Le député LREM du Lot-et-Garonne Olivier Damaisin a été chargé par le Premier ministre d’une mission sur le suicide des agriculteurs. Il s’explique en exclusivité au micro de Boulevard Voltaire.


Vous vous êtes vu confier par le Premier ministre Édouard Philippe une mission assez délicate.Vous allez enquêter pendant six mois sur le suicide agricole. Pourquoi vous avoir confié cette mission ?

Malheureusement, c’est l’actualité. Il y a une prise de conscience par rapport au suicide chez les agriculteurs. Les derniers chiffres officiels de 2015 s’élèvent à 605 suicides. Il est donc tant de voir ce qu’il se passe. On peut regretter qu’aucune mission n’ait eu lieu depuis de longues années sur ce sujet. C’est inadmissible qu’une personne se suicide par rapport à son travail.

Ce phénomène a tendance à prendre de l’ampleur. Comment expliquer le suicide des agriculteurs ?
On connaît les difficultés du métier et le surendettement. Comment résoudre ce problème ?

Je ne peux pas donner de solutions. La mission va nous servir à poser le problème et à avoir un constat des lieux vraiment précis par rapport à la situation. Il existe des structures, malheureusement elles ne sont pas mises en relation avec les agriculteurs. Agri-sentinelles est là pour aider les agriculteurs en difficulté. Pour l’instant, ces structures ne sont pas connues. Par conséquent, des gens passent à l’acte, alors qu’ils pourraient avoir des aides.

Ce n’est pas sans rappeler une séquence qui avait fâché bon nombre d’agriculteurs.
Votre collègue Frédéric Descrozaille avait déclaré sur Cnews que des agriculteurs gagnaient 350 euros par
mois.

Je vis dans la ruralité et j’ai de la famille agriculteur. Je connais donc bien le monde de l’agriculture. Je ne me serais pas permis de dire cela. Ce qu’il voulait dire c’était que les agriculteurs arrivent à vivre avec 350 euros par mois parce qu’ils ont d’autres revenus à côté. Je n’y étais pas, mais je pense que c’est ce qu’il a voulu dire.

Au bout de ces six mois, vous comptez rendre un rapport avec des mesures concrètes pour endiguer ce phénomène.

Le but du jeu est de faire des propositions dans les six prochains mois et surtout mettre les agriculteurs en liaison avec ces structures existantes. Le suicide est souvent dû à un problème de conjoncture, de problème financier. Dans ce cas-là, on peut peut-être trouver des solutions. Dans un premier temps, le plus facile est de faire des propositions. Ce qui me semble plus compliqué c’est lorsque des personnes n’ont pas de problème financier, mais souffrent de solitude ou d’éloignement et qu’elles passent à l’acte.