On s’inquiétait un peu pour les aventuriers du virus perdu de l’Organisation mondiale de la santé, envoyés en Chine pour comprendre comment le virus s’est propagé chez les humains, mais nous voici rassurés : ils sont bien en vie et ont même donné une conférence de presse. Après récusation, par la Chine, de plusieurs co-experts pressentis pour faire partie de la mission, leurs visas avaient été très longs à obtenir, puis ils avaient tapé la semelle un bon moment devant la frontière, ensuite analysé à fond le contenu des mini-bars des hôtels où ils furent confinés 14 jours, puis été prévenus par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois : « Cette coopération et ces échanges […] sont l’un des volets de la recherche mondiale sur l’origine du coronavirus. Ce n’est pas une enquête. »

Mais ça y est, grâce à la proverbiale transparence des pays communistes, ils ont enfin livré en toute liberté le résultat de leur… « coopération » sur l’origine du coronavirus.

Ils ont eu accès à tous les endroits qu’ils souhaitaient, dont le marché aux animaux où avaient été signalés les premiers cas, ainsi que l’institut de virologie de Wuhan que les Américains avaient accusé d’être à l’origine de la fuite du virus, et leur religion est faite.

Ils n’ont, hélas, pas trouvé dans quel vison le pangolin s’était taillé un manteau, mais contrairement à celle de la « fuite » du coronavirus hors d’un laboratoire, la transmission du Covid-19 par un animal intermédiaire est, pour eux, l’hypothèse « la plus probable ». Et pan ! sur le bec des méchants complotistes : circulez, y a rien à voir…

Nous serions plus convaincus si, dès le départ, cette visite Potemkine n’avait pas été placée sous le signe d’une complaisance assez évidente de l’OMS pour l’empire du Milieu, qui y compte tant d’affidés que Donald Trump avait préféré mettre fin à sa part de financement pour consacrer, plutôt, une quinzaine de milliards de dollars à la recherche, au développement et à l’achat des vaccins qui nous sauveront demain ; du moins, on l’espère.

Mais au lieu de l’en féliciter, c’est Biden que le président de l’OMS a chaudement congratulé pour son élection ; lequel a renvoyé le séné le 26 janvier par un décret bannissant l’utilisation, par l’administration américaine, des termes « virus chinois » ou « virus de Wuhan » qu’employait couramment Trump. Le monde est désormais dirigé par des gens bien !

Et cette « visite » de scientifiques en Chine – qui n’est donc pas une « enquête » -, en annonce au moins deux autres dans les mois à venir. Selon Slate (média situé à gauche de l’échiquier politique et d’orientation progressiste, selon Wikipédia), « cela pourrait permettre à ces experts occidentaux d’établir un lien de confiance avec leurs interlocuteurs chinois, voire avec les responsables du Parti communiste de Wuhan ».

Puissent-ils s’équiper de longues cuillères…

9 février 2021

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