Gaîté Lyrique : la gérante du bistrot, ciblée par des attaques, témoigne

Parce qu'elle dénonce les répercussions de l'occupation sur son établissement, la patronne subit boycott et harcèlement.
BV/Aliénor de Pompignan
BV/Aliénor de Pompignan

Il n’y a pas foule, au bistrot de la Gaîté, ce jeudi après-midi. Une poignée de clients, attablés à l’intérieur ou en terrasse de cet établissement du IIIe arrondissement de Paris, profitent d’un café ou d’un déjeuner tardif. Certains, en réglant l’addition, esquissent un sourire appuyé et lâchent un « bon courage » en partant. Parfois ils ne disent rien, mais leur regard confirme qu’ils n’en pensent pas moins.

Une femme d’un certain âge insiste pour laisser un pourboire afin de « donner de la force », précise-t-elle. Elle n’est pas du quartier mais elle est venue de loin spécialement en métro pour soutenir la propriétaire. « Je l’ai vue à la télévision », souffle-t-elle avant de s’éclipser.

Un élan de soutien

Depuis le reportage de Tony Pittaro diffusé ce 22 avril, des soutiens se déplacent pour encourager ce commerce, aujourd’hui menacé de liquidation judiciaire. Depuis les dix mois d’occupation illégale du théâtre de la Gaîté Lyrique – voisin direct de l’établissement – par plus de 400 migrants, les affaires sont mortes.

Déjà fragilisés par la crise du Covid-19 puis par les Jeux olympiques de 2024 et leurs répercussions économiques, de nombreux restaurateurs peinent à se relever. Pour ce bistrot, l’occupation du théâtre par les associations pro-migrants aura porté le coup de grâce.

Et plus d’un an après l’évacuation forcée de la Gaîté Lyrique, en février 2025, la situation ne s’est pas améliorée, contrairement aux espoirs d’Elia, la gérante.

Une parole qui dérange

À l’époque, n’ayant « plus rien à perdre », elle s’était laissé approcher par des journalistes pour raconter les difficultés engendrées par cette occupation : une vie de quartier dégradée, marquée par la consommation de drogue et l’oisiveté de ces 400 « mineurs isolés », des altercations fréquentes avec les « jeunes » hébergés dont résultait une fréquentation en chute libre de son établissement.

Pour avoir parlé à la presse, sollicité l’expulsion des migrants et dénoncé le rôle des collectifs impliqués, Elia et son mari ont été la cible d’une campagne locale de dénigrement virulente. Traités de « fachos » et de « racistes », certains appelaient à les « tuer économiquement » et à les voir « finir à la rue » avec ses trois enfants.

Par la suite, Elia a entendu à plusieurs reprises que les prestataires de la Gaîté Lyrique avaient reçu pour consigne de ne pas fréquenter son établissement. Sans explication ni réel retour de la direction du théâtre, elle a décidé de porter plainte il y a une semaine.

Aujourd’hui, c’est surtout de la rage et de l’incompréhension qui animent la gérante. Elle-même issue d’une immigration maghrébine pauvre, comme son mari l’est de l’immigration subsaharienne, elle ne comprend pas qu’on lui colle cette étiquette. Bosseuse comme ses parents l’ont été, il s’agit pour elle de « bon sens » que de ne pas faire miroiter à ces jeunes des allocations et des logements sociaux sans travailler, alors même que « des Français qui payent des impôts ne parviennent pas à les obtenir ».

Lorsque nous la rencontrons au bistrot, elle vient de découvrir une vague soudaine de mauvaises notes sur la page Google de son restaurant. « Mauvais », « à fuir »… En quelques heures, des dizaines d’avis négatifs affluent. C’est plus que ce qu’il n’est passé de clients. Aucun doute sur le fait que ce « boycott » soit lié au reportage diffusé la veille. Il suffit de voir les commentaires sur les réseaux sociaux pour comprendre qu’un mécanisme de cyber-harcèlement s’est mis en place.

L'engagement comme défense

Malgré tout ça, la gérante dit vouloir se battre. Lors des municipales, elle s’était engagée sur la liste de Thierry Mariani pour tenter de prendre sa revanche sur cette situation injuste. Cet engagement politique lui est toujours reproché par ceux qui estiment qu’elle ne peut se plaindre d’être traitée de « facho » si elle « fréquente l’extrême droite ».

Pourtant, ce basculement populaire vers le Rassemblement national, Elia, qui est issue des quartiers et « a voté à gauche toute sa vie », affirme désormais le comprendre à cause de tout ce qu’elle a vécu, l’an passé. Les insultes, les intimidations, les menaces et, surtout, l’abandon par les pouvoirs publics, aussi bien la préfecture que la mairie de Paris, à qui elle a demandé des indemnités pour le manque à gagner. Des courriers restés sans réponse.

La gérante du bistrot de la Gaîté n’a donc d’autre choix que de continuer son parcours du combattant, qui se poursuivra, l’espère-t-elle, devant la Justice.

Sollicitées, la mairie de Paris et la Gaîté Lyrique n'ont, pour l'heure, pas donné suite.

Vos commentaires

42 commentaires

  1. Je suis quoi quand je lis ça et que je regarde cette vidéo ? Dégoûté ? Atterré ? Consterné ? Là franchement j’ai plus les mots. En tout cas courage à cette femme. Il en faut beaucoup pour résister contre le nombre, et contre la bêtise quand elle se croit sûre d’elle.

  2. Lamentable. Et ce sont des immigrés qui ont fait l’effort de s’intégrer qui sont victimes d’une situation qui leur échappe complètement. Nous vivons dans un monde de fous

  3. La fausse humanité de la gauche sectaire dans toute sa splendeur. Non seulement elle n’est pas apitoyée par le sort tragique de cette brave femme mais elle appelle à son anéantissement social. Giscard avait tort en disant à Mitterrand qu’il n’avait pas le monopole du coeur. En fait du cœur, la gauche sectaire n’en a pas car son idéologie l’a rendu insensible. Pas la moindre empathie pour ceux qui ne représentent pas un intérêt électoral. Par contre une tendresse pour les pires tyrans, racailles et terroristes. Écœurant !

  4. Après la soif du savoir vilipendée parce que soi-disant inégalitaire (l’effort c’est épuisant), voici la soif tout court qu’on veut stopper au motif que le verre servi aurait un goût de fascisme. Il n’y a que les bobos pour inventer ça ! Au point où ils en sont, même la bière brune est à délaisser. C’est dire le vent mauvais qu’ils entretiennent. Je plains la commerçante.

  5. Avec la nouvelle mandature socialo-écolo à la mairie de Paris , ce phénomène parasitaire va sans doute se répandre dans notre capitale déjà passablement sinistrée !

  6. Les dirigeants de la gaietée lyrique,fonctionnaires pro immigration,ne risquent rien eux.Il serait temps de dégraisser le mammouth et de liquider une bonne partie de ces fonctionnaires parasites qui grèvent nos finances et se complaisent dans l’idéologie d’ultra gauche qui a amené le pays au bord du gouffre.

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