L’épidémie de coronavirus et les mesures gouvernementales de protection ont des conséquences pour le clergé catholique et les fidèles. Parmi elles, la suppression des messes publiques. Quelles solutions pour les fidèles ?

Réponse de Monseigneur Rey qui, dimanche, bénissait la ville de Toulon avec un ostensoir. Une image forte.

Le 1 mars, vous avez béni la ville de Toulon avec un ostensoir contenant l’eucharistie.
C’est une image forte qui rappelle les grandes épidémies. Pourquoi avoir fait ce geste ?

C’est une démarche spirituelle en cette période de qui menace notre pays au-delà des problèmes de sanitaire. C’est aussi le modèle de la mondialisation. Il y a des enjeux économiques et financiers. En cette période de grande crise, on a toujours utilisé les moyens naturels de précaution que rappellent les autorités publiques. Ce fut le cas en particulier en France ou en avec les fléaux qu’on été la peste, le choléra et la grippe espagnole. La place de la prière, de l’intercession et de la pénitence est irremplaçable en ce temps de carême. Il est très important de valoriser ces signes et ces démarches, car derrière toutes calamités et tous fléaux, il y a aussi une lecture spirituelle à faire.

L’Église a été une des premières institutions du pays à avoir appliqué à la lettre les prescriptions du gouvernement. Il n’y a donc plus de messes publiques dans ce pays. Certains catholiques l’ont reproché à leurs évêques. En période de crise et d’épidémie, les gens ont plus besoin de Dieu…

Bien sûr. On a besoin de Dieu particulièrement quand on est en situation de crise ou de catastrophe. La prescription qui a été donnée à l’ensemble des diocèses et dans les paroisses est précisément une instruction de précaution pour éviter qu’il y ait une propagation.
Le principe de réalisme consiste à prendre tous les moyens humains à notre disposition pour éviter cette propagation, et tous les moyens spirituels pour demander au Seigneur qu’on puisse venir à bout de cette grosse crise sanitaire. Si on ne joint pas les deux, on n’est soit dans le surnaturalisme soit uniquement dans l’organisation des moyens humains. C’est l’articulation des deux, à la fois prendre ce qui est nécessaire comme moyen de précaution, et supplier le Seigneur pour qu’il puisse intervenir dans la situation que nous vivons.


Les prêtres sont confinés chez eux. Ils ont le droit de se rendre auprès des malades. Quelle est la de votre diocèse et du gouvernement ?

Il me semble qu’il faut souligner cette nécessité de développer cette dimension de l’Église domestique à défaut de pouvoir se réunir entre chrétiens à l’occasion des offices. Cela existait au début du christianisme avant que les communautés s’organisent autour de la liturgie dominicale célébrée dans les chapelles. Il y a une dimension aujourd’hui qui me semble très fondamentale. On retrouve en cela ce qui existait dans le judaïsme où la célébration se faisait en famille.
Cette contingence qui fait qu’on est réduit à rester chez soi nous oblige à redécouvrir la place de l’intériorité et de la prière personnelle. La foi s’exprime bien sûr par des manifestations publiques. À défaut de pouvoir les faire, il faut retrouver cette dimension du cœur à cœur avec le Seigneur.
La communion ne peut plus se faire au niveau sacramentel, mais on peut développer une communion spirituelle, d’intercession les uns pour les autres. Il faut développer ces moyens-là.
À défaut de rendre possibles les célébrations ouvertes au public, les prêtres ont charge de prendre des nouvelles des uns et des autres et de faciliter ces liens interpersonnels.

18 mars 2020

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