[POINT DE VUE] Anasse Kazib candidat à la présidentielle : nouvelle France et vieux trotskistes

Encore un recyclage, avec cette candidature insignifiante et inutile, dans le coin le plus soviétique de l’échiquier.
Anasse Kazib
La Voce delle Lotte, CC BY 3.0 , via Wikimedia Commons

On a beau se dire, à raison, que le visage de la France a dramatiquement changé, on est toujours surpris de constater, comme par un navrant paradoxe, que le paysage politique, lui, ressemble à ces fleurs artificielles que l’on trouve chez certaines personnes âgées solitaires : l’entropie prend possession des lieux, tout se délite, les provisions moisissent dans le frigo, mais le bouquet reste là, avec sa terrifiante fixité et sa perpétuelle nouveauté en plastique, vulgaire, désincarnée. Ainsi en est-il des gauchistes, et de celui qui a déclaré, lundi 1er juin, qu’il voulait, comme d’autres, porter leurs couleurs pour 2027 : Anasse Kazib.

Un syndicaliste qui coche toutes les cases

Né en 1987, le syndicaliste a tous les sacrements nécessaires à une évolution sereine, et même glorieuse, dans les sphères communistes. Cheminot à la gare du Bourget, fils d’un cheminot venu du Maroc (d’Essaouira, plus précisément, qui fut jadis Mogador), installé en banlieue et militant de SUD Rail depuis son entrée dans la carrière, l’homme coche toutes les cases. Converti au trotskisme en 2016, il rejoint le Courant communiste révolutionnaire, frange gauchiste du Nouveau Parti anticapitaliste, lui-même issu de la Ligue communiste révolutionnaire. Comme le dit une vieille blague de gauche, « un trotskiste, c'est un parti ; deux trotskistes, c'est une tendance ; trois trotskistes, c'est une scission ».

En 2022, Anasse Kazib, encouragé par son relatif succès sur RMC et son intervention pendant la crise des gilets jaunes, avait essayé de recueillir le nombre de parrainages suffisants pour se présenter à l’élection présidentielle sous les couleurs de Révolution permanente, une scission (décidément !) du NPA : il en avait recueilli 160. En 2024, il s’était présenté à la députation en Seine-Saint-Denis : il avait fait moins de 4 %. Il faut ici lui reconnaître une certaine opiniâtreté. Cette fois, il semble tout aussi convaincu que les précédentes. Alors, bon courage.

À quoi bon ?

Mais, au juste, quel créneau entend-il occuper ? L’anticapitalisme pur et dur ? Il y a déjà Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (une autre scission trotskiste), il y aura peut-être Philippe Poutou (ou équivalent) pour le NPA, il y a déjà Jean-Luc Mélenchon pour LFI. Chacun incarne un pan de la candidature Kazib, qui jouera probablement à la fois sur le créneau trotskard de stricte observance et, « en même temps », sur celui de la nouvelle France chère au leader insoumis. S’il entend réactiver le théâtre antifasciste, il y aura tout ce qu’il faut entre les deux tours, qu’il soit là ou non, et que ce soit dans le champ politique ou dans les médias. Alors, à quoi bon ?

Anasse Kazib n’aura probablement pas ses signatures. Il s’en plaindra, comme la dernière fois. Et le monde continuera de tourner. Décidément, les gauchistes sont amusants : tous les dix ans, ils prétendent réinventer la politique, mais ils se contentent de remettre une couche de peinture, généralement rouge (à l’occasion verte), sur des décors de théâtre usés jusqu’à la corde. Ainsi d’Anasse Kazib, qui se trouve sans doute incroyablement original mais ne fait que recycler, avec une candidature insignifiante et inutile, dans le coin le plus soviétique de l’échiquier – déjà étonnamment encombré pour un pays développé –, les concepts les plus éculés du non regretté Léon Trotski. Qu’on ne dise pas à M. Kazib, qui soutient inconditionnellement la Palestine et flirte, comme ses amis, avec l’antisémitisme le plus méprisable, que Marx, Lénine et Trotski étaient juifs : il ne s’en remettrait pas.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Le français ne se sent pas concerné. C’est une grave erreur. Mais il devrait savoir que c’est la démocratie imaginaire dans laquelle il évolue qui sera cause de son malheur final. C’est en autorisant l’existence de candidats de ce type ou de partis comme LFI qu’elle s’auto détruit.

  2. Haaa..la France..quel beau pays où la planète entière peut en faire ce qu’elle veut…sauf les Fdesouche !

  3. Cette candidature montre à quel point nous ont amenés 50 ans de socialisme et associés.
    Pauvre France

  4. Le problème n’est pas qu’il se présente mais bien qu’il puisse se présenter. Ce qui me fait dire que les fleurs artificielles évoquées dans l’article comme représentant la permanence indélébile, ne le sont plus tant que cela. Peut être dans l’idéologie mais plus dans ses représentants. Et si ce type n’a aucune chance, d’autres l’ont eu dans d’autres instances, maillons d’une chaîne qui s’étend inexorablement dans un pays qui continue à considérer que tout se vaut.

  5. Trotskiste peut être en souvenir de papa , mais ne vous faites pas d’illusions si la mayonnaise prend il sera très vite. Trotskiste islamiste, pour finir seulement islamiste , et l’on sait de se qu’il adviendra des camarades , pour l’instant eux ne le savent pas chut laissons les deviner !

  6. ces non- Français ne devraient pas être autorisés à se présenter aux élections que ce soit municipales ou aux plus hautes fonctions , ces gens n’aiment pas la France.

  7. Bienvenu à lui.
    Pourquoi donc cette hargne sotte à son encontre qui déborde de tous côtés de cet article ?
    Toute société a besoin de contestataires pour l’aider à identifier ses grandes faiblesses. Le fait qu’il soit classé gauchiste ou droitiste ou avec toute autre étiquette par les conventions d’usage dominantes du moment est en réalité secondaire. Qui pourrait en effet soutenir sérieusement et rigoureusement que notre modèle de société est pérenne, ainsi que celui de l’ordre mondial ? Personne en vérité !

    • Vous avez raison, en plus il a une tête bien sympathique et on sent bien qu’il n’a pas derrière lui l’islam et le terrorisme, votez pour lui et attendez les résultats…

  8. Ça c’est un culot démesuré!!! Je rage et je boue ce matin!!! Pour qui ils se prennent ? Nature le mec ce prend pour le président… Non content de les voir partout, voilà que ça brigue la présidence…je n’en peux plus du droit du sol. Faut faire sauter cette loi Mitterandienne immonde, pratiquement aucun pays ne l’a en Europe!

  9. Cette course à la présidentielle devient la foire d’empogne de la république bananiere du Frankistan. Nous sommes déjà devenus la risée mondiale là nous allons toucher le fond.

  10. Ce qui m’étonne, c’est qu’il a réussi à décrocher 160 signatures en 2022. Je pense qu’il a été voir ces signataires lors d’un apéro tardif.

    • Comme il a été syndicaliste, on peut espérer qu’il a effleuré le monde de l’entreprise … C’est toujours mieux qu’Attal, si on y réfléchit !

  11. Les binationaux ne devrait pas pouvoir accéder aux fonctions électives et fonctionnariat.
    Dans leurs pays d’origine, un binational doit renoncer a sa 2ème nationalité pour être élu

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