[MUNICIPALES] À Nice, Éric Ciotti offre au camp national une ville de 350 000 habitants !

Le RN et ses alliés passent (enfin) le cap de l'ancrage territorial, à un an de l'élection présidentielle.
Capture écran CNews
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À l’heure où nous publions, tous les résultats de la soirée électorale du deuxième tour des municipales ne sont pas encore connus. Et comme d’habitude, tous les partis font mine d’avoir gagné. Mais certains ont tout de même plus gagné que d’autres... LFI peut, certes, s’enorgueillir du gain de Roubaix (100.000 habitants), attendu après sa victoire à Saint-Denis. Un vrai succès, appuyé sur l'électorat de substitution immigré utilisé par le parti de Mélenchon. À peine élu, le nouveau maire de Roubaix David Guiraud a lancé des appels à la Palestine : « Je vais relancer les marques de solidarité vers les peuples du monde qui sont opprimés en ayant une pensée et une action à part pour les peuples du Liban et de la Palestine. » La gauche portera ses deux maires au pinacle, ne verra qu’eux et en fera des fanions qui claquent au vent mauvais de la guerre civile.

Mais derrière la fête bruyante de LFI, le RN franchit, au plan national, un pas décisif. Le parti revendiquait 1.280 conseillers municipaux, à l’issue du premier tour. Combien en aura-t-il, ce lundi ? Combien de plus que ce qu’il avait jusqu’ici ? Il est trop tôt pour faire ce calcul, mais le chiffre marquera à l’évidence le saut spectaculaire d’un parti national riche de ses sondages à la présidentielle vers un mouvement à l’ancrage local considérable et en pleine dynamique. Un mouvement enraciné dans la France des communes, grandes et petites.

Revanche

Car, outre les conseillers municipaux, de nombreuses villes rejoignent les quelques bastions du RN très peu nombreux et isolés jusqu’ici. Ce soir, le parti de Bardella et ses alliés de l’UDR peuvent revendiquer d’abord la ville de Nice, gagnée de haute lutte par Éric Ciotti sur Christian Estrosi. Nice, c’est plus de 350.000 habitants, soit bien davantage que Saint-Denis (150.000 habitants) et Roubaix (100.000) cumulés. Ciotti, sur lequel personne n’aurait misé pour relever la France, voilà encore cinq ans, apporte à la droite patriote une immense victoire, plus que symbolique. Elle marque la fragilité du centrisme teinté de macronisme opportuniste si bien représenté par Estrosi. Ce succès montre surtout l’efficacité du positionnement d’Éric Ciotti, qui a eu le cran de quitter LR pour nouer une alliance avec le RN. Condamné, moqué, méprisé, attaqué par son parti d’origine, Éric Ciotti n’a pas bronché ni varié de ligne depuis sa décision. Son élection représente une revanche sur son ancien parti, valide sur le terrain municipal son initiative et confirme sa lecture du spectre politique.

La prise de Nice accompagne, bien sûr, la défaite du RN à Marseille (lire l'article de Sarah-Louise Guille), à Toulon où Laure Lavalette reste loin de la barre des 50 % (lire l'article d'Yves-Marie Sévillia) ou à Nîmes (lire l'article de Gabrielle Cluzel) ou encore la perte de Villers-Cotterêts. Mais dans ces villes comme dans toutes celles où le RN est battu, l’opposition municipale travaillera pour préparer l’alternance. En s'appuyant sur les nombreuses villes qui basculent sous gestion du parti.

