C’est un drame régional dont, à distance, on ne saurait mesurer ni l’ampleur ni la gravité.

Anastasia Salvi, fraîchement émoulue Miss Franche-Comté, a annoncé, dimanche, qu’elle renonçait à son titre et, donc, à concourir pour l’élection de la plus jolie fille du pays : .

Son message posté sur Instagram est à tirer des larmes :
« Je m’adresse à vous aujourd’hui pour une annonce importante.
Je ne pourrai malheureusement pas poursuivre l’aventure Miss Franche-Comté.
Je tiens à vous présenter mes excuses à vous, qui avez voté pour moi et qui étiez peut-être dans la salle ce dimanche après-midi.
Vous ne comprendrez peut-être pas cette décision mais tout comme moi, je vous demande de soutenir celle qui me succédera.
Je soutiendrai à 200 % la Miss qui vivra l’aventure Miss France parce que les Miss de Franche-Comté, c’est d’abord une histoire de solidarité, de partage et d’amitiés. »

Grand cœur, avec ça. C’est beau, la résilience (le mot est à la mode, c’est toujours bon de le placer).

Pourtant, France 3 l’assure : « Quand les caméras de France 3 sont allées à sa rencontre dans son village de Mouthe, la jeune femme nous confiait sa fierté et sa volonté d’y croire le 12 décembre pour le concours de Miss France 2021 : “J’y vais pour profiter de l’expérience, j’ai envie d’y croire, de croire que c’est possible. Je suis quelqu’un qui est ambitieuse (sic), rêveuse, et pour l’instant cela m’a porté (sic) jusqu’ici. J’y crois. Je vais porter la Franche-Comté, le plus loin possible”. »

Damned ! Que lui est-il donc arrivé, à cette pauvre Anastasia, pour devoir renoncer au podium ? Est-ce un méchant cor au pied qui l’empêche de grimper sur ses Louboutin ? Est-ce une vilaine peau d’orange apparue nuitamment sur les fesses ? Une prothèse mammaire défectueuse ? Un mari caché, peut-être, ou un enfant dans le placard ?

Non. Pire encore : elle aurait posé pour des photos que la morale réprouve et chacun sait que la maison Tellier est sans pitié. Qu’on se le dise : chez ces gens-là, on ne transige pas. La patronne l’a dit à l’Est républicain : « Le règlement est simple. Si une jeune fille a fait par le passé des photos en lingeries (sic), nues (sic) ou à caractère pornographique, elle doit les soumettre au comité. Les photos d’Anastasia Salvi n’ont pas été soumises à l’appréciation du comité. » Et hop, à la suivante !

Si Anastasia avait été élue Miss Côte d’Azur, la chose eût sans doute été plaidable : la chaleur étouffante, la plage, les paparazzi au bord de la piscine… Mais quand on habite à Mouthe, la ville où il gèle 176 jours par an, c’est une autre paire de moufles. On y pose plus facilement en après-ski et doudoune qu’en nuisette et porte-jarretelles, alors, forcément, tout déshabillage devant l’objectif est suspect.

On attend la réaction de Marlène Schiappa. Elle ne devrait pas tarder. En effet, le ministre qui écrivait en douce des livres érotiques pour apprendre aux « rondes » comment, au lit, « trouver les bonnes positions pour ressembler à une déesse grecque », l’assume désormais : « On peut être une mère de famille, on peut avoir des responsabilités politiques et néanmoins trouver que le champ de la sexualité féminine doit aussi être exploré. »

Allez, Marlène, un bon geste ! Quand on écrit, sous les lambris du ministère, 101 trucs infaillibles pour jouir et jouir encore, on peut donner un petit coup de pouce à Miss Franche-Comté, non ?

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