Chacun se souvient du discours de Félix, dans l’inoubliable Père Noël est une ordure, à qui Zézette reprochait de l’avoir frappée. Évoquant de petites disputes d’amitié, il parait le reproche à sa manière : « Ça ne vous est jamais arrivé de frapper votre femme, vous ? – Si, mais jamais à coup de fer à souder ! – C’est que vous n’êtes pas bricoleur, c’est tout ! »

Désormais, frapper sa femme, y compris au point de lui faire faire une fausse couche, pourrait se justifier de deux manières. Soit parce qu’on parle mal français et qu’on a besoin d’un traducteur devant le tribunal. Soit parce qu’ensuite, on est allé voir l’imam qui nous a conseillé, pour repartir d’un bon pied (dans le ventre).

Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc a condamné un homme à huit mois de prison avec sursis pour avoir violemment pris à partie, à plusieurs reprises, son épouse. Originaire de Guyane, le jeune couple installé en Bretagne ne se supportait plus. La routine, en quelque sorte. Sauf que l’homme est violent. Le 31 août, une voisine, alertée par les hurlements de la femme, appelle les pompiers. Ils y découvrent « un champ de bataille et le visage ensanglanté de la femme gisant sur le sol, immédiatement dirigée vers l’hôpital ». Elle perd son bébé suite à une fausse couche, souffre de contusions cervicales suite à une tentative d’égorgement ainsi que d’une entorse et de multiples ecchymoses sur le corps.

De quoi, en pleine campagne féministe contre les violences faites aux femmes, justifier une peine exemplaire. Sauf que Marlène Schiappa n’en a pas parlé. Ni les habituelles ligues de vertu. Ni les avocats spécialisés dans les droits des victimes. La routine, quoi…

Pour sa défense, l’homme a eu un propos imparable : « On a été voir l’imam, qui nous a bien conseillés, j’aime ma femme. » Et celle-ci confirme : « D’accord pour qu’on recommence sur de bonnes bases. » Est-ce parce que le procureur a été touché par tant de sincérité et de contrition qu’il a proposé de limiter la peine à 8 mois avec sursis ?

Voilà, sans doute, de quoi désengorger nos prisons. Amis lecteurs, le jour où l’idée vous passera par la tête, battez votre femme autant qu’il vous plaira, mais ensuite, allez voir l’imam. Ou le rabbin, ou le curé. Expliquez-lui que vous avez dérapé, recevez son absolution, repartez sur de bonnes bases et expliquez tout cela au tribunal. Avec un peu de chance… Les tribunaux français sont très sensibles à l’absolution spirituelle, voire au secret de la confession pour les catholiques.

Et c’est comme ça que la Justice se livre peu à peu à l’interprétation coranique du droit pénal. On pourra toujours pleurer lorsque des tribunaux islamiques exerceront une justice réservée. Mais il sera trop tard.

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