Personne n’avait pu ignorer les dangereuses extravagances, islamisto-gauchistes, de Jean-Luc Mélenchon depuis son échec humiliant lors de la présidentielle de 2017. Celui qui fut à l’origine un excellent orateur, parfois intéressant même si le fond avait ultérieurement de quoi inquiéter les démocrates (éloge de Robespierre), est allé faire une excursion au Burkina Faso, du 18 au 21 juillet. Car en France, ce grand colérique a fini par gâcher tout son crédit, même à gauche, puisque communistes, Verts, ultra-trotskistes auront leurs propres candidats en avril face aux évanescents socialistes.

Ne trouvant plus d’audience en France avec des intentions de vote désormais calamiteuses et des auditoires étiques, Mélenchon est allé jouer au « Líder Máximo » dans un des pays les plus pauvres et les plus méritants d’Afrique. Pour parler de quoi ? Sous le paisible thème affiché « Y a-t-il un avenir commun dans la Francophonie ? », le Líder Máximo s’est en réalité livré à un éloge appuyé de Thomas Sankara. Succès garanti dans une université nationale connue depuis des décennies pour ses grèves et ses revendications socialistes alors que les étudiants burkinabè, réputés pour leur sérieux, vont étudier dans les universités privées ou en France. Mélenchon s’approprie – sans citer son auteur – la célèbre phrase de Tocqueville : « Chaque génération est un peuple nouveau. » C’est bien mal connaître un pays où le respect des anciens et les solidarités familiales sont encore intenses. Puis commence un curieux grand écart devant un auditoire antifrançais dans un pays pro-français qui voit Mélenchon regretter le sentiment antifrançais qui, selon lui, se développe en Afrique, notamment en rapport avec notre présence militaire. Il tente d’expliquer qu’il y a une autre France – suivez son regard – qui n’est ni colonialiste ni impérialiste ni paternaliste. Mélenchon chérit les abstractions simplistes des mots en « isme » et son auditoire d’étudiants gauchistes est ravi : il leur parle leur langue de post-ados coupés de la vie réelle mais avides de pousser dehors la génération en place pour lui prendre cette place.

Pourtant Mélenchon défend néanmoins l’idée de coopération avec la France : « Ce serait une erreur totale de se tourner le dos… » et il est au contraire « nécessaire de s’unir pour faire face aux défis de l’humanité… surtout aux défis sécuritaires (sic) ». Pourtant, en France, le même (blog, 10 septembre 2020) affirmait : « La sécurité ! Une fois de plus, face à la menace d’une secousse sociale de grande amplitude, le système ressert son vieil attrape-mouche : “la sécuritéééé”… tous ceux qui ont intérêt à ce que l’on “parle d’autre chose” se retrouvent dans un même bêlement, une même échelle de perroquet, une même escalade de surenchères (sic). »Mais un point commun dans les deux cas : en France, il faut désarmer la ou, à tout le moins, la« refonder » (c’est facile de créer des mots creux) ; et au Sahel,« il n’existe aucune solution militaire à un problème politique »Sur ce point précis, Mélenchon n’a qu’à demi tort : au Mali, en 2013, une fois les armes françaises victorieuses, la solution à portée de main de Hollande était politique : le nord (Azawad, plus étendu que la France) demandait que ses droits démocratiques, politiques et culturels soient enfin reconnus. Prudent, dans son déni, Mélenchon ne nomme ni le ni sa nature islamiste.

Puis (à peine démagogue), Mélenchon explique que la pensée (marxiste) du capitaine Sankara – notamment l’auto-organisation populaire inspire La France insoumise. Mais il oublie au passage que Sankara avait pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État, avait armé des milices d’adolescents et tenu des discours très anti-français… D’ailleurs, il ne sera que de lire les commentaires des étudiants et sankaristes (2 ou 3 % aux élections) parus dans la presse pour comprendre que vouloir parler de la France avec des nuances sophistiquées à un auditoire sans maturité ni expérience mais obstinément antifrançais ne pouvait qu’échouer. À moins que Mélenchon n’ait simplement voulu avoir la photo d’un amphi « noir de monde » (!) pour illustrer ses clips de campagne ? Et ainsi draguer, en 2022, les électeurs d’origine africaine ?

25 juillet 2021

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