforme vient de ces partisans et non d’une minorité car avec 151 non contre et 118 pour, on est loin d’une minorité. Cela s’appelle donc la démocratie, ne vous en déplaise.
« La vie qui nous est offerte est précieuse et la mort ne nous appartient pas »
Désolé de ne pas être d’accord avec vous, mais en ce qui me concerne le choix de ma mort est bien l’une des composantes la plus importante de ma vie !
« Le plus beau présent de la vie est la liberté qu’elle vous laisse d’en sortir à votre heure. » A. Breton
Le seul moyen qu’a trouvé Macron pour sauver les retraites : faire disparaitre les ayants droit. Mais je ris de savoir qu’un jour viendra où tous ces gens qui sont aujourd’hui pour cette loi, sont les mêmes qui, lorsque leur tour viendra (et ça vient vite) , pleureront comme madame du Barry sur l’échafaud : « Encore une minute monsieur le bourreau »… Ils regretteront amèrement de l’avoir votée.
Qu’en savez-vous ?
Peut-être que c’est vous qui vous trouverez un jour face à un horizon sans autre espoir que la douleur si intense que les traitements les plus puissants deviendront peu à peu inefficace…
C’est la situation d’un ami très proche n’ayant plus que son fauteuil pour se déplacer, des sondes et des poches pour ses besoins vitaux et l’hôpital comme résidence secondaire avec son cancer du pancréas comme compagnon de jour et pire de nuit.
Aucun espoir du coté de son environnement proche catho intégriste pour le moindre geste humanitaire…
C’est dur de voir un ami proche souffrir….mais je comprends mal..un cancer du pancréas..c’est incurable..et s’il souffre en phase 4 il peut demander les soins palliatifs…a moins qu’il n’y en ait pas dans votre region.. et ce serait la le soucis..la famille n’a rien a y voir..
C est tout à fait cela ! On vous proposera cette option à l hôpital même si votre cas ne rentre pas dans une phase terminale. Ça été le cas pour un prêtre canadien.
Entre l’IVG et l’euthanasie toutes les déclinaisons de la dégénérescence du corps humain, une évolution sous patronage de Macron. Mentalement sain ce personnage ?
Il en est de même dans son approche patriotique. Du 100% français au 100 % étranger dans le même personnage, il compte faire Nation homogène disposée à le suivre dans ses élucubrations. Au combat, le soldat dans les rangs de l’armée sera français ou étranger ? Français à l’arrière, étranger au front ?
« l’armée est un Etat dans l’Etat, c’est un vice de notre temps » Alfred de Vigny
Incapable de régler les affaires de la France, Macron se rabat sur celles des Français et faute de savoir améliorer leur vie, va se mêler de décider où, quand, comment et par la main de qui il doivent mourir.
Il faut bien avoir un esprit dérangé pour donner une telle priorité à la mort. Le droit à mourir est inscrit pour chacun d’entre nous à la naissance. Cette prétendue élite, serait plus utile en veillant à ce que la vie soit plus juste et plus facile pour tous. Et quand la mort arrivera, qu’elle soit assistée et entourée, non pas provoquée. Hélas, ceux qui ne pensent qu’à abréger la vie sont les mêmes qui pensent d’abord à la guerre, et éventuellement l’entretiennent sans l’aval des peuples, et contrairement à leurs missions de protections.
« Le monde est dangereux à vivre, non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Albert Einstein. Cette loi sur l’euthanasie est également un test pour savoir ce que les Français sont prêts à laisser faire… Ce refus actuel de la proposition est une victoire pour la vie, j’en remercie le Seigneur, mais espérons qu’elle soit durable ! Ne laissons plus faire ce qui nous paraît indigne.
« Ô vous les boute-feux, ô vous les bons apôtres,
Mourrez donc les premiers, nous vous cédons le pas.
Mais de grâce morbleu, laissez vivre les autres,
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas.
Car enfin la Camarde est assez vigilante,
Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux… » ( Georges Brassens dans « Mourir pour des idées »)
Excellent ! Je sais, je suis un affreux fascho, mais je continue à penser que Georges Brassens, qui, lui, ne l’était pourtant pas, c’était quand même autre chose qu’Aya Nakamura… Mais j’ai l’âge de faire partie du contingent à piquer si la loi passe…
Vous vous méprenez sur Brassens ! cette chanson n’a rien à voir avec le problème
de l’euthanasie, c’est simplement un chant anti militariste ! Ce que ne sont pas la
plupart de ceux qui sont contre le droit à mourir dans la dignité …
Ceci dit, rassurez-vous, personne ne vous obligera à un choix qui restera personnel
et encadré ! On ne vous « tuera » pas !
Bonne analyse
Pas gagné, le dernier mot revenant aux députés
Alors là je pense que certains députés vont être emmerdés, pour voter, car une majorité de français sont contre, et comme ils veulent garder leur poste ?? question » que vont ils trouver pour la parade » La gamelle toujours la gamelle ?? et la voiture de fontion + les girophare… (dixit macron)
Excellent M. FLorac !
Aussi, je propose un peu » d’infotaiment » mêlant vos sérieuses informations aux divertissants discours de notre Président qui utilise souvent le « en même temps « .
Prenons le au sérieux lorsqu’il propose un « Trésor pour les Finances françaises » :
l’euthaNazie des seniors qui coûtent si cher en retraites !
Après son indéniable succès avec l’I .V .G. sanctuarisée et celui de la reine de l’odieuvisuel Français qui réussit à se débarrasser des « mâles blancs de plus de 50 ans » dans son royaume, ne doutons plus du succès . Les dettes Françaises sont en bonne voie !
Il suffit de lire ses discours à l’envers pour en découvrir le sens caché :
» M. le président est très content de sa personne »< Lisons:
" Il est Tant con de sa personne"