Combien y a-t-il de Tchétchènes, en France ? On ne sait pas. Certes, on le devrait, vu qu’ils sont tous « réfugiés politiques », mais non. On avoue partout qu’on n’en sait rien, cela, au motif que la France ne fait pas de statistiques ethniques. Officiellement ils sont entre 15 et 20.000 sur notre sol (selon Europe 1), beaucoup plus certainement, exilés d’un pays qui compte environ 1,3 million d’habitants.

Boris Eltsine tenta de régler son compte à la Tchétchénie, au milieu des années 1990, pas joyeux de la sécession d’un pays musulman aux mœurs réputées particulièrement farouches. Il reçut, dans cette entreprise, l’appui actif de son grand ami Bill Clinton et de la CIA, preuve que la guerre froide se réchauffe parfois à notre insu. Ici, c’était des hurlements. À l’époque, je travaillais avec un lettré iranien, exilé lui aussi, qui enseignait la littérature persane à la Sorbonne. Il préparait un ouvrage sur le soufisme, cette mystique de l’islam qui n’a rien à voir avec les barbus. Je l’entends encore : « Vous êtes fous ! Ouvrez les yeux : vous vous trompez d’ennemi, le danger, ce n’est pas la Russie, c’est l’islam ! » Chassé d’Iran par les mollahs à qui le régime giscardien avait fait les yeux doux, il en connaissait un rayon…

Puisqu’il faut rendre à César ce qui lui appartient, il faut rendre à Mélenchon ses critiques fondées : présent, dimanche, à la manifestation organisée en hommage à Samuel Paty, l’enseignant décapité à vendredi dernier, il a appelé à s’interroger sur « ce qui se passe avec les Tchétchènes en France », déplorant qu’on « ait accueilli des Tchétchènes qui étaient partisans d’une guerre civile, sur fond de religion ». « On a affaire à des fous et à des assassins, qui pratiquent des actes de terrorisme islamiste, qui salissent leur religion et nous pourrissent la vie », a fustigé le patron de La France insoumise.

Invité, le lendemain, sur LCI, il en a remis une dose : les Tchétchènes « sont arrivés en France car le gouvernement français, qui était très hostile à Vladimir Poutine, les accueillait à bras ouverts », mais aujourd’hui, « il faut reprendre un par un tous les dossiers des Tchétchènes présents en France et tous ceux qui ont une activité sur les réseaux sociaux, comme c’était le cas de l’assassin ou d’autres, qui ont des activités de l’islamisme politique […], doivent être capturés et expulsés. »

Bien vu. On applaudit des deux mains. Il a tout juste, Mélenchon : on n’aurait jamais dû accueillir ces fous de l’islam partisans de la guerre civile. On lui fera, toutefois, remarquer qu’il était ministre (2000-2002) d’un gouvernement qui leur a largement ouvert les bras, à eux et à tant d’autres fanatiques de la même espèce… Car le problème est, évidemment, que cela ne concerne pas « que » les Tchétchènes. Le problème, c’est le coupable déni où lui-même, son parti et la gauche en général, pendant des décennies, se sont enfermés, niant l’existence de cet « islamisme politique » dont Mélenchon, ose, pour la première fois, prononcer le nom.

On attend donc qu’après lui, sa clique, les Obono et consorts, tous ces chantres de l’islamo-gauchisme, fassent amende honorable et cessent d’accuser d’islamophobie, quand ce n’est pas de dérive fascisante, ceux qui ne font que défendre la France et son principe de laïcité.

Manuel Valls – ministre de l’Intérieur puis Premier ministre de gouvernemnts aveuglés eux aussi, a raison lorsqu’il déclare : « Jean-Luc Mélenchon a sa part de responsabilité dans cette lâcheté qu’il y a eu de la part de la gauche. » Que n’ont-ils, lui et ses amis socialistes, ouvert les yeux plus tôt !

19 octobre 2020

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