[STRICTEMENT PERSONNEL] Si les Ricains n’étaient plus là…
Nous. Nous les Français, en tout cas un grand nombre d'entre nous. Peut-être même la majorité. Nous n'aimons pas les Américains. Je veux dire, plus précisément, les États-Unis.
Parmi les plus lourds griefs que nous ayons envers la grande démocratie d'outre-Atlantique, il y a bien sûr son immixtion intempestive dans les affaires du Vieux Continent, lors de la Première Guerre mondiale. Encore les Américains avaient-ils laissé passer près de trois ans avant de voler au secours, comme c'était leur devoir, de la Grande-Bretagne et de la France qui, à bout de force, ne semblaient plus en mesure de vaincre les empires centraux. Cette tardive intervention fut déjà ressentie par beaucoup, de ce côté de l'Atlantique, comme vexante.
De plus en plus nombreux à leur en vouloir
Qui sait d'ailleurs, sans Pearl Harbor, s'ils ne nous auraient pas laissé froidement tomber, un quart de siècle plus tard ? Qui sait s'ils seraient derechef venus à notre aide ? En tout cas, longtemps indifférents aux souffrances consécutives à notre entrée en guerre, à notre si peu étrange défaite et à l'Occupation, ce ne fut pas avant 1944 qu'ils daignèrent nous libérer. Encore, pour ce faire, n'avaient-ils pas hésité à écraser les plages du Débarquement et toutes les vieilles villes de notre chère Normandie. Leur intervention, une nouvelle fois tardive, parut donc à bon nombre de nos compatriotes brutale et humiliante.
Si, en dépit de la guerre froide et de l'affrontement larvé entre les États-Unis et le bloc de l'Est, les démocraties occidentales ont survécu et prospéré dans la paix, nous, Français, nous le devons, comme nos voisins et amis européens, au parapluie étoilé sous lequel nous abrite, depuis 1945 et surtout depuis 1949, l'Alliance atlantique dominée par ce bon vieil Oncle Sam. Nous sommes donc de plus en plus nombreux à leur en vouloir. Ainsi va le monde...
« Si les Ricains n'étaient pas là »...
Pour l'avoir rappelé avec candeur dans une chanson, Michel Sardou, en 1968, fit scandale. Comme vient de le faire à son tour, avec le manque de tact et la brutalité, le plus souvent verbale qui le caractérisent, le président Donald Trump, qui n'a pas craint de stigmatiser l'ingratitude de pays supposés être les alliés et d'abord les obligés de la première puissance du monde. Où se vérifie, une fois de plus, la moralité du Voyage de Monsieur Perrichon, immortel vaudeville d'Eugène Labiche. Votre sauveur vous a-t-il, au péril de sa vie, tiré du fond du gouffre où vous étiez tombé, on n'aime pas, on s'agace, puis on ne supporte plus, quitte à nier l'évidence, qu'il se permette de vous le rappeler. L'attitude de la quasi-totalité des quelque vingt-sept membres de l'Union européenne, leur refus de prendre clairement parti entre les États-Unis et l'Iran, en sont une démonstration éclatante.
Si la guerre est trop souvent un remède pire que le mal auquel elle prétend remédier, et quels que puissent être les maladresses, les torts, les dégâts et les ravages que l'on reproche aux États-Unis et leur indocile protégé israélien, il faut un singulier mélange d'hypocrisie, de mauvaise foi et de lâcheté pour contester, voire pour nier, qu'en l'occurrence, l'Iran avait tout fait pour s'attirer, pour mériter, pour justifier et pour légitimer l'agression préventive et l'impitoyable punition qu'ont successivement infligées puis administrées aux mollahs, à leurs milices et malheureusement au peuple qui gémit sous leur joug, Tel Aviv et Washington, autrement dit l'Amérique du président Trump et l'État hébreu de Benyamin Netanyahou.
Violation du droit international ?
