Le bateau France continue de sombrer et on attend toujours le capitaine qui donnera l’ordre de colmater les brèches et de mettre en marche les pompes de refoulement.

Je pleure de voir mon pays accepter avec résignation son naufrage dans la médiocrité, la paresse, la lâcheté et l'anarchie que le laxisme de nos dirigeants, de quelque bord qu'ils soient, laissent se développer depuis des dizaines d'années. Car, dans ce pays, la veulerie se drape dans la toge des bons sentiments. Ce qui ne nuit pas à notre propension à donner des leçons au monde entier, bien au contraire !

La France en agonie

À mon âge, il me reste la parole. Avec l'expérience qui m'a mis au contact des hommes toute ma vie active, je crois les connaître assez bien, avec leurs défauts, voire leurs tares, mais aussi leurs qualités. Il faut les éduquer, les instruire, les informer et les guider ; ce que depuis longtemps on ne fait plus guère ou mal. Mais je ne pense pas qu'il faille chercher à les changer. Tous ceux qui ont essayé, et essaient encore, ont échoué et n'ont réussi parfois qu'à réveiller en eux les pires instincts. Il faut accepter les hommes tels qu’ils sont. Et, surtout, ne pas oublier qu'hormis quelques êtres purs et désintéressés, la plupart agissent par intérêt : intérêt financier, souvent, mais pas seulement ; attirance voire passion pour un métier, pour leur pays ; désir d'aider autrui, intérêt amoureux ou simple souci d’assurer sa subsistance et celle de sa famille - ce qui n’est pas déshonorant. Ne pas oublier, non plus, que les enthousiasmes s'émoussent lorsqu'ils sont confrontés à l'incompréhension, à l'indifférence, à l'injustice voire au mépris et à la violence.

La connaissance des hommes et des réalités, c'est ce qui semble manquer à trop de nos personnages politiques chez qui priment la théorie et l'angélisme, bonté sans rapport avec la réalité, et trop souvent couvertures morales de la faiblesse quand ce n'est pas de la lâcheté pure et simple. Nous en avons continuellement des exemples.

Ce bilan est douloureux. La France est-elle déjà entrée en agonie, comme certains le craignent ? Quel espoir nous reste-t-il de vivre dans une France, évoluant avec son temps certes, mais fidèle à sa civilisation, et dans une certaine paix sociale ?

Je ne discerne pas, dans les gens qui nous gouvernent depuis longtemps, la lucidité de distinguer les dangers majeurs qui nous menacent : l’invasion islamique, qui porte en elle la disparition de notre civilisation puisque nous sommes impuissants à intégrer ses membres, et son corollaire l’insécurité, les excès de l'état moloch et des collectivités locales boulimiques dont le poids financier plombe les comptes de la nation et ceux des contribuables, la toute-puissance des syndicats et de la presse qui entraînent nos élus et nos responsables à tourner au gré des vents dominants comme des girouettes bien huilées.

L'urgence de renouer avec le courage et la sagesse

La sagesse de distinguer les urgences, les vrais problèmes, de différencier les individus (les bons, les récupérables et les méchants irrécupérables), de distinguer ce qui est réalisable maintenant de ce qui ne le sera que plus tard ou jamais peut-être. La générosité pour secourir les vraies détresses et pas les autres.

Le sens de la justice pour définir et appliquer des règles équitables à toutes les catégories de Français, en fonction de leurs mérites et pas seulement en fonction de leur poids électoral et de leur capacité de nuisance. Pour qu'il y ait aussi un intérêt à être Français en France.

La modestie afin que l'on cesse de donner au monde cette image de peuple hâbleur, prétentieux et donneur de leçons alors que notre propre maison, dont l’influence périclite sans que nous en prenions conscience, n'est pas si bien tenue que cela. Le courage de prendre toutes les décisions qui s'imposent, fussent-elles impopulaires ; pour le bien de la collectivité nationale d'aujourd'hui et surtout de celle de demain. La fierté, l'élan, l'aura nécessaires pour redonner aux Français le réflexe de vivre debout, de cesser de penser qu'ils n'ont jamais rien fait de bien et doivent indéfiniment expier les supposées fautes du passé.

