Meloni rappelle à la France sa complaisance envers l’extrême gauche italienne

En réponse à Emmanuel Macron, Giorgia Meloni a évoqué le rôle de notre pays dans la protection des Brigades rouges.
Hommage des Italiens à Aldo Moro, assassiné par les Brigades rouges. Capture d'écran Archivio Luce Cinecittà
Hommage des Italiens à Aldo Moro, assassiné par les Brigades rouges. Capture d'écran Archivio Luce Cinecittà

Les échanges récents entre Giorgia Meloni et Emmanuel Macron ont pris les apparences d’une véritable joute verbale. Giorgia Meloni a souhaité faire un rappel ferme et essentiel sur la réalité historique des violences politiques en France, un sujet sur lequel l’Italie a un droit légitime de regard en tant que voisin de notre pays mais aussi victime de l’extrême gauche et bergère de certains de ces « moutons », ou plutôt brebis galeuses. Elle a ainsi déclaré : « La France, entre autres, connaît très bien la violence de gauche pour avoir accordé l’asile politique à plusieurs membres des Brigades rouges pendant des décennies. » Cette déclaration nous renvoie ainsi à un passé peu reluisant pour la France de François Mitterrand, qui accueillit sur notre sol et protégea de véritables terroristes en refusant leur extradition vers l’Italie. Ce souvenir demeure aujourd’hui un point de friction durable entre Paris et Rome et rappelle à la France, qui supporte mal que l’on mette en lumière certaines de ses fautes politiques récentes, sa complaisance passée à l’égard d’une extrême gauche violente.

Les années de plomb italiennes

Entre 1970 et 1990, l’Italie fut le théâtre d’une crise profonde connue sous le nom des « anni di piombo » (les années de plomb), marquée par une radicalisation simultanée de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Durant cette sombre période, près de 400 morts et plusieurs milliers de blessés furent à déplorer, suite à de nombreux attentats et assassinats ciblés.

Parmi les groupes d’extrême gauche les plus actifs et les plus violents se distinguent très largement les Brigades rouges, qui s’imposèrent rapidement comme l’organisation la plus redoutée du pays. Inspirées du marxisme-léninisme et se réclamant d’une révolution prolétarienne, elles entendaient frapper le cœur de l’État italien et le capitalisme. Nées au début des années 1970, les Brigades rouges regroupaient ainsi des militants déterminés à s’attaquer aux forces de l’ordre, aux magistrats, aux responsables politiques et aux chefs d’entreprise. Parmi leurs fondateurs figurait, notamment, un certain Alberto Franceschini, arrêté dès 1974 et condamné à 18 ans de prison pour activités terroristes. Entre 1974 et 1978, l’organisation revendiquera à elle seule plus de mille actions violentes, allant de l’enlèvement aux assassinats ciblés en passant par les célèbres « jambisations » destinées à mutiler des adversaires sans les tuer pour mieux les intimider et les soumettre.

Des actes qui ont traumatisé l’Italie

Les Brigades rouges se rendirent aussi particulièrement et tristement célèbres pour une série de crimes sanguinaires. Le plus emblématique, et le plus tragique, demeure l’enlèvement puis l’assassinat d’Aldo Moro, l’ancien président du Conseil et figure importante du mouvement centre la Démocratie chrétienne. Ainsi, le 16 mars 1978 à Rome, un commando des Brigades rouges attaque le cortège de l’homme politique et l’enlève alors qu’il se rend au Parlement.

Durant 55 jours, Aldo Moro est maintenu en captivité. Ses geôliers exigent, en échange de sa vie, la libération de plusieurs de leurs compagnons emprisonnés. Autorisé à écrire, Moro adresse de nombreuses lettres aux responsables politiques et les supplie de céder aux exigences de ses ravisseurs afin de sauver sa vie. L’État italien refuse cependant toute négociation avec une organisation terroriste au nom du principe de fermeté face à la violence. Le pape Paul VI, ami personnel d’Aldo Moro, tente d’intervenir de son côté pour obtenir sa libération, mais en vain. Conscient du sort funeste qui l’attend, Moro écrit, dans l’une de ses dernières lettres : « Mon sang retombera sur vous. »

Le 9 mai 1978, son corps, criblé d’une douzaine de balles, est retrouvé recroquevillé dans le coffre d’une voiture. Ce crime brutal traumatise durablement la société italienne et incarne encore, aujourd’hui, la dérive meurtrière dont est capable l’extrême gauche.

