Les Strasbourgeois n’en sont pas encore revenus, d’aucuns ont même cru que le premier avril, cette année, avait pris de l’avance sur le calendrier : , l’ancien ministre de la Culture du gouvernement Jospin, sera la tête de liste du PS à . La « reine Catherine » a dû se substituer en catastrophe à Mathieu Cahn, désigné lors d’une primaire locale mais qui s’est retiré en raison d’une affaire de harcèlement sexuel (décidément) qui met en cause l’ancien directeur de la Maison des associations dont il était, jusqu’en septembre dernier, le président.

Le procès a été fixé entre les deux tours de l’élection et risquerait de polluer la fin de campagne d’un Parti socialiste en dégringolade dans les sondages : la liste PS – créditée de 9 % des intentions de vote – ne serait même pas en capacité d’atteindre le second tour. C’est une liste commune EELV-PCF, que les sondages donnent actuellement en tête avec 27 % des intentions de vote. L’alliance écolos-cocos est talonnée par la liste du candidat de La République en marche et premier adjoint du maire sortant, Roland Ries, ancien socialiste rallié à la Macronie. Suivent le candidat des Républicains et un OVNI du Rassemblement national répondant au doux nom de Hombeline du Parc. Quant au PS exsangue, il risque bien, à Strasbourg comme ailleurs, de faire de la figuration dans une élection qui semble perdue d’avance.

C’est pour éviter ce désastre que la « reine Catherine », « entremetteuse de situations » comme l’était une autre Catherine (de Médicis), a été appelée à la rescousse : ministre de la Culture de 1997 à 2000, âgée de 69 ans, Catherine Trautmann a déjà occupé le fauteuil de maire de Strasbourg pendant près de neuf ans, dans les années 90. Un come-back qui fait jaser dans les winstubs…

Strasbourg, en tout cas, ne sortira pas grandie de cette élection et les anciens regretteront le temps où leur ville était administrée par des maires qui avaient une autre dimension que ces candidats Kleenex™ de circonstance. Je pense, en particulier, à Pierre Pflimlin et Marcel Rudloff dont j’ai eu le privilège d’être leur attaché de presse. Pour eux, Strasbourg était un destin, et c’est sous leur mandat que la ville acquit son rayonnement européen et culturel qui, curieusement, semble inexistant aujourd’hui dans le programme passe-partout de leurs piètres, pour ne pas dire dérisoires, successeurs. Ces temps nous déconcertent…

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