Fin de vie : et si on demandait aux Français leur avis ?
« Avant l’été. » Les partisans de l’euthanasie, Yaël Braun-Pivet en tête, sont déterminés à faire adopter au plus vite la proposition de loi visant à légaliser « l’aide à mourir ». Pour cela, le calendrier parlementaire a été compressé. Le texte revient dès ce lundi 11 mai au Sénat pour être étudié en seconde lecture. Les membres de la chambre haute, qui ont pourtant déposé 700 amendements, ont seulement jusqu’à mercredi pour se prononcer. Face à ce rythme parlementaire effréné, Francis Szpiner, sénateur Les Républicains de Paris, appelle à prendre le temps de la réflexion. Sa proposition de loi visant à organiser un référendum pour « exclure de la notion de soin la provocation active de la mort » a recueilli le nombre de signatures nécessaires pour être examinée par le Conseil constitutionnel. « [Ce débat sur la fin de vie] ne saurait être tranché à la va-vite. […] On demande au Sénat de statuer en trois jours sur une réforme qui bouleverse la société française et son avenir. Cet enjeu de civilisation mérite un débat plus approfondi et doit faire l’objet d’une consultation des Français », explique-t-il, au Figaro.
Une procédure complexe mais pas impossible
Emmanuel Macron, lui-même, avait annoncé qu’il serait prêt à recourir au référendum si le texte sur la fin de vie faisait face à un « enlisement » au Parlement. Faute d’annonces de l’exécutif à ce sujet, Francis Szpiner a pris les choses en main. Déposée en avril dernier, sa proposition de loi visant à inscrire dans le Code de la santé publique que « la provocation active de la mort d’un patient ne peut être qualifiée ni de traitement, ni de thérapeutique, ni de soin » - autrement dit, empêcher que l’euthanasie puisse être assimilée à un acte médical - a recueilli 195 signatures de parlementaires. Le sénateur peut désormais transmettre officiellement son texte à Gérard Larcher, président du Sénat, qui l’enverra ensuite au Conseil constitutionnel.
À ce sujet — [POINT DE VUE] Euthanasie : à moins d’un miracle…
Les embûches sont encore nombreuses avant qu’un référendum ne soit organisé sur le sujet de la fin de vie. Mais pas insurmontables… Les sages de la rue Montpensier disposent alors d’un mois pour statuer sur la recevabilité de ce texte. Francis Szpiner se dit confiant. Selon lui, son texte, qui porte à la fois sur un sujet de société (le soin et non l'euthanasie directement) et sur le service public de la santé, respecte l’article 11 de la Constitution. Une fois l’aval du Conseil constitutionnel obtenu, le sénateur devra ensuite rassembler le soutien d’un dixième du corps électoral - soit près de 4,8 millions de signatures. À ce jour, aucun référendum d’initiative partagée n’a abouti… Mais faut-il pour autant ne pas tenter le coup sur un sujet aussi fondamental que la fin de vie ?
Emmanuel Macron avait promis de consulter les Français
Les partisans de l’euthanasie, persuadés par des enquêtes d’opinion biaisées qu’une « majorité de Français » est favorable à la légalisation de « l’aide à mourir », ne devraient pas s’opposer à ce qu’un référendum soit organisé sur le sujet. Et cela permettrait également à Emmanuel Macron de tenir l’une de ses promesses, à savoir consulter régulièrement les Français.
En Slovénie, au mois de novembre dernier, les électeurs ont été consultés sur la question et ont rejeté la légalisation du suicide assisté, lors d’un référendum. Preuve qu'une telle consultation populaire peut bien être organisée.
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39 commentaires
Sujet extrêmement délicat s’il en est. Perso, si, dans le grand âge, j’étais atteint d’une maladie qui n’en finissait pas de me consumer dans d’extrêmes souffrances, je souhaiterais qu’on y mette fin. Cependant, Il serait inquiétant de savoir que quelqu’un puisse décider un jour que, vu mon grand âge, j’avais suffisamment profité de ma retraite, et qu’il serait temps de laisser la place. Ceci
Perso je suis indécis. C’est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux fantoches qui nous gouvernent. Réfléchissons encore.
