[LIVRE] Maman, j’ai vu Jésus : un récit témoignage édifiant de Laurence Trochu
Maman, j’ai vu Jésus est le titre du témoignage écrit par la député européenne Laurence Trochu et qui vient de paraitre le 9 avril dernier aux éditions Via Romana. Tout est dans ce titre puisque c’est ici la mère qui raconte l’épreuve endurée en famille : l’accident de voiture qui a failli tuer leur fils de onze ans en 2017. Le Petit Prince de Saint-Exupéry y sert de fil conducteur : il s’agit bien de faire revenir ce petit prince là, Stanislas, sur la planète des vivants et d’apprivoiser l’inconnu et l’incertitude de son état.
« Les phrases courtes sont le cœur qui bat vite »
Le récit va à l’essentiel : une vie de famille nombreuse banale bousculée par la voiture qui a renversé l’un de ses enfants, Stanislas, le laissant presque plus mort que vif. Pas de fioritures, pas de circonvolutions, pas de poèmes : il s’agit de raconter cette histoire - qui aurait pu être tragique - telle qu’elle a été vécue. « Quand tout s’effondre, il ne reste plus que l'essentiel, rude, brut, brutal. C'est pour épouser cette sensation que Laurence a adopté tout naturellement un style très épuré, presque dénué de tout pathos. Les phrases courtes sont le cœur qui bat vite, le souffle qui se retient » explique son mari, Benoit Trochu dans l’Avant-propos. Le récit n’en est pas pour autant saccadé et, même s’il ne s’appesantit pas sur les émotions, le ressenti ou la douleur vécus par cette mère éplorée, il n’occulte pas pour autant la souffrance et l’affliction de parents inquiets pour la vie de leur fils. C’est que les médecins ne sont pas très optimistes : « Des lésions cérébrales nombreuses et profondes. Le tronc cérébral, commande principale des fonctions vitales, est particulièrement atteint. C'est ce que l'IRM vient confirmer. Des signes cliniques montrant que Stanislas se raidit, à cause de l'inconfort et peut-être de la souffrance » raconte Laurence Trochu. Pourtant, déjouant ces pronostics alarmants, Stanislas reviendra à la vie, se remettra.
Un témoignage édifiant
Sans trop entrer dans les détails, ce petit livre offre aussi aux lecteurs l’opportunité de se poser des questions sur le don d’organe par exemple, de s’interroger sur ce qu’est l’acharnement thérapeutique… Sans y réponde, le récit de Laurence Trochu permet de s’y confronter. Mais plus que tout le reste, ce témoignage est un récit sur la fin de vie, et il est d’autant plus prégnant qu’il concerne un enfant et qu’il est écrit par sa mère. Pourtant, s’il est émouvant, ce n’est pas non plus ce qui le qualifie le mieux : ce petit livre est avant tout édifiant. Parce que si ses parents racontent leur expérience, la façon dont ils ont vécu ces semaines d’incertitudes, d’espoir et de tâtonnement, c’est, à la fin, le récit de l’expérience de mort imminente vécue par Stanislas qui marque peut-être le plus le lecteur. Celui-ci découvre que l’espoir maternel avait toutes les raisons d’être.
Une expérience spirituelle
Ce livre n’est pas un joli conte de fée, ou une histoire dramatiquement commencée qui finit bien. C’est le récit de parents qui se sont accrochés à leur Foi, qui ont cherché à donner du sens à leur épreuve, qui ont espéré et prié, et c’est l’histoire d’un petit garçon qui a gouté un échantillon du paradis… mais son heure n’était pas encore venue. Le livre est un miroir : les deux expériences du fils et de la mère se répondent et se nourrissent mais il est aussi un dialogue dont le dénouement se trouve dans le récit de son fils. « Immanquablement surgit alors une terrible interrogation. Pourquoi ? Pourquoi cela nous arrive-t-il, à nous ? » rapporte Laurence Trochu qui poursuit : « Ce matin-là, surgit une certitude, comme une évidence implacable : pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Cette conviction ne me quittera jamais. J'en comprendrai progressivement le sens. »
L’accident de Stanislas a lieu la vieille du Carême et l’épreuve vécue par cette maman a tout d’une montée au Calvaire qui se termine dans la joie de la Résurrection. Pourtant, Laurence Trochu ne joue par les Mater Dolorosa et la souffrance maternelle s’efface dans ce livre, derrière la volonté de transmettre l’histoire édifiante de leur fils, son « expérience de vie imminente ».
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2 commentaires
En lisant cet article, on se rend compte qul le « maman j’ai vu Jésus » n’a jamais été prononcé par ce jeune
garçon et que ce n’est que le titre du livre, imaginé par sa mère Laurence. Sinon, c’est un récit émouvant
bien sûr, vécu par une famille très croyante qui témoigne d’une certaine résilience due à cette foi qui est
sans conteste une aide pour ceux qui « croient » … On dira tant mieux pour eux !
Le final des trois enfants de la chanson de St Nicolas
le premier dit « j’ai bien dormi »
le second dit « et moi aussi »
et le troisième répondit « je me croyais au paradis ».