Très attendu, le futur débat Mélenchon-Bardella ne fait pas peur au RN

L'insoumis veut « faire la leçon » au « chenapan » patriote. « Bardella a déjà pas mal de scalps dans sa besace », répond Julien Odoul.
bardella mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, qui concourt désormais pour une quatrième élection présidentielle, fanfaronne, ce 7 mai, à Marseille. Celui qui apparaît dans les derniers sondages comme la personnalité politique la moins populaire auprès des Français se voit pousser des ailes, à un an de l’échéance fatidique.

« Cette fois-ci, j’arrive le premier, nous allons tous les battre » lance, bravache, le leader insoumis, lors d’une réunion publique, aux côtés de Manuel Bompard et de Clémence Guetté. Et de surenchérir : « Vous verrez ce que vous verrez, le Bardella, il se défilera. Quand il va arriver au deuxième tour, il ne voudra pas débattre. » Jean-Luc Mélenchon bombe le torse et prévient celui qu’il appelle « le fasciste » : « Si jamais il vient, je vais lui faire la leçon, comme à un chenapan. »

« Jordan Bardella n’a pas peur des débats, il y est préparé, il s’y prépare. » Au RN, les rodomontades de Jean-Luc Mélenchon n’effraient pas. « Il y a beaucoup à dire et ce sera dit face à lui », souligne Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national. Contacté par Boulevard Voltaire, le député de l’Yonne relativise l’aura dont bénéficie le leader insoumis en matière de débat. « Jean-Luc Mélenchon est bon quand il n’a pas de contradiction, quand on ne le pousse pas dans ses retranchements, il n’est jamais mis en difficulté sur ses déclarations, son programme. »

Les « scalps » de l'un

Au RN, la confiance règne. « Il n’est pas un adversaire coriace, veut croire un député RN interrogé par BV, c’est quelqu’un qui ne respecte pas les règles démocratiques, prône la révolution, met sans cesse de l’huile sur le feu. » « Il ne suffit pas de faire des beaux gestes ; son programme sera une catastrophe et ce sera très facile de le démontrer dans un débat », poursuit le parlementaire. « Monsieur Mélenchon trouvera le seul véritable adversaire face à son projet de déconstruction de la France », assure, pour sa part, l’eurodéputé RN Gilles Pennelle. « En matière de débat, Jordan Bardella a déjà pas mal de scalps dans sa besace », s’amuse Julien Odoul, serein.

Le président du RN n’a pas manqué de réagir, sur les réseaux, aux propos du leader insoumis en rafraîchissant sa mémoire, visiblement sélective. Jordan Bardella n’a pas oublié qu’il y a deux ans, dans l’entre-deux-tours des législatives anticipées provoquées par la dissolution d’Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon s’est soigneusement défilé pour le débat auquel le « futur Premier ministre », en cas de majorité RN, l’invitait. Au lendemain du premier tour, le président du RN proposait à l’ancien sénateur de l’Essonne une confrontation en invitant la tête de file du Nouveau Front populaire à « sortir de l’ambiguïté ». « Je souhaite débattre projet contre projet avec une alliance qui représente un péril existentiel pour la nation française », déclarait le président du RN, porté par une vague bleue marine.

La peur de l'autre

Pirouette du candidat insoumis, pourtant d’accord sur le principe. « Monsieur Bardella a raison, il y a besoin d’un débat entre les deux projets pour les Français », admettait-il, se défaussant aussitôt sur les autres têtes de file insoumises. Il invitait son concurrent à solliciter Manuel Bompard, Mathilde Panot ou Clémence Guetté. Tous les responsables d’extrême gauche volaient alors au secours de leur mentor sur les plateaux télévisés. La députée Danièle Obono expliquait qu’un tel débat entre les deux hommes n’avait « absolument pas lieu d’être », quand la députée écologiste Sandrine Rousseau jouait les vierges effarouchées : « À quel moment [Jordan Bardella] choisit avec qui il débat ? » « Il sait très bien que nous sommes les seuls adversaires à sa taille. Dans la réalité, Jean-Luc Mélenchon nous craint énormément, interprète, auprès de BV, un cadre du parti. Nous n’avons jamais renoncé à un débat. »

Au RN, on rappelle néanmoins que, pour le moment, le candidat patriote n’est pas désigné. Le parti à la flamme attend fébrilement la sentence que le tribunal prononcera en juillet à l’endroit de Marine Le Pen. D'ici là, la formation politique insiste sur le travail des idées. « Avant les débats, il y aura le temps de la présentation des projets, des visions pour la France », souligne Julien Odoul. « Nous, on travaille sur notre projet ! », cingle Gilles Pennelle, loin des « élucubrations, sautes d’humeur ou coups médiatiques de nos adversaires ». Chaque chose en son temps, en somme. Sans oublier, toutefois, qu'il faut partir à point.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

2 commentaires

  1. Si c ‘est bardella il a bien sûr intérêt a travailler le fond..mais ce n’est pas le plus compliqué..sûr la forme,il faut qu’il comprenne qu’il sera rabaisse,insulte,traite de » facho raciste » et que melanchon soit agressif ,vulgaire,et fasse des petits bruits pour faire le buzz chez ses invités aussi minables que lui.( on a vu ca avec E.zemmour qui croyait avoir juste un débat d’idées.avec un voyou. a tort.. ..ne pas avoir peur frapper le 1er et jusqu’au ko..c’es ca qu’on apprenait dans ma banlieue a moi ..!

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