Plainte pour esclavage contre Deliveroo et Uber Eats. Qui sont leurs clients ?

Plusieurs associations d’aide aux livreurs de repas ont déposé plainte pour « traite d’êtres humains ».
Capture d'écran Deliveroo
Capture d'écran Deliveroo

Plusieurs associations d’aide aux livreurs de repas – la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d’aide aux livreurs Amal et Ciel – viennent de déposer une plainte pour « traite d’êtres humains » auprès de la Procureure de Paris. Elle vise les plateformes Deliveroo et Uber Eats. Me Thibault Laforcade, l’avocat qui porte cette affaire, explique que le modèle économique développé par ces plateformes « repose sur l’exploitation d’une main-d’œuvre très précaire, en grande partie immigrée, dans des conditions de travail indignes, pour des revenus de survie ». C’est le nouvel esclavage dénoncé par une gauche qui en est pourtant la première cliente.

Les forçats du McDo, du Poke bowl et de la pizza

Les chiffres sont stupéfiants, sans jeu de mots… Les livreurs de Deliveroo, Uber Eats et autre Uber shit – puisque ce sont souvent les mêmes – seraient entre 70.000 et 100.000 sur le territoire français. C’est ce qui ressort de l’enquête menée en mars 2025 par Médecins du Monde (MDM) et dont nous avions rendu compte ici même.

De cette enquête, il ressort que 98 % des livreurs sont « des personnes immigrées (nées étrangères à l’étranger et résidant en France) » et que « 68 % n’ont pas de titre de séjour ». Des sans-papiers donc, ce qui les rend totalement vulnérables et exploitables. Tous se disent « exposés aux discriminations, agressions et précarité sanitaire », cela pour un salaire de misère. MDM, qui a interrogé 1.000 livreurs de Paris et Bordeaux, établit leur salaire autour de 1480 euros bruts pour des semaines de 63 heures en moyenne. Et encore faut-il retrancher de cette somme environ 30 % des gains généralement versés au « prêteur d’identité ».

En effet, ce que se gardent de dire les médias bien-pensants qui, pourtant, se réjouissent aujourd’hui qu’une plainte soit déposée, personne – pas plus Le Monde, que Libération, le HuffPost ou même La Croix et France Info – ne relève que ces 68 % de sans-papiers louent, pour pouvoir bosser, les comptes d’autres travailleurs. Illégale mais courante, la pratique est connue de tous,

Ainsi dans l’affaire que nous relations l’an passé, lorsqu’un collectif de livreurs (Guinéens, Pakistanais, Afghans…) de Poitiers, soutenu par la Cimade, la CFDT, Amesty international, etc., allait adresser ses demandes de régularisation à la préfecture de la Vienne. Une date hautement symbolique avait été choisie pour cette opération médiatisée : le 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Trois cents personnes escortaient alors les demandeurs d’asile, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : « Justice et dignité pour les livreurs sans papiers

Bienvenue chez les tartufes

Dans la nouvelle France tant vantée par la gauche, on passe son temps à dénoncer ce dans quoi l’on se vautre. On nous rebat quotidiennement les oreilles du sort épouvantable des “racisés“, mal traités, exploités, mais ce sont bien souvent les mêmes, chantres de la France diversitaire, qui entretiennent cette « économie de la paresse ». On fait mine de le découvrir parce qu’une plainte a été déposée, mais c’est un secret de polichinelle : les immigrés clandestins sont les nouveaux esclaves, et ceux qui le dénoncent sont aussi ceux qui ont le plus recours à leurs services, réclamant de surcroît toujours davantage de petites mains immigrées pour satisfaire leurs envies.

Comme dit plus haut, ces malheureux sont doublement exploités, victimes de l’employeur et tout autant, parfois, de leur communauté. Ce volet n’intéresse pas nos médias de gauche. Le rapport de Médecins du Monde est pourtant explicite : le prêteur d’identité, généralement un grand-frère ou un cousin, touche en moyenne 200 euros par semaine, certains versant même jusqu’à 50 % de leurs gains. C’est un marché intra-communautaire et sous-terrain qui inclut également la revente de comptes, réalisable pour 2.000 à 3.000 euros.

Ne voulant surtout pas s’interroger sur les clients qui font tourner cette « économie de la paresse » – pas plus qu’on ne veut se pencher sérieusement sur les clients de la drogue – la Cimade et le Parti communiste auraient voulu que les livreurs soient inclus dans les fameux « métiers en tension » pour justifier un afflux de nouveaux migrant sur notre sol.

Les nouveaux négriers

C’est Le Point qui, en 2023, avait fait réaliser une enquête sur la clientèle des plateformes Uber Eats, Deliveroo, Just Eat etc. Il en ressortait que « les électeurs se positionnant "très à gauche" sont les plus nombreux à utiliser ces plateformes, à 29 %, contre 19 % des Français en moyenne… Leur enseigne de prédilection est Uber Eats, leader avec 40% de part de marché, devant Deliveroo et Just Eat. »

Le détail de l’enquête les dit « “progressistes", plutôt jeunes, diplômés, travaillant souvent dans les arts et le spectacle » ; plus proches de LFI que de la gauche modérée, ils sont « pro-européens, pro-accueil des migrants, pro-adoption pour les couples homosexuels, massivement contre la peine de mort, leurs votes vont à gauche ou à l'extrême gauche ».

Comme tout bon wokiste qui se respecte, ces gens ne représentent que 5 % de la population française mais 46 % des clients des plateformes. Ce qui n’empêche pas 63 % d’entre eux de dénoncer les nouvelles formes d’esclavagisme. L’essentiel, c’est d’avoir bonne conscience, non ?

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

36 commentaires

  1. ces mêmes  » clients de gauche bobo  » viennent sur les plateaux TV parler de la commémoration de la fin de l’esclavagisme, ces plates-formes servent dans les quartiers chics, pas dans la banlieue des quartiers les autres, ou dans les territoires, l’exploitation de ces personnes est une honte, mais ça ne dérange pas grand monde, mieux vaut donner 17 milliards d’euros à l’Ukraine que construire des usines et faire de ces pauvres hères les larbins de cette caste, les eigneurs sont de retour, et les serfs aussi.

  2. Je ne fais jamais appel à ces services , je remarque que ce sont les pauvres qui s’exploitent entre-eux , les « jeunes » se font livrer par d’autres « jeunes » , c’est sympa , çà fait « riche » , jadis les bourgeois tiraient le cordon pour demander à l’office de monter le repas ,
    Et ces services arrivent en bout de chaine de l’immigration illégale , au départ les passeurs mafieux , prennent le relai les associations pétries d’humanisme gavées d’argent public , et le petit boulot , et l’information vers le pays d’origine , viens j’ai trouvé un petit boulot !

  3. Ce que personne ne dit, c’est que ces personnes qui marnent dans ces conditions pour un vingtaine d’euros par jour et parfois dorment dans la rue le soir, elles, elles bossent. Pas comme un très grand nombre d’immigrés venus s’où on sait, et qui bénéficient d’un grand nombre d’avantages sociaux que ces clandestins n’auront pas. Et ça , ça me dérange. (accessoirement, Je précise que quand je veux une pizza, je vais la chercher moi même)

Laisser un commentaire

Quentin Deranque - que s'est-il vraiment passé ?

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI se dresse contre les banquets du Canon français… mais défend les rave party
Yves-Marie Sévillia sur Radio Courtoisie
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois