Nicolas Dupont-Aignan sera-t-il le candidat rassembleur de la droite ? Celui qui vient d’annoncer sa candidature à l’élection répond aux questions de Boulevard Voltaire et esquisse son programme : remettre de l’ordre, relocaliser, faire des économies et redonner la parole au peuple par voie référendaire.

L’occasion de revenir avec lui sur la stratégie sanitaire du gouvernement.

Vous avez annoncé votre candidature à l’élection présidentielle. Pourquoi vous représenter à cette élection ?

Tout simplement parce que le pays est dans un état de délabrement jamais vu. Depuis un certain nombre d’années, je propose des solutions qui permettraient, j’en suis absolument convaincu, de le faire renaître. En janvier dernier, j’avais proposé une vaste primaire des candidats patriotes et républicains pour que notre électorat puisse choisir son meilleur candidat pour battre Emmanuel Macron et amorcer le redressement du pays. Cette primaire n’a pas, pour l’instant, recueilli l’adhésion de beaucoup. J’ai pensé que les Français avaient le choix et qu’il était de mon devoir de me présenter. Je me présente dans l’esprit de battre Macron dès 2022. J’en ai assez de la petite musique que j’entends consistant à dire « On va refaire le duel de 2017 et puis on attendra 2027 ». Non, on ne peut pas laisser la France dans les mains d’Emmanuel Macron en 2022 !
Je pense que les électeurs ont le droit d’avoir le choix et je présente un projet politique qui me paraît de nature à redresser le pays.

En quoi votre proposition politique va différer de celle de Marine Le Pen et du Rassemblement national ? Pour ne pas refaire le duel de 2017, il faut avoir un programme bien cloisonné.

Ce n’est pas une question de programme. Simplement, il y a des points communs. Vous ne me ferez pas dire un mot contre Marine Le Pen. Ce n’est pas la question. J’ai été le plus loyal puisque j’ai soutenu Marine Le Pen au deuxième tour. Personne n’a osé le faire, je l’ai fait et je l’assume. Simplement, on n’a pas gagné et je pense que rééditer le même duel, c’est permettre à Macron d’être réélu ou, du moins, lui donner la chance d’être réélu. Je pense qu’il faut rassembler davantage. Étant un ancien de l’UMP et aussi populaire vers les électeurs républicains que vers les électeurs du Rassemblement national, je peux rassembler suffisamment pour être sûr de battre Emmanuel Macron.
J’aimerais, un jour, qu’on publie des sondages sur un deuxième tour Dupont-Aignan/Macron. C’est aux électeurs de choisir au premier tour. Les dirigeants républicains partent les uns après les autres soutenir Emmanuel Macron. Si l’électorat républicain n’a que Xavier Bertrand comme candidat, lui qui a toujours accepté les compromissions, je peux aussi avoir beaucoup de soutien des Républicains et des électeurs. Beaucoup m’ont rejoint depuis un certain temps. Ils voient bien que leurs dirigeants sont en train de se compromettre avec Emmanuel Macron.
La situation politique est différente. Vous ne me ferez pas dire du mal des uns et des autres. Je propose une voie qui, je crois, est capable de rassembler les Français pour changer le cap et, surtout, résoudre les problèmes du pays.

Marine Le Pen semble être bien positionnée pour être au second tour, mais pour vous, Emmanuel Macron sera forcément au second tour.

Je ne le souhaite pas. Je souhaite que l’on n’ait pas une Hidalgo à la place d’Emmanuel Macron. Ce n’est pas uniquement Macron. Est-ce qu’un jour, on peut proposer un projet, une personnalité, une démarche pour quelque chose, mais pas simplement contre ? C’est cela, l’enjeu.
C’est pour cette raison que, dans mon discours de samedi dernier, j’ai insisté sur quelques enjeux qui paraissent fondamentaux. Rétablir l’ordre avec des mesures solides. Produire en France. Faire des économies. J’ai un programme économique très sérieux. Il faut arrêter les gaspillages. C’est l’argent des Français et il faut le mettre au bon endroit. Je prends un exemple. Nous n’avons pas assez de lits de réanimation et nous avons deux millions de fausses cartes Vitale. Je préférerais que l’on paye des lits de réanimation plutôt que des fausses cartes Vitale. Et, enfin, redonner la parole au peuple par le référendum. Cela permettrait d’avoir un nouveau rapport à l’Europe. Il ne s’agit pas d’être anti-européen mais de redonner de la souveraineté à la France et de coopérer avec nos voisins.
Ce qui m’intéresse, dans cette campagne, c’est de dire aux Français « On n’est pas foutu » !
Je pense sincèrement que l’on peut y arriver. Les sondages ne sont pas si mauvais pour moi. Avant même d’avoir commencé, et sans aucun soutien médiatique, on est à 8 % dans le dernier sondage. Je n’ai jamais eu cela dans le passé. Cela prouve que ce que je fais depuis des années commence à prendre. L’enjeu n’est pas simplement d’être au premier tour mais de gagner au second. C’est pour cette raison que j’avais proposé une primaire.

C’est difficile, pour nos compatriotes, de se projeter dans les élections présidentielles. Nous sommes dans un contexte sanitaire particulier. Les bars et les restaurants vont fermer à partir de demain, plongeant tout un secteur dans la crise économique. Considérez-vous que la stratégie sanitaire mise en place depuis le début de cette hypothétique seconde vague est la bonne ?

Cette stratégie est très mauvaise. C’est un sujet délicat. Des décisions que j’avais proposées dans une vidéo du 27 janvier que vous pouvez retrouver auraient pu être prises, mais elles n’ont jamais été prises. Il fallait fermer les frontières et les contrôler beaucoup plus sévèrement. On ne l’a pas fait et on continue à ne pas le faire. Il fallait produire les masques, on a mis six mois avant de les avoir. Il fallait une stratégie fiable de tests, on ne l’a toujours pas. Et il fallait doubler le nombre de lits de réanimation, rien n’a été fait. Par conséquent, aujourd’hui, on a certes une seconde vague, mais moins importante que la première.
Si des mesures sont aussi fermes sur les bars et les restaurants, c’est parce que le gouvernement n’a pas pris les mesures en termes de lits de réanimation. Les pays qui ont des lits de réanimation ne sont pas obligés d’arrêter l’activité économique. Le gouvernement est en train de casser un pays parce qu’il n’a pas anticipé les mesures qui permettraient de vivre avec l’épidémie. Or, on ne peut pas arrêter le pays. C’est une folie !
J’en suis presque à suspecter le gouvernement de jouer la dramatisation pour mettre une emprise sur les êtres humains à caractère anxiogène et paralyser la capacité de réaction des Français.

C’est presque complotiste…

Le gouvernement est de nature orwellienne. On pouvait être prudent sans prolonger un état d’urgence. Or, il a voté un état d’urgence. On pouvait être prudent sans casser le pays. On peut être prudent sans casser le moral des Français. On peut être prudent sans interdire les réunions.
Il a refait travailler les gens fragiles, alors qu’on devrait imposer le télétravail pour les gens qui ont des maladies comme un cancer, du diabète ou une obésité. Et en même temps, il interdit à des gens prudents d’aller dans un restaurant. C’est n’importe quoi ! On a le droit d’entasser les étudiants en fac, mais on n’a pas le droit de se réunir. Vous voyez bien que, derrière tout cela, il y a une volonté du gouvernement de faire taire les Français.

6 octobre 2020

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