Meurtre de Bastien : le coup de gueule de Jean-Luc Reichmann

Bastien Payet

L’initiative est trop rare pour ne pas être saluée. Ce n’est pas tous les jours qu’une figure médiatique rend hommage à une victime de l’ensauvagement. « Pour ne jamais oublier Bastien. Bastien Payet, un étudiant et chanteur de 23 ans qui a été tabassé à mort dans les rues de Reims le 10 mars 2019, a tweeté Jean-Luc Reichmann, lundi 11 mars. Il était candidat aux 12 coups de midi. Une très très belle personne. Sa maman et toute sa famille réclament justice… »

Le tragique destin de Bastien est, hélas, celui de beaucoup d’autres Français, victimes de l’insécurité. Comme le précise l’animateur star de TF1, l’étudiant a été « tabassé à mort », sans raison apparente, dans les rues de Reims, dans la nuit du 8 au 9 mars 2019. Trois jeunes gens, entre 20 et 25 ans, avaient rapidement été interpellés, livrant des versions contradictoires. Mis en examen pour meurtre, le trio avait été placé en détention provisoire.

Une Justice lente et laxiste

Si Jean-Luc Reichmann prend la parole, c’est bien sûr pour honorer la mémoire du défunt, mais surtout pour rappeler la Justice à ses devoirs. Car, cinq ans après la mort de Bastien, le procès de ses meurtriers n’a toujours pas eu lieu. Aucune date n’a même été annoncée, alors que l’instruction s’est achevée il y a un an et demi par le renvoi, en cour d’assises, des trois accusés pour « coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner », un crime puni de 15 ans de prison minimum. Interrogée par France 3 le 24 février dernier, l’avocat de la famille, maître Pauline Manesse, qualifie la situation d’« inacceptable », mais observe qu’« on ne se trouve pas dans les délais qui imposent la rapidité de la tenue du procès » dans la mesure où… les trois « jeunes » ont depuis été libérés.

Il se trouve, en effet, que deux des suspects ont été placés sous contrôle judiciaire et ont pu quitter la maison d’arrêt où ils étaient incarcérés dès l’été 2020. Le principal auteur présumé, le dénommé Oussama Z. a été lui aussi libéré, quelques mois plus tard. Elle est pas belle, la vie ?

La double peine

Nos trois larrons ayant été remis en circulation, la Justice estime qu’il n’y a plus urgence à traiter ce dossier. Généreuse, elle a même accordé aux accusés l’autorisation de revenir à Reims. Au grand dam de la famille de Bastien. « Quand je fais mes courses, peut-être qu’ils sont à côté de moi, je n’en sais rien, s’indigne Frédérique, la mère de la victime. Cela fait cinq ans qu’il ne se passe rien. Ils ont certainement leur petite vie tranquille, je ne sais pas et je ne veux pas le savoir. On risque de nous les montrer comme des gentils petits garçons qui se tiennent à carreau. Seulement, ils ont tué mon fils, il y a exactement cinq ans. » Tandis que les meurtriers de son fils profitent de leur liberté, Frédérique n’a plus que ses yeux pour pleurer. C’est elle qui a pris perpétuité. « Moi, ma vie est complètement détruite. J’ai perdu mon travail et je suis en invalidité, j’ai perdu ma santé, j’ai perdu mon fils unique, j’ai tout perdu », déclare-t-elle sur CNews, le 11 mars.

Cette affaire illustre le calvaire que vivent aujourd’hui les victimes et leurs familles. Elles subissent en premier lieu l’ultra-violence d’une jeunesse ensauvagée, puis le mépris d’un système judiciaire qui n’a d’empathie que pour les accusés. En réalité, la double peine n’a pas été abolie : elle a simplement été réservée au peuple français.

Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

18 commentaires

  1. J’ai le cœur serré en imaginant l’horreur et l’incompréhension que vit cette mère…
    Est-il possible que l’assassinat d’un jeune blanc, sans histoire, inconnu des services de police compte pour si peu ? Comment en sommes-nous arrivés là ?
    Je doute qu’il ne s’agisse que d’une question de moyens et c’est peut-être cela le plus angoissant…

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