Editoriaux - Environnement - Politique - Société - 13 juillet 2019

Optimisme béat de Najat Vallaud-Belkacem contre noir pessimisme d’Yves Cochet

Dans la vie, on rencontre souvent des extrêmes comme les béats optimistes et les indécrottables pessimistes. En politique aussi. Prenez Najat Vallaud-Belkacem et Yves Cochet, par exemple : l’une prédit, d’ici trente ans, une société radieuse, l’autre annonce, d’ici cinq, dix ou quinze ans, la fin du monde.

L’ex-Président qui se déplaçait à scooter à la nuit tombée écrivait d’elle (dans Un Président ne devrait pas dire ça…) qu’elle était « bonne ». Et « très forte en langue de bois ». Depuis qu’elle occupe le prestigieux poste de directrice générale Global Affairs chez Ipsos, mais aussi celui de directrice de collection chez Fayard – ce qui lui laisse encore le loisir d’enseigner à Sciences Po Paris -, l’ex-ministre de l’Éducation nationale, parachutée dans la stratosphère, semble avoir des visions. Ou plutôt des visualisations.

Quand « [elle] se plonge dans 2049 (ce qu’elle expliquait lors d’une table ronde organisée par L’Obs en juillet), ce [qu’elle] visualise, ce qui est au pouvoir, c’est la génération qui aujourd’hui sort les vendredis pour manifester sur le climat ». Selon elle, c’est même « du jamais-vu d’avoir ce niveau de prise de conscience sur la question écologique, mais aussi sur la question de l’égalité hommes-femmes, sur les inégalités sociales ». Ce n’est pas comme si les socialistes égalitaristes n’avaient, depuis des décennies, jamais été au pouvoir…

Et cela, grâce à qui ? À « Greta Thunberg et compagnie », la génération qui « sera aux manettes » en 2049. Enthousiasmant ! Et puis, pourquoi 2049, d’abord ? Elle a vu l’année en songe ? Dans une boule de cristal ? Allez savoir… Ah, ces jeunes qui « sincèrement [l’] estomaquent » par « la qualité de leur réflexion » ! Y a pas à dire, ça valait le coup de ne pas ménager ses efforts ! Najat se garde bien de le dire de cette façon, mais la propagande, ça marche ! Normal, pour celle que Hollande décrivait aussi comme « très formatée ».

Donc, l’important, en janvier 2049 – et une précision de plus ! -, c’est que cette génération à qui l’on vante pourtant la mobilité, qui voyage sans états d’âme aux quatre coins du monde, aura « réussi à stabiliser un fonctionnement de la démocratie » (?) ou encore créé une « société vivante qui aura appris à gérer les communs ». Les communs ? « Des habitats et jardins partagés, la nuit en ville, le covoiturage, des réseaux d’échanges de savoir, des sciences citoyennes dans le monde des sciences… » Et d’autres projets dont on ne comprend pas toujours la teneur. Logique, quand on vole en de si hautes sphères. En tout cas, bien avant 2049, « Pimprenelle » (Hollande, encore) partagera tout – ses fonctions, sa pelouse, son balcon, sa maison : tout.

Et Yves Cochet ? Lui, c’est un survivaliste. Ou presque. Combien de temps avant que « tout s’effondre ? » À tout casser, quinze ans. On basculera alors dans l’ère du chacun pour soi. Il s’est déjà retranché dans sa maison de la campagne bretonne au milieu de trois hectares de bois, sept de prés et… un cheval. Car bagnoles, avions : fini ! Et parce que ce n’est pas avec des amis Facebook québécois ou chinois qu’il va vivre, il se sent prêt à vivre avec ses voisins. Même s’ils sont du Rassemblement national, « évidemment » !

En tout cas, les mondes futurs de Najat Vallaud-Belkacem et Cochet possèdent un point commun : ils soutiennent l’immigration massive.

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