Editoriaux - Education - 6 juillet 2019

Ne pas se tromper d’ennemi : les profs n’y sont pour rien !

Quand on veut rendre fou un individu, il suffit de lui faire perdre toute notion de temps et d’espace pour, ainsi, le priver de ses repères naturels.

Toutes choses égales par ailleurs, c’est exactement ce qui s’est passé au sein de notre système éducatif français quand on a supprimé la notion de chronologie dans l’enseignement de l’histoire et de la littérature et « transversalisé » les concepts pour enseigner la géographie, sans parler de toute cette bouillie de chat de matières totalement inutiles.

Ma maman n’avait que son certificat d’études, mais elle avait acquis toutes les notions de base : elle savait parfaitement lire, écrire, compter et, surtout, réfléchir et apprendre par elle-même.

Parce que les méthodes d’enseignement étaient très simples, à la portée de toutes et de tous, parfaitement cohérentes en termes de temps et d’espace et, surtout, donnaient « une soif d’apprendre » née de l’éveil de la curiosité intellectuelle.

Nonobstant toute considération sur les évolutions de la société, des mœurs, des religions, des « pertes de valeurs » qui sont réelles, je pense que ce ne sont ni les élèves ni les profs qui sont responsables, mais bel et bien le « système », ce qui est beaucoup plus grave, et là, je vais vous faire part de ma modeste expérience personnelle.

Une vilaine « fortune de mer » familiale m’a contraint à rentrer en France. Se posa alors, pour moi, la question de savoir ce que je voulais faire et pouvais faire à 57 ans, de retour dans ma Normandie natale. Je me suis dit, alors, qu’il serait utile que je transmette tout ce que j’avais acquis en trente-cinq ans de vie professionnelle.

Je me suis donc lancé dans la formation qualifiante et diplômante dans le contexte de l’alternance : les BTS dits tertiaires, ceux qui forment les vrais professionnels. J’ai deux domaines de compétence professionnelle : le transport international et la finance d’entreprises (je suis « bardé » de diplômes).

Prenons le cas du BTS Transport et Logistique, devenu Gestion de la Logistique appliquée au Transport. Trois changements de référentiels en huit ans ! Pour former aux mêmes métiers. Et je défie qui que ce soit de comprendre quelque chose à l’effrayant verbiage des circulaires de l’Éducation nationale !

Alors, moi, je m’en fous, de toutes leurs bêtises : je continue à former mes étudiants en professionnel qui sait de quoi il parle, avec mes propres méthodes et qui se maintient au niveau technique par son travail personnel constant.

Bilan de l’opération : 100 % de reçus et 100 % d’embauches à la clé.

Mes chers collègues professeurs, vous qui souffrez tant d’en prendre plein la tronche de partout, ne tenez aucun compte de toutes les effrayantes directives de votre hiérarchie et enseignez avec votre cœur et la passion pour votre matière.

Vous en serez récompensés et, de grâce, ne lâchez pas. Le métier que nous faisons doit rester le plus beau métier du monde : celui qui éduque pour des vies entières, celui qui permet de sauver des vies entières.

À lire aussi

Faut-il arrêter de boire l’eau du robinet et ne plus manger de bananes ?

Fichtre, un danger mortel de plus : il ne faudrait plus boire d’eau du robinet ! …