Mohamed Bekhtaoui, élu d’opposition à La Courneuve, était jugé pour outrage et apologie du terrorisme. Il a comparu, le mardi 6 octobre, au tribunal de Bobigny. Lors de la visite du Président Macron, le 7 avril, il avait été placé en garde à vue puis la situation avait dérapé, rapporte Le Parisien.

L’élu totalise 21 mentions à son casier

Mohamed Bekhtaoui, 37 ans, est conseiller municipal élu l’étiquette de l’UPR (Union populaire républicaine), une formation souverainiste, la mairie étant dirigée par le communiste Gilles Poux, réélu au premier tour en mars 2020.
En avril, se rend au centre d’action sociale (CCAS) accompagné du maire Gilles Poux. Mohamed Bekhtaoui « est aux premières loges » lors de la visite présidentielle. Il prétend avoir « des question à poser au Président ». Mais la police, qui le connaît défavorablement (il totalise 21 mentions à son casier pour vol, outrages et conduites sans permis), pense plutôt qu’il est venu faire un scandale et le repère rapidement. D’autant qu’il a oublié son masque et son attestation de sortie, et cela en pleine pandémie de Covid-19, en Seine-Saint-Denis, l’un des départements les touchés.

« Je vais devenir le nouveau Mohammed Merah… Je vais faire un carnage »

Les policiers, constatant qu’il sort pour la troisième fois sans l’autorisation, le placent en garde à vue.
Au commissariat, sur le banc de vérification, avant son placement en cellule, « il a vrillé », résume le substitut du procureur. Un policier rapporte les propos inquiétants de l’élu : « Je vais devenir le nouveau Mohammed Merah. J’ai eu de la chance de le côtoyer, il m’a ouvert les yeux. Je vais faire un carnage. » Puis il aurait lancé plusieurs « Allahou akbar » menaçants au brigadier-chef.

Il est convaincu que cette garde à vue est « injuste ». « C’est une mascarade pour [l]’empêcher de réussir en politique », pense-t-il.
À la barre, son avocat écarte la thèse de l’apologie du terrorisme : « Nous ne sommes pas dans un lieu public, il n’est donc pas punissable », et l’expert psychiatre diagnostique « une fragilité psychologique ».

Mohamed Bekhtaoui est relaxé pour ce qui concerne l’apologie du terrorisme. Il est, en revanche, condamné à 140 heures de travail d’intérêt général pour les outrages.

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