Il paraît que l'attaque menée une première fois en juin dernier, reprise et amplifiée depuis le 28 février par les États-Unis, a été perpétrée en violation du droit international et au mépris des règles universellement proclamées et reconnues par les États membres de l'ONU, parmi lesquels figurent, le croirait-on, les États-Unis, Israël et... l'Iran. C'est parfaitement exact.
Il est également avéré que toutes les formes du droit n'ont pas été respectées et que certains États autoproclamés membres du camp du Bien ne valaient pas mieux que les représentants attestés du Mal lorsque, en 1945, l'alliance contre-nature de l'Angleterre de Churchill, des États-Unis de Roosevelt, de l'URSS de Staline et, modestement, de la France de Charles de Gaulle terrassa les puissances de l'Axe, IIIe Reich de Hitler puis empire du Soleil levant. Nul, parmi les vainqueurs ni dans le reste du monde, ne protesta alors contre le traitement infligé aux vaincus ni ne remit en question leur jugement puis leur condamnation et leur exécution. Encore ne fut-ce qu'une fois la paix rétablie que l'on découvrit dans leur intégralité l'étendue et l'horreur des crimes imputables aux vaincus.
Ces monstres fanatiques qui violent tous les droits de l'homme
Il se trouve au contraire que l'on connaît parfaitement aussi bien la nature du projet que la réalité des intentions affichées et des crimes ouvertement perpétrés depuis quarante-sept ans par les dirigeants du régime iranien. Nul ne saurait de bonne foi ignorer, et donc nier, qu'il est prévu et proclamé par les assassins enturbannés qui ont mis la main sur l'Iran en 1979 de se doter de l'arme nucléaire pour non seulement détruire l'État juif, mais pour exterminer le peuple juif, reprenant ainsi sous un autre drapeau et avec les mêmes mots le programme d'Adolf Hitler. Nul n'a pu ignorer, non plus, que ce ne sont pas les Américains ni les Israéliens qui ont massacré, en janvier dernier, par dizaines de milliers, les manifestants pacifiques qui étaient descendus dans la rue pour demander un peu de liberté. Une revendication inacceptable et impitoyablement réprimée par des monstres fanatiques et corrompus qu'il serait dérisoire d'accuser, comme on ne se prive pas de le faire s'agissant des États-Unis et d'Israël, de ne pas respecter la lettre du droit international, puisque par nature, et depuis qu'ils ont pris le pouvoir, ils violent systématiquement tous les droits de l'homme.
Le scandale n'est pas qu'Israël et les États-Unis refusent à l'Iran le droit de détenir et d'employer l'arme décisive qui, dans le cerveau malade des Gardiens de la révolution, leur permettrait de réaliser l'ambitieux programme qui se résume, bourreaux d'un peuple réduit en esclavage, à l'anéantissement d'une autre communauté humaine. Le scandale, en l'occurrence, est que les dirigeants des quelques États relativement démocratiques qui subsistent sur cette planète marchandent ou refusent leur concours et leur soutien aux deux dirigeants qui, si critiquables sous bien des aspects qu'ils soient l'un et l'autre, sont bien seuls pour combattre le régime maléfique qui fait planer la terreur et la nuit sur la terre où, jadis, parla Zarathoustra.
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3 commentaires
L’Iran ayant déclaré la guerre à Israel et aux USA en 1979, leur intervention est parfaitement légale.
Il est beau le coté pile de l’empire américain. Par contre le coté face l’est beaucoup moins.
Qui a mis en place un gouvernement socialiste (avec un adolf H) en Allemagne pour contrer les communistes ?
Qui a mis en place le gouvernement Iranien en détruisant la démocratie pour mettre en place le Shah ?
Les US n’ont jamais eu d’amis, ils n’ont que des intérets et aujourd’hui c’est mettre la main sur toute l’énergie de la planète.
Lisez ou relisez l’ami américain.
pour ce qui est de l’arrivée d’hitler au pouvoir vous vous trompez, le britanique chamberlain y est pour beaucoup, lisez « L’aigle et le léopard » particulièrement bien documenté. Edifiant !