Ancrage historique

Outre Nice, le RN s’installe à la mairie de La-Seyne-sur-Mer (63.000 habitants), de Carcassonne (46.000 habitants) et d’une palanquée de villes de 30.000 habitants : Orange, Agde, Carpentras (lire l'article de Georges Michel), Menton (où Alexandra Masson bat Louis Sarkozy) et bien d’autres plus petites comme La Flèche (15.000 habitants), en dehors des grandes régions de force du parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Cette dernière ne s’y est d’ailleurs pas trompée : « C’est par dizaines que le Rassemblement national remporte, ce soir, des communes à l’issue du second tour des élections municipales, a-t-elle lancé, sur X. C’est une immense victoire, et la confirmation de la stratégie d’implantation locale du Rassemblement national. […] Ce soir, ce sont des dizaines de maires et des milliers de conseillers municipaux RN qui sont élus ! »

Les élections municipales de mars 2026 resteront marquées par l’ancrage historique du RN dans le paysage de la politique locale française. Outre ses députés, le parti pourra compter sur un tissu de maires, de conseillers municipaux… et de grands électeurs qui désigneront, demain, les sénateurs. « Le Rassemblement national est devenu cette force tranquille dont la France a besoin pour entamer sa renaissance », a lancé Jordan Bardella, ce 22 mars au soir. Le pari de l’accès au pouvoir est loin d’être gagné pour le RN, mais les municipales n’ont pas de quoi enrayer la dynamique du parti dans les sondages. Bien au contraire.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Quand on est de droite on vote à droite et on n’établit pas d’alliances contre nature avec ses ennemis . Cela s’appelle l’honneur et la fidélité . Et ça marche , comme à Nice .
    A bon entendeur salut .

  2. Enchanté pour Ciotti qui représente bien plus que lui. Mais n’oublions pas les résultats honorables des LR et surtout la préexistence du PS. « Non non le PS n’est pas mort car… Mais comment 40 % de ceux qui peuvent voter ont-ils pu perpétuer le désastre de Lyon ? (et trop d’autres). Quant aux péripéties parisiennes, elles évoquent pour moi une pièce de la comédie italienne. Dommage pour Dati en ce sens qu’elle est la meilleure illustration de ce qu’apporte notre République, une contre preuve au discours mélanchonien.

  3. Retenir en premiere importance de stratrégie, la victoire de Eric Ciotti. Lui donnant une sorte de récompense dans son combat pour une Droite rassemblée, tout en gardant l’identité de chacun. Une grande leçon pour 2027;

    • Un grand bravo a M Ciotti..cette victoire méritée du  » camp national » ne doit pas occulter les elections de gauchistes causées par le maintien de candidats RN au 2eme tour dans des endroits où il ne pouvait pas
      gagner…lui qui accuse les autres de diviser la droite dont il ne sait rien..

  4. Un grand bravo à Eric Ciotti pour sa victoire à toute son équipe ainsi qu’aux niçoises et niçois

  5. M. CIOTTI a tout compris, inutile d’essayer d’expliquer au dernier carré de la machine à perdre allant de Wauquier à Retailleau en passant par Bertrand et Philippe ils sont prêt à recommencer à perdre.

  6. On imagine bien sûr que madame Saint-Cricq a adressé ses sincères félicitations au nouveau maire de Nice.
    Pour émettre un avis plus général, les grandes villes restent à gauche (Paris, Lyon, Marseille), souvent en raison de la stratégie perdante de LR et de la sociologie, mais on remarque aussi que si quelques villes moyennes sont raflées par le RN, ce dernier confirme une implantation locale, notamment dans les petites communes de la France rurale. Ces victoires qui peuvent sembler insignifiantes auront, du fait de l’élection de conseillers municipaux, un effet direct sur l’élection des sénateurs, ce qui n’est pas à négliger.

  7. Quand les tous LR « tièdes » auront compris que l’alliance fait la force et que leurs ambitions personnelles doivent passer à l’arrière plan, ils créeront les conditions d’une victoire nationale.

  8. Paris reste à gauche, honte à la traitresse Dati, bravo Sarah la classe, et à la prochaine !

  9. Bravo à lui, si cela pouvait augurer d’une bonne dynamique de l’ UDR pour les présidentielles.

    • LFI construit ses maigres succès sur les discours haineux et la retape menaçante, l’abstention et l’à-plat-ventrisme faisant le reste.
      Comme le coq, il claironne les deux pieds dans le lisier
      Pour combien de temps ?

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