Seulement 11 % des Sud-Africains sont vaccinés. Les hommes, en particulier, fuient la seringue. « Après vous, je n’en ferai rien. » D’une galanterie à toute épreuve.

Pour en finir avec cette désaffection masculine, la poétesse actrice Lebogang Mashile a appelé ses concitoyennes à une du sexe. Consigne relayée immédiatement par l’animatrice Pabi Moloi sous le hashtag #NoVaxNoSex. Pas de vaccin, pas de sexe ! Aucune négociation possible. Le mâle en rut sans QR code repartira comme il est venu. En proie à un désir trop voyant, il se rendra dans le centre de vaccination le plus proche. Dans la file réservée aux « urgences ». Sexes pointés vers le ciel, des bataillons de tireurs d’élite mis au technique attendront leur tour au son de la chanson de Georges Brassens : « Quand je pense à Fernande », je me vaccine… » Un hymne repris en chœur dans tout le pays : « Quand j’pense à Félicie, je me vaccine aussi… »

Hélas, lors du retour auprès de sa belle, la déception du prétendant sera grande. Madame exigera une deuxième dose. Jamais contente. Encore un bon mois d’attente avant les délices charnels tant attendus… Et l’éconduit provisoire de tournoyer sous le balcon de sa promise, mandoline en main, pour une reprise quotidienne de son ode à Fernande. Un calvaire.

Quelques semaines plus tard, sous le baraquement médical, épouses et maîtresses attendront les héros pour un repos du vacciné bien mérité. Immédiatement reconnu grâce au QR code imprimé sur son préservatif, l’amant volage papillonnera de conquête en conquête tandis que le mari fidèle présentera le à son épouse qui lui répondra : « Pas ce soir, j’ai la migraine. »

La lanceuse de mobilisation féminine rappelle le peu d’entrain des hommes lors des ravages causés par le SIDA : « Pendant des années, les statistiques sur le VIH en du Sud concernant les hommes ont été largement basées sur le dépistage des femmes. » A-t-elle enfin trouvé le remède ?

Déjà une voix dissonante féminine s’insurge contre ce chantage sexuel. « Pourquoi la charge des hommes de se comporter en êtres humains responsables incomberait-elle aux femmes ? » déclare une journaliste locale. Dilemme. Dans les chambres à coucher, des drames cornéliens se nouent. Céder à l’amant insistant et profiter des ébats sexuels pour le vacciner à son insu ou lui refuser tout accès sous peine d’une amende à 135 euros convertie en ZAR, la monnaie du pays… Ce qui nous donne : « Attends, chéri, je fais la conversion sur ma calculette… » L’ du Sud n’est pas à l’abri d’une pandémie de divorces.

21 août 2021

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