La France, refuge parfait pour les Brigades rouges

L’État italien, confronté à cette escalade meurtrière, intensifia alors les arrestations et les poursuites judiciaires à partir de la fin des années 1970. Des milliers de militants furent interpellés, jugés et condamnés dans le cadre d’une politique de répression massive. Face à cette réponse judiciaire, un certain nombre de brigadistes décidèrent de fuir en France où celui qui allait devenir leur bienheureux protecteur, François Mitterrand, mit en place une politique de protection devenue célèbre sous le nom de « doctrine Mitterrand ». Cette dernière permettait l’accueil sur le territoire français d’anciens activistes italiens à la simple condition qu’ils déclarent renoncer à la lutte armée et qu’ils ne transforment pas la France en base arrière. Dans les faits, cette politique permit à de nombreux terroristes condamnés en Italie, y compris pour des faits extrêmement graves, de s’installer durablement en France et d’échapper à l’exécution de leurs peines. Le nombre total de victimes attribuées aux seules Brigades rouges est aujourd’hui estimé à environ 80 morts.

Malgré cette situation, l’Italie ne renonça jamais à obtenir justice. En 2019, Rome relança officiellement des demandes d’extradition visant dix ressortissants condamnés pour terrorisme et installés en France depuis parfois plus de trente ans. En 2022, la Justice française refusa définitivement l’extradition de ces dix personnes, invoquant notamment leur âge ou encore le respect de leurs familles désormais implantées en France. En avait-elle seulement eu pour celle de leur victime ?

Ainsi, en rappelant le rôle de la France dans l’accueil et la protection d’anciens membres des Brigades rouges, Giorgia Meloni ne cherche pas à raviver une vieille polémique diplomatique, elle veut continuer à lutter pour la mémoire et pour la justice à l’encontre d’hommes et de femmes ayant fui les conséquences de leurs actes. Elle met aussi en lumière un problème plus large : l’existence d’une extrême gauche violente et impunie en France.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

81 commentaires

  1. Madame Giorgia Meloni. Voilà une dame qui en a. Elle n’a pas peur d’appeler un chat un chat. On aimerait autant de courage politique chez nous. La question, m. macron n’est pas de savoir si ce qu’elle dit vous plaît ou non, mais si ce qu’elle dit est vrai ou pas. C’est peut-être malheureux, mais c’est ainsi, les faits sont têtus. Quel dommage m. macron, n’est ce pas, que la réalité refuse obstinément de se plier à votre utopie mortifère. C’est valable pour nombre de nos élus, responsables politiques, membres du gouvernement et tutti quanti.

  2. Il y avait longtemp que l’on ne parlait pas de lui. Et bien ça y est une bourde de plus, on ne les compte plus. Mme MELONI qui réussit a redresser son pays doit l’agasser, elle réussit là ou lui à tout échoué. A savoir s’il est encore en capacité de s’en rendre compte ???? pas sûr

  3. Macron est jaloux de Méloni, car elle est en passe de réussir la politique pour laquelle elle a été élue. Lui détruit tout sur son passage. Mais c’est bien connu, la France abrite toute le racaille du monde, et en plus leur permet de vivre avec les deniers publics.

  4. Face à Giorgia Meloni, Macron a perdu l’occasion de se taire. Il fait preuve d’une diplomatie de la cour du roi Petaud. Il aurait pu jouer le rôle, lui l’acteur de théâtre de lycée, du collectionneur de boomerang dans le célèbre film « le dîner de cons ». L’effet escompté lui est revenu en pleine poire si l’on peut dire. Quand aux moutons bien gardés il fait référence aux français eu égard à sa fonction c’est une insulte déguisée. Se croyant le berger dont le bâton pourrait se retourner contre lui. L’administration américaine a réitérée le message d’empathie et de mise en garde sur la tournure des événements en Europe et surtout en France. Que va dire Macron à Trump? Ce narcisse chef d’état français est devenu une calamité tant diplomatique que financière qui dépense sans compter pour aller s’occuper, surtout, lui , des moutons des autres. La chute de notre nation est vertigineuse avec ce capitaine de Pédalo.

