Benoît Saint-Denis, dit BSD, dit « God of War », a écrasé sans difficulté le Brésilien Thiago Moises, le 2 septembre 2023, à l'UFC (Ultimate Fighting Championship) Paris. Il entre ainsi dans le Top 15 mondial des combattants de MMA, et ce n'est probablement pas fini. Intéressons-nous un instant à ce héros français.

À ceux des lecteurs de BV qui ne connaîtraient pas le MMA, un rappel liminaire s'impose. Sous cet acronyme, qui désigne les arts martiaux mixtes (« Mixed Martial Arts »), c'est la réinterprétation d'une forme très ancienne d'engagement total : le pancrace grec, discipline des Jeux olympiques (les vrais, ceux d'Olympie), mêlait déjà percussion et sol, plusieurs siècles avant Jésus-Christ. C'est un sport de combat dans lequel presque tous les coups sont permis. La France a longtemps interdit le MMA sur son sol, croyant (à tort) que ce sport était plus violent que la boxe anglaise ou thaïlandaise, et puis, en septembre 2022, une compétition a finalement eu lieu pour la première fois à Bercy, sur le sol de France.

L'un des combattants présents ce jour-là - et probablement le plus atypique d'entre eux - est entré dans l'octogone sur la musique des commandos. Le public a chanté « La Marseillaise » pour lui. Son nom est Benoît Saint-Denis. On croirait un pseudonyme de royaliste, mais c'est bien comme ça qu'il s'appelle. Il a servi quatre ans comme opérateur au 1er RPIMa, l'un des trois régiments des forces spéciales de l'armée de terre, celui qui conduit les actions antiterroristes, puis est devenu combattant professionnel de MMA. Il compare volontiers le déluge de coups reçus et donnés dans la cage à l'adrénaline des opérations sous le feu. Benoît Saint-Denis a trouvé sa voie et prolonge ainsi son rêve d'enfant : vivre une vie chevaleresque.

Il faut dire en effet que l'un des côtés les plus originaux de ce combattant, ce sont ses valeurs philosophiques et même religieuses. L'ancien opérateur SAS porte, sur ce corps qui est son outil de travail, trois tatouages riches de sens : une croix de templier sur le cœur, une dague Fairbairn-Sykes (celle de la Seconde Guerre mondiale, à l'origine des SAS français) sur le triceps et, depuis sa victoire à Paris l'an dernier, sainte Jeanne d'Arc sur le dos. Assez peu commun, on peut le dire. Admirateur d'Hélie de SaintMarc, de Napoléon et du capitaine Danjou (le héros de Camerone), Benoît Saint-Denis parle sans détour de la France, qu'il aime, mais aussi de sa foi et de sa vie de prière. On se pince pour y croire. Citons ses propos exacts : « La foi se met en place de manière journalière, et pas que le dimanche à l’église. Prier, ce n’est pas chronophage, c’est surtout un bonheur pour l’homme. » Voilà. Tout simplement.

A l'exception de sa pratique d'un sport de combat violent, Benoît Saint-Denis n'a rien pour intéresser les grands médias : il est français de souche, fils de militaire, militaire lui-même. Il a servi la France et il est patriote. Il n'a ni la bonne couleur de peau ni la bonne religion pour être ce que la télévision appelle « un exemple pour la jeunesse ». Et pourtant, quel modèle ! Désormais, quand on vous parlera de Mbappé ou je ne sais qui, répondez en évoquant cet homme qui est, selon ses propres termes, « du côté chevaleresque du un contre un ». Un chevalier dans une époque qui a oublié la chevalerie. Longue vie à BSD, et qu'il aille au sommet au nom de la France !

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03 septembre 2023 à 20:12

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32 commentaires

  1. Je ne connaissais pas ce genre de sport ainsi que cet homme . Merci à BV de nous montrer ce chevalier des temps modernes qui allie force physique et mentale pour un art ancestral : Une pépite Française que l’on gagne à regarder

  2. Saint Denis rejoindra t’il Saint Pierre au firmament de la MMA ? là et la question …en tous cas moi je l’espère !

  3. Errare huma num est ! J’ai voulu dire … « dénigrées par les pleutres »…
    Oui, cet homme est béni, synonyme de Benoît ! Il ne se bat que contre des volontaires qui, acceptant de le défier, prennent la responsabilité d’en sortir vaincus… ou vainqueurs … Vocabulaire dont les assistés chroniques ont perdu le sens. Et préfèrent se laisser humilier à oser réagir …

  4. Je répondrais à Guy Guy, commentateur, que, être chrétien, ce n’est pas, plus, tendre l’autre joue, c’est se battre pour un idéal, ici, le pays, la France ! Si comme je le pense, il suffit de baisser le bénard, pour être un « bon » chrétien, alors, je comprends le pourquoi, du déclin civilisationnel de ce pays ! La civilisation française, découlant du christianisme, comme chacun le sait ! Longue vie à Benoit, et bonne chance dans ce sport, que je regarde soouvent,….et avec respect !

    1. Au risque de déplaire, être chrétien c’est d’abord faire une rencontre personnelle avec quelqu’un : Jésus-Christ et vivre avec et pour Lui.

  5. Engagement Force et Courage ! Les valeurs templières dénigrées pâles pleutres qui nous conduisent à la ruine !

  6. Honneur et gloire à cet homme et à sa famille dont le patronyme les avait précédé dans leur mission sur Terre.
    Si St Denis a été le 1er évêque de Paris, les Templiers ont été les 1ers à se porter volontaires avec St Louis pour la défense du Tombeau du Christ.
    Et les Hospitaliers de l’Ordre de Malte ont été les 1ers à créer des hôpitaux pour les pauvres.
    Et ils ont été détruits par la royauté et par la papauté réunis pour défendre le pouvoir dont ces bienfaiteurs de l’humanité commençaient légitimement à leur faire perdre consistance et respect.
    Ça ne vous rappelle rien ?

  7. Je ne pense pas que donner des coups les plus violents possible, l’air mauvais et les dents serrées, soit conforme à ce qu’on est en droit d’attendre d’un chrétien. Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec ce chroniqueur, que j’apprécie par ailleurs.

    1. Évidemment lorsque l’on vous donne une gifle sur la joue droite vous tendez la gauche !!! Pas étonnant qu’on en soit arrivé la avec des logiques comme la vôtre, continuez à courber l’échine. .. c’est un chrétien qui vous parle et j’apprécie cet homme courageux et avec des valeurs.

      1. Tout-à-fait de votre avis. Si les chrétiens actuels ressemblaient majoritairement à cet homme, nous pourrions vivre encore aujourd’hui dans notre « douce France ».

  8. Ce que j’aime entre autres aspects du personnage, c’est le port ostentatoire de la croix des templiers. La mise en valeur de cette croix et de la première croisade, j’y tiens contre tous ceux qui les déprécient tout comme la vraie mission première des Chevaliers de Malte. L’avenir proche et même déjà le présent m’en confirment la nécessité absolue.

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