Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Table - 23 mars 2018

“Ces militants d’extrême gauche détruisent le bien public et empêchent les autres d’étudier”

L’université de Toulouse Le Mirail entame sa troisième semaine de grève. Samuel Lafont dénonce une université tenue par des militants d’extrême gauche violents bloquant l’université et privant l’ensemble des étudiants de la liberté d’étudier.
D’autres universités sont dans le même cas, comme celles de Paris VIII, Rennes II et Lyon II.

L’université du Mirail de Toulouse entame sa troisième semaine de grève à quelques jours de la commémoration officielle de mai 68.
Que traduit cette révolte des étudiants toulousains ?

Pour comprendre ce mouvement, il faut garder en tête que cette université est, en matière de mobilisation, la plus à gauche de France. Par rapport à d’autres universités, elle est tenue par l’extrême gauche, et une partie du corps enseignant est de gauche ou d’extrême gauche.
Ce sont ces militants d’extrême gauche, souvent violents, qui ont décidé de bloquer l’université alors qu’ils ne représentent pas l’ensemble des étudiants. Encore une fois, à cause des agissements de quelques-uns, les étudiants dans leur ensemble sont privés de leurs libertés.

La mise sous tutelle de l’université par le gouvernement va-t-elle calmer le jeu ou au contraire va-t-elle aggraver l’esprit de révolte ?

Cette mise sous tutelle révèle en fait un problème plus large. Les présidents d’université ont la responsabilité légale de faire appel aux forces de police pour débloquer les universités. Or, bien souvent, ils refusent de le faire, soit pour des intérêts politiques immédiats, c’est-à-dire leur future réélection, soit par des positionnements politiques.
Cette mise sous tutelle permet en fait à l’État d’avoir directement la main sur l’université et montre que ces universités sont mal gérées.
Il y a en a effectivement d’autres dans le même cas que celui de l’université de Toulouse Mirail.
Paris VIII en Seine Saint-Denis en fait partie. Cette université est aujourd’hui squattée par des migrants et des militants d’extrême gauche qui écrivent slogans complètement scabreux sur les murs comme : « vive l’anti-France » , « voilez vos femmes » , ou des slogans contre les blancs.
On peut citer également Rennes II et Lyon II.
Ces quatre universités très à gauche abritent des militants souvent violents qui ne supportent pas la contradiction.

Cette politique des présidents d’université traduit-elle une certaine accointance idéologique de la direction avec ces mouvements-là ou de la faiblesse tout simplement ?

Certains présidents de gauche ou d’extrême gauche ont de véritables accointances idéologiques, d’autres sont simplement lâches. Ils ont peur d’être menacés dans leurs intérêts personnels ou d’avoir des problèmes au sens large avec ces militants.
Pourtant, ces militants ne sont que des petits groupes peu nombreux, mais suffisamment agissants pour semer le bazar dans les universités, abîmer le matériel et écrire sur les murs. On y retrouve des militants de gauche à l’UNEF, mais aussi des militants d’extrême gauche à SUD étudiant solidaire et les anarchistes d’extrême gauche très violents de la CNT.
La fac de Lettres de Caen par exemple est taguée absolument partout. Elle a été très largement abîmée par le dernier squat qui date de quelques années.
Ces gens détruisent des biens publics et empêchent d’autres étudiants non seulement d’étudier, mais aussi de passer leurs années. Certains étudiants redoublent à cause de ces squats et de ces blocages.
Il faut quand même savoir que ces militants négocient leur passage en année supérieure et la validation de leurs examens. Ils dévalorisent ainsi la valeur des diplômes au détriment des véritables étudiants. Ils font systématiquement du chantage auprès du président de l’université et le menacent de faire des recours pour ne pas avoir respecté scrupuleusement tel ou tel détail d’organisation, au risque de faire annuler l’année de tout le monde. C’est ainsi qu’ils obtiennent leur diplôme ou valident leur année.
Ils n’en font pas la publicité, mais ces gens-là peuvent réussir sans vraiment étudier tout en empêchant les autres d’étudier.

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