Peut-être suis-je en train de rêver. Il faudrait des hommes nouveaux, animés d'un esprit nouveau, et les déceptions accumulées montrent hélas que nous ne les avons pas encore trouvés.

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04 septembre 2023 à 17:15

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52 commentaires

  1. Je ne suis pas militaire mais je suis d’accord sur chacun de vos mots. Hélas, nous sommes mal embarqués et l’avenir est sombre, les valeurs et les vertus d’hier étant aujourd’hui considérées comme des tares et des insultes.

  2. Je partage entièrement votre pensée. Il ne me reste même plus la parole puisque je ne suis plus écouté depuis longtemps. Je dirai même que je dérange… Des hommes sains d’esprit il doit bien y en avoir quelque part encore. S’ils arrivaient aux affaires, encore faudrait-il que chacun se prenne en main, en entière responsabilité d’être soi-même et attentif aux autres. Je suis pessimiste au possible, cela ne se fera pas. Trop de mauvaises intentions parcourent cette société qui est véritablement à l’agonie. Derniers sursauts des anciens qui pensent encore un peu, derniers soubresauts des nouveaux qui veulent bien faire, derniers spasmes d’un corps qui meurt.

    1. Vous rêvez MarieO, l’armée est là pour défendre et protéger un pays et son âme. Mais elle n’est pas faite pour changer les âmes elles mêmes et les individus. Un ancien Sous-officier.

  3. Bien sur la France va agoniser vu l’incapacité de nos élites à défendre notre pays contre cet invasion.

  4. Bonjour, les coups d’état en Afrique ça existe, alors pourquoi pas un bon coup d’état en France et mettre et raser cette fourmilière de nuisibles

  5. Bravo excellent article et oui nous avons besoin , et très vite , d’ hommes et de femmes qui ont à coeur de redonner à ce pays sa gloire d’antan , sa culture et le respect de son patrimoine et ses racines , reprendre le contrôle de son savoir faire et de son énergie , un pays ou l’on peut se promener en toute sécurité . Quand le peuple l’aura compris c’est en masse dans les urnes qu’il faudra regagner ce pays et ça c’est pas gagné .

    1. « Quand le peuple l’aura compris » rassurez moi chère Yolande vous y croyez réellement ou c’est un rêve?

  6. Malheureusement, nous en sommes redus aux soins palliatifs, à part un miracle comme on n’en fait pas tous les jours à Lourdes, je pense qu’à moyen terme ( une vingtaine d’années), il y aura un minaret sur l’Élysée, c’est mathématique. Nous sommes majoritairement des lâches, et continuerons à élire ou laisser élire, des gens qui nous ressemblent. Aucune chance de salut, avec des partis dits « républicains » au pouvoir qui seraient, si tant est qu’ils auraient envie de faire quelque chose, freinés par les lois françaises, européennes et des nations unies.

  7. Général, quelques « hommes nouveaux » sont sortis de l’ombre ces dernières années pour la vraie droite.
    S’il vous plait, soyez réaliste et objectif jusqu’au bout de votre propos. Ne soyez pas aveugle comme la bien-pensance que vous ridiculisez à juste titre. Tous les politiques sans exception qui ont dirigé la France l’ont conduite là où elle en est aujourd’hui. Donnons leur donc leur chance et donnons la à la France, de leur confier le pouvoir.
    Ils traiteront fermement la souveraineté nationale, la catastrophe migratoire, le pouvoir sera rendu aux Forces de l’Ordre pour la Sécurité, la Justice condamnera les coupables et les isolera de la Société, et l’Ecole sera corrigée et redressée.
    SVP, Général, ne jetez pas le manche avec la cognée. Persévérez dans les lourdes responsabilités qui vous ont été confiées !

    1. Je me permets de répondre avant le Général peut-être. Vous parlez d’hommes nouveaux, soit. Mais ils ne sont pas unis. Pour les prochaines élections « européennes », ils iront en ordre dispersé, alors qu’il faudrait, pour l’occasion, former un bloc qui, à coup sûr, l’emporterait. Ce serait un premier pas. Mais cela ne se fera pas, et nous perdrons, encore et encore…

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