« Violent, autoritaire et querelleur », selon les experts, le personnage était assurément peu sympathique, mais était-ce une raison pour le laisser mourir derrière les barreaux à… 90 ans ? Il y a six ans, en effet, le « papy flingueur de Bugey », comme l’avait surnommé la presse, avait, pour une sombre histoire de conflit de propriété autour d’une cahute, blessé sérieusement son voisin d’un coup de fusil.

Verdict prononcé en 2017 : dix ans ferme pour tentative de meurtre, que son avocat avait bon espoir d’écourter ces jours-ci pour raisons médicales. Trop tard !

S’il est permis de penser qu’une récidive du papy était peu à craindre, ce n’est pas le cas des 10.000 autres détenus récemment remis dans la nature sous prétexte d’épidémie.

Par exemple l’agresseur, fin 2016, du jeune Marin, lui victime handicapée à vie, libéré à moins de la moitié de sa peine de sept ans et demi de prison. Il est vrai que cet ange de douceur n’a fait l’objet que d’une quinzaine de sanctions disciplinaires depuis le début de son incarcération…

Il paraît qu’il est interdit de commenter les décisions de justice. Serait-ce parce qu’effectivement, beaucoup se passent de commentaires ?

Qu’il doit être agréable à un jury d’assises, forcé d’interrompre toute activité professionnelle pendant des semaines, de délibérer pendant des heures sur les peines à infliger « au nom du peuple français », d’apprendre qu’un juge d’application des peines a détricoté en solitaire tout son travail au nom de la réinsertion, de la bonne conduite ou de la surpopulation carcérale ! Sans qu’un seul JAP n’ait, à notre connaissance, eu à rendre des comptes…

J’ai eu le bonheur d’exercer une profession où chacun de mes actes chirurgicaux, en plus de la cinquantaine de signatures que j’apposais quotidiennement, engageait ma responsabilité pénale pour dix ans, la civile pour trente et l’ordinale à vie. George Bernard Shaw disait ainsi que les architectes cachaient leurs erreurs sous du lierre, les médecins sous la terre et les maîtresses de maison sous la mayonnaise…

Mais où donc les magistrats cachent-ils les leurs ?

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