[POINT DE VUE] Anasse Kazib candidat à la présidentielle : nouvelle France et vieux trotskistes
On a beau se dire, à raison, que le visage de la France a dramatiquement changé, on est toujours surpris de constater, comme par un navrant paradoxe, que le paysage politique, lui, ressemble à ces fleurs artificielles que l’on trouve chez certaines personnes âgées solitaires : l’entropie prend possession des lieux, tout se délite, les provisions moisissent dans le frigo, mais le bouquet reste là, avec sa terrifiante fixité et sa perpétuelle nouveauté en plastique, vulgaire, désincarnée. Ainsi en est-il des gauchistes, et de celui qui a déclaré, lundi 1er juin, qu’il voulait, comme d’autres, porter leurs couleurs pour 2027 : Anasse Kazib.
Un syndicaliste qui coche toutes les cases
Né en 1987, le syndicaliste a tous les sacrements nécessaires à une évolution sereine, et même glorieuse, dans les sphères communistes. Cheminot à la gare du Bourget, fils d’un cheminot venu du Maroc (d’Essaouira, plus précisément, qui fut jadis Mogador), installé en banlieue et militant de SUD Rail depuis son entrée dans la carrière, l’homme coche toutes les cases. Converti au trotskisme en 2016, il rejoint le Courant communiste révolutionnaire, frange gauchiste du Nouveau Parti anticapitaliste, lui-même issu de la Ligue communiste révolutionnaire. Comme le dit une vieille blague de gauche, « un trotskiste, c'est un parti ; deux trotskistes, c'est une tendance ; trois trotskistes, c'est une scission ».
En 2022, Anasse Kazib, encouragé par son relatif succès sur RMC et son intervention pendant la crise des gilets jaunes, avait essayé de recueillir le nombre de parrainages suffisants pour se présenter à l’élection présidentielle sous les couleurs de Révolution permanente, une scission (décidément !) du NPA : il en avait recueilli 160. En 2024, il s’était présenté à la députation en Seine-Saint-Denis : il avait fait moins de 4 %. Il faut ici lui reconnaître une certaine opiniâtreté. Cette fois, il semble tout aussi convaincu que les précédentes. Alors, bon courage.
À quoi bon ?
Mais, au juste, quel créneau entend-il occuper ? L’anticapitalisme pur et dur ? Il y a déjà Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (une autre scission trotskiste), il y aura peut-être Philippe Poutou (ou équivalent) pour le NPA, il y a déjà Jean-Luc Mélenchon pour LFI. Chacun incarne un pan de la candidature Kazib, qui jouera probablement à la fois sur le créneau trotskard de stricte observance et, « en même temps », sur celui de la nouvelle France chère au leader insoumis. S’il entend réactiver le théâtre antifasciste, il y aura tout ce qu’il faut entre les deux tours, qu’il soit là ou non, et que ce soit dans le champ politique ou dans les médias. Alors, à quoi bon ?
Anasse Kazib n’aura probablement pas ses signatures. Il s’en plaindra, comme la dernière fois. Et le monde continuera de tourner. Décidément, les gauchistes sont amusants : tous les dix ans, ils prétendent réinventer la politique, mais ils se contentent de remettre une couche de peinture, généralement rouge (à l’occasion verte), sur des décors de théâtre usés jusqu’à la corde. Ainsi d’Anasse Kazib, qui se trouve sans doute incroyablement original mais ne fait que recycler, avec une candidature insignifiante et inutile, dans le coin le plus soviétique de l’échiquier – déjà étonnamment encombré pour un pays développé –, les concepts les plus éculés du non regretté Léon Trotski. Qu’on ne dise pas à M. Kazib, qui soutient inconditionnellement la Palestine et flirte, comme ses amis, avec l’antisémitisme le plus méprisable, que Marx, Lénine et Trotski étaient juifs : il ne s’en remettrait pas.
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51 commentaires
Grassement nourrit au sein de nos billets sncf !!!
On ne s’étonnera plus de la chèreté délirante des billets
Il n’espère en aucune manière d’être élus bien sure même pas que sa campagne présidentiel soit remboursé, le but de se présenter est tout simplement sa représentativité politiquo-publique.
Quand je vois tout cela je finis par me dire que je suis content d’être vieux et d’avoir connu les 30 glorieuses ,époque où la voix de la France à travers le Général ,portait dans le monde entier !! Lâcheté ou désespoir ?? Je ne sais pas !!
Lors des …..30 glorieuses, la population travaillait, ne connaissait pas les RTT et toutes les fadaises qui permettent d’en faire le moins possible, pourquoi ne pas mette en place un ministère de …..l’assistanat, l’heureux porteur de cette réforme hautement progressiste aurait toutes les chances d’être le …..nouveau président.
En attendant Macron n’a toujours pas fixé la date des élections. Et lors de ses vœux il avait annoncé qu’il serait attentif aux influences étrangères… Il y a comme un parfum de Roumanie ?
Il relis la constitution pour l’instant ! … Bientôt il arrivera au n°16 ! …
Très bonne idée, ainsi toute cette fange gauchiste n’atteindra pas les 5% qui leurs permettrait d’être remboursé des frais de campagne.
Qu’il se présente, ce sera quelques milliers de voix en moins pour Mélanchon et une piqure de rappel pour ceux qui ne voient toujours pas le délitement annoncé de la France !!
D’origine marocaine par ses parents; il a sans doute, en plus, la double nationalité.
La nationalité marocaine se transmet par le droit du sang.
Les français ayant un parent marocain.
Sont tous binationaux.
Seul le roi peut leur retirer la nationalité marocaine.
Le « Droit » ça se change ! … Sinon il y a « le gauche » ! …
Tant mieux s’il y a un tas de petits gauchistes candidats, cela va émietter les votes de gauche et les priver de présence au second tour, on a le droit de rêver
Marx et Trotski…certes ! En ce qui concerne Lénine, la judaïté est moins…évidente (fils d’un anobli récent, la noblesse ne protégeant manifestement pas de certains errements, cf. Bakounine, voire…Tolstoï) !
Un Mélanchon bis ?
Une première en France !
On aura tout vu et entendu !
Un cheminot qui veut travailler 24_24, 365/365, 366 les années bissextiles, le turbin d’un président de la République !
Et ben voilà le « sauveur » que la FRANCE attendait !
Comme quoi tout n’est pas perdu pour MACRON qui représente peut-être encore une « tendance finalement…Une carrière à venir pour devenir le « mozart » des cheminots et du rail, qui plus est syndicaliste s’il le souhaite….!
Lui, je l’imagine plus à Fresnes qu’à l’Élysée même si son locataire actuel n’y ferait pas tache.
Aucune chance certes mais le train avance.
Oui le train avance, le maire de Londres est musulman alors, en plus du communisme, pourquoi pas un président musulman en France. Tout peut arriver avec une France qui se targue d’être laïc, le meilleur moyen de se fermer toute possibilités de défense face à l’islam. Le seul moyen de se battre contre cette plaie c’est de s’affirmer nation chrétienne et pour cela le roi catholique est le meilleur rempart.
N’oublions jamais nos racines.