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Editoriaux - Société - 25 novembre 2019

Violences faites aux femmes : tout le monde est contre. Évidemment…

Moi, je suis contre la violence. Toutes les violences. Et d’abord celles contre les femmes, puisque j’appartiens à l’espèce en disparition des mâles blancs qui tiennent leurs compagnes comme plus faibles physiquement. Une déformation professionnelle, sans doute…

Or, il paraît que ce qu’il est désormais convenu d’appeler féminicide serait, cette année, en augmentation, ce qui ne peut qu’inquiéter toute âme bien née. Mais les statistiques, on le sait, sont comme les réverbères pour les ivrognes : elles soutiennent plus qu’elles n’éclairent. Les unes prennent en compte les couples officiels, ce qui, dans la France d’aujourd’hui, doit rassembler les gens passés devant M. le maire ou l’imam, les PACSés et les « concubins notoires », comme disent les rapports de gendarmerie. Les autres sont étendues aux couples « occasionnels », aux « sex-friends », voire – horresco referens – aux « coups d’un soir », ce qui fait déjà plus de monde. Mais à la lumière de cette définition, quand Mireille Knoll est assassinée au cri de « Allah Akbar », ce n’est pas un féminicide.

Quoique toujours trop élevé, leur nombre, oscillant selon les années entre 100 et 150, est-il statistiquement suffisant pour dégager l’évolution tendancielle à la hausse dont on veut nous convaincre ? Auquel cas, les 50.000 manifestants contre les violences sexistes et sexuelles de samedi feraient bien d’en rechercher la cause, et pour une fois, il sera difficile d’impliquer le changement climatique.

Pour Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’égalité jusqu’en juin dernier, cette violence est la suite logique du sexisme ordinaire, « idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes » : Et pour cette institution, le sexisme serait déjà dans les gaudrioles dévalorisantes, qu’il conviendrait de pénaliser au même titre que le racisme. Voyez les commentaires des Dernières Nouvelles d’Alsace sur la récente épreuve de culture générale des impétrantes Miss France : « Marlène Schiappa s’est ainsi retrouvée au Panthéon à la place de Simone Veil, quand Teddy Riner devenait l’époux de Beyoncé. Napoléon a, lui, fini sa vie un peu partout dans le monde, sauf sur l’île de Sainte-Hélène. » Attention, les DNA, on commence par une petite blague sur les blondes et on finit comme Fourniret !

Mais quelle frange de notre population considère-t-elle vraiment les femmes comme des êtres ontologiquement inférieurs ? C’est peut-être la question que s’est posée le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis dès 2002 en créant le premier Observatoire départemental des violences envers les femmes du pays. On se demande bien pourquoi le besoin s’y faisait particulièrement sentir.

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