L »avis des Français ! Faudrait d’abord savoir si les Français existent ! à constater le résultat des urnes , et ce qui en découle, je doute de la capacité de ce qui est devenu ce peuple, de participer à une quelconque réflexion sur l’avenir de la France.
A EOLE…Tout à fait d’accord avec vous.
Faut arrêter cette pantomime, ces déclarations grandioses, ces grands principes moralisateurs…
La loi ne fera qu’officialliser ce qui se pratique couramment dans les hôpitaux ou les hépads par arrêt de traitements, administration de doses létales de calmants…
Que de tortionnaires adeptes de l’acharnement thérapeutique sur ce forum… que des gens qui pérorent doctement sur la souffrance mais qui n’ont jamais réellement côtoyé de malades au bout du rouleau sur lesquels les calmants les plus puissants n’ont plus d’effet et qui n’ont pour horizon que quelques jours ou semaines dans la douleur qui vous tient jour et nuit !
Zoiseau, entièrement d’accord avec vous.
Où en est l’affaire EPSTEIN?…
Malheureusement la France n’est pas la Slovénie. Il ne faut pas baisser les bras. Pour autant, je suis intimement convaincu que TOUS les moyens seront utilisés pour que ce référendum n’ait pas lieu. En 1975, nos élus ont mis le doigt dans l’engrenage et aujourd’hui la vie n’a plus aucune valeur dans notre pays.
Et le « Serment d’ Hippocrate »? Honte à l’ordre des médecins et aux médecins qui pratiquent ce genre d’exécution hors phase terminale en soins palliatifs et sous certaines conditions. Pas besoin de référendum!
Soyons certains que tout sera fait pour empêcher un débat non biaisé sur ce sujet d’importance majeure. Le parcours du combattant pour un referendum auprès des Français sera évidemment rendu le plus dificilement possible (le recours au referendum étant déjà rendu le plus ardu possible, aucun RIP n’ayant – et pour cause – eut lieu jusqu’à maintenant, mais nous sommes en démocratie). Et chiche que Macron – une fois n’est pas coutume – fera le contraire de ce qu’il avait promis.
Aider à mourir quelqu’un qui a toute son intégrité physique et n’est pas malade…avec des organes… greffable…
En employant des termes comme « eugénisme, industrie de la mort, meurtre assisté », on voit bien que les
adversaires d’une loi qui mettrait fin au débat leur fait énormément peur ! Mais : duralex, sed lex !
Allez voir les abus dans les pays ou cette indignité est autorisé, avant de critiquer
Vous devez avoir des tas d’exemples pour affirmer aussi péremptoirement…
Comment se fait-il que les opposants à la loi insinuent sans jamais donner de cas réels ?
Au Canada, un prêtre s est vu proposer l euthanasie alors que son état ne le demandait pas. Le personnel à même insisté. Cette homme était à juste titre outré. Voilà les dérives !
Que l on développe correctement les soins palliatifs et on verra après.
Et que se passerait-il si, quel que soit le résultat de ce référendum, le taux de participation était inférieur à celui des votants ?
Pas très claire votre intervention !
En général le taux de votants s’appelle le taux de participation…
Même un référendum peut être biaisé par la formulation de la question !
Nos dépités sauront-ils se mettre d’accord sur un texte neutre ?
Lorsqu’un gouvernement n’est même plus capable de décider si le premier mai doit tolérer des salariés au travail ou si contre l’avis de la majorité de la population on maintient un horaire hiver/été… comment pourrait-il trancher pour ce genre de questions ?
Il n’y a plus de pilote dans l’avion, la France erre sans gouvernail ni moteur au gré des courants, c’est la fin de notre société !
Même en cas de référendum, le résultat sera t’il appliqué ??