    • Encore une fois la majorité des français ont voté. Nous subirons pendant 1 ans encore, la gabegie macronienne, n’en déplaise à ceux qui n’ont pas voté pour lui. La libération est proche tenons bon.

      • Encore une fois ce n’est pas la majorité des français..mais la majorité des suffrages exprimes…résultat du dévoiement de notre systeme électoral au bénéfice de médiocres…

    • « Macron a perdu l’occasion de se taire… » Comme il en est coutumier, ni plus, ni moins. C’est étrange qu’un type se sachant être la risée du monde entier du seul fait de son comportement systématiquement déplacé quand il n’est pas tout simplement ridicule, ne puisse s’empêcher de sauter sur toute occasion qui lui permette de se mettre en scène, bien que ce soit la plupart du temps à son détriment. La psychiatrie en fera sans doute un cas d’école.

  5. « Que chacun s’occupe de son pays et les moutons seront bien gardés »…il dit ça alors qu’il passe son temps à l’étranger à brasser du vent…il critique sans cesse les « nationalistes » sauf un, qu’il encense : le nationalisme Ukrainien! Mme Méloni lui a montré à quel point il était inculte et grossier…

  6. No comment…la messe est dite et ça confirme que de l’extrême gauche jusqu’au centre inclus tout est pourri et vérolé! Défendre des terroristes fait d’eux des terroristes.

  7. Ce terroristes italiens ne ressentent aucune culpabilité envers les meurtres qu’ils ont commis
    Eh bien de même nos nervis d’extrême gauche « français  » ne ressentent aucun regret du meurtre de Quentin c’est en cela qu’il perdent toute humanité depuis 1789 le Gauche rend fout
    100 000 000 de morts et pas une excuse

  8. Giorgia Meloni: rappel opportun du Réseau Gladio, branche italienne des Réseaux Stay Behind: relisez la déclaration du président du Conseil, Giulio Andreotti, du 27 octobre 1990, authentifiant l’existence d’une telle superstructure, le Gladio.

  9. 2019 l’italieie relance sa demande et 2022 la justice refuse l’extradition. Et qui est président à cette époque en France??

    • iL L’extradirat peut être.. , mais je pense qu’il attendra d’être au creux de la vague dans les médias,
      et là ??on parlera encore de lui … il n’attendra que cela le bougre.

  10. Me revient une déclaration qui se vérifie à chacune de ses prises de parole :
    « Emmanuel Macron est un oxymore ambulant. Il y a chez lui le verbe, mais pas la pensée. »

    • C’est un prétentieux haineux qui n’aime pas la France et moins encore les Français. S’il était à la tête de l’UE ce serait pareil.

      • Il n’y a que Macron et quelque francais pour croire qu’il peut etre president de l’europe..une majorite d’entre nous ne peut plus le voir en peinture,et a l’etranger surtout en Allemagne qui commande tout le monde se fout de lui…

  11. TOUT JUSTE ! Je l’ai vécu. La gauche avait déjà une forte propension a soutenir des criminels sous prétexte de lutter contre le grand capital (sic). Mais elle avait les yeux de Chimène pour la succession de criminels en série qui ont dirigé « la Patrie des Travailleurs ». Et puis Soljenitsyne vint… et cet empire du Mal s’effondra comme un château de cartes sur ses bases vermoulues par 72 années de crimes, de mensonges et d’exactions tous azimuts !

  12. Pas que ‘l’extrême gauche, la France depuis 81 protège Giovanni Alimonti, Luigi Bergamin, Roberta Cappelli, Enzo Calvitti, Paolo Ceriani Sebregondi, Salvatore Cirincione, Maurizio Di Marzio, Paola Filippi, Gino Giunti, Giorgio Pietrostefani, Ermenegildo Marinelli, Sergio Tornaghi, Raffaele Ventura et Enrico Villimburgo qui vivent tranquilles dans